Spectacles et musiques du monde

A la une

RENE LACAILLE

le Dimanche 26 juin 2022 à 17h à Le Hall de la chanson à Parc de la Villette,

Shadi Fathi & Bijan Chemirani

le 6 Juillet 2022 à la cité de la Musique à Marseille

PolyKromies de Sarcelles 2022

Du 22 au 24 juillet 2022 , Place de France, quartier des Flanades, Sarcelles, Val d’Oise / (entrée gratuite)

Thomas Leleu

Ven 8 juillet au Cabaret Sauvage à Paris

FESTIVAL DJANGO REINHARDT 2022

du 23 au 26 Juin 2022 à Fontainebleau

Pongo

le 24 Juin 2022 au Festival Solidays à l’Hippodrome de Longchamp à Paris

TAKFARINAS

Le 25 juin 2022 à 21h au Théâtre de la Sucrière à Marseille

Nuits flamenca 2022

Du 30 Juin au 02 Juillet 2022 à Aubagne

NAZARET REYES

le 30 juin 2022 à 21h00 au Théâtre Comoedia à Aubagne

DIEGO AMADOR

30 juin 2022 à 21h00 au Théâtre Comoedia à Aubagne

ASSIA GUEMRA

GALA de DANSE avec les élèves de l’ÉCOLE ASSIA GUEMRA Le Jeudi 30 Juin 2022 à 20 h 30 au Théâtre du Centre Paris’Anim

ANTONIO NAJARRO

le 01 juillet 2022 à Aubagne, dans le cadre des Nuits flamenca

AmZik

les 2 & 3 juillet 2022 au Cabaret Sauvage à Paris

INA FORSMAN

2 Juillet 2022 aux Arènes de Cabannes

JUAN CARMONA

02 juillet 2022 à 18h : RENCONTRE/CONFÉRENCE au Cinéma Le Pagnol à Aubagne

Le Cabaret Sauvage fête ses 25 ans

Le Cabaret Sauvage fête ses 25 ans , Du 02 Juillet au 06 Aout 2022

MERCEDES DE CORDOBA

02 juillet 2022 à Aubagne, dans le cadre des Nuits flamenca - ENTRÉE LIBRE

Mouloud ZEDEK

les 2 & 3 juillet 2022 au Cabaret Sauvage à Paris

LUIS DE LA CARRASCA

Dimanche 3 juillet 2022 au Théâtre de Verdure à Gémenos , dans le cadre des Nuits flamenca

GNAWA DIFFUSION

le Mar 5 juillet 2022 au Cabaret Sauvage à Paris

Ballaké Sissoko & Vincent Ségal

Le jeudi 7 juillet 2022 à 21h à Ivry / GRATUIT

ALPHA BLONDY

SAMEDI 9 JUILLET 2022 au BATACLAN à Paris

Ensemble National Virsky au Casino de Paris

du 06 au 09 juillet 2022 au Casino de Paris

Yuri Buenaventura

Sam 9 juillet 2022 au Cabaret Sauvage à Paris

Grupo Compay Segundo

Ven 15 juillet 2022 au Cabaret Sauvage à Paris

GORAN BREGOVIC

SAMEDI 16 JUILLET 2022 au Cabaret Sauvage

TAKFARINAS

concerts

2022

25 juin 2022 à 21h au Théâtre de la Sucrière à Marseille



voir notre Reportage le Dimanche 15 septembre 2019 au domaine d’O, dans le cadre du festival Arabesques

© Salah Mansouri


Shooting photo avec Takfarinas -

© Salah Mansouri

voir notre reportage à Orly dans le cadre du FESTI’VAL DE MARNE

voir notre Reportage au Cabaret Sauvage


BIOGRAPHIE

« Je suis né en Algérie,je vis en France,mon identité est la musique,
mon pays est la terre »Takfarinas

Takfarinas

Drôle de cas, Tak, né à Tixeraïne, un lieu-dit perché sur les hauteurs d’Alger où les Kabyles sont installés depuis toujours, est l’enfant d’une famille de musiciens. Son arrière grand-père Mhand Izemrakène était connu en Kabylie au siècle dernier. Il a baigné dans la tradition du chant et de la poésie au sein de sa famille, s’est nourri au Chaâbi, la musique hégémonique de la capitale, avant de rêver inventer un idiome moderne inspiré par la musique de ses ancêtres qui puisse se jouer des frontières.
Précoce, il se confectionne une guitare dès l’âge de six ans, il apprend et interprète tous les grands succès du Maghreb et du Moyen-Orient. Pour ses seize ans, c’est son père qui lui offre une guitare, et via ce rite initiatique, l’encourage à suivre sa passion artistique. S’accompagnant avec elle, il remporte le premier prix d’un concours de chant à la radio. Il fut l’interprète des El Hasnaoui, Slimane Azem, Ahmed Saber, Mhemmed El Anka et autres. En 1976, il enregistre sa première bande chez « Mahboubahti et l’Oasis » à Alger. Il réenregistre les morceaux à Paris trois ans après pour son premier album « Yebba Reman ».

Dans la foulée il fonde avec Boudjemâa Semaouni, le groupe « Agraw », qui fera la première partie d’Idir à l’Olympia en 80. Une aventure marquée par deux albums. Puis il repart en carrière solo. Où on le voit incarner, ballet de Sidi-Bel-Abbès à la clé, « la nouvelle chanson kabyle », avec des « shows » qui bouleversent les canons habituels de la scène locale.

La situation politique algérienne change radicalement la donne du spectacle vivant, Takfarinas comme d’autres artistes, se voit contraint de s’expatrier. Ce qui le conduit avec un oeil neuf à organiser les ingrédients qui vont faire son originalité. En l’occurrence un jeu instrumental du mandol à la bombarde, qui fait la griffe de ses arrangements ; un rythme de prédilection (ce 6/8 originel qui évoque la démarche du chameau) ; une inspiration fidèle à la poétique berbère ; une voix puissante, chaude, qui n’est pas sans rappeler dans ses inflexions les manières des grands Salim Hellali, ou Zerrouki Halaoua.
Takfarinas va ainsi concocter une manière d’espéranto musical dérivé du chant ancien kabyle, qu’il baptisera « Yal music » tant la fameuse syllabe rythmique vocalisée « yal.. lalala yal.. lalala » est consubstantielle au chant kabyle, depuis celui des enfants jusqu’à celui des fameux anciens les Tahar Ikhoufach ou Bachir Oumalah.

Avec son installation en France, Takfarinas bénéficie d’un environnement professionnel plus étoffé. On s’en rend compte lors de ses prestations sur les scènes de la Cigale et de l’Olympia, ainsi que sur celle des principaux festivals de musiques en France et en Europe et à travers deux albums : « Romane » (1994) et « Salamet » (1996) (ce dernier dédié aux artistes disparus ou assassinés).
Fort de ce parcours, avec son nouvel album Takfarinas s’assume pleinement et défend une ligne esthétique plus ramassée, autour de ce qui fait sa spécificité. A ce titre « Yal » est son album le plus abouti.
Nouveauté : son mandol électroacoustique d’antan ( Takfa) est devenu un mandol électrique demi-caisse, toujours à deux manches, (par soucis d’avoir deux couleurs, l’une féminine, l’autre masculine). Il l’appelle « Yal ». Un modèle unique conçu à Marseille, qui lui permet d’atteindre aussi le « gros son », ce son saturé dont il a besoin dans ses compositions.

Par leurs thèmes, ses chansons ont les qualités métaphoriques de la langue kabyle. Brode-t-il sur le thème de l’amour fou dans « Iness » (Dis lui) ? Il raconte que l’amoureux dans sa souffrance va consulter le courage, mais que celui-ci lui répond qu’il est lui-même brûlé d’amour. Où l’on voit l’homme « pleurer avec sa chance », consolé par la lune qui « porte les silhouettes de l’amour » par une nuit calme, propice à l’arrivée « de beaux textes, de beaux souvenirs, de belles images ». Evoque-t-il les qualités fondamentales de l’homme dans « Way Way » (Dur, dur d’être un homme), il souligne l’importance du respect que l’on doit avoir pour son prochain et l’humilité qui va de pair, fusse-t-on riche et puissant. Et de filer une fois encore la métaphore : « je me suis mis à la place des abeilles qui disent à l’apiculteur : il ne faut pas croire que l’on t’appartient. Il ne faut pas nous ôter de ta conscience. Il ne faut jamais dire : vous êtes à moi. Car, si nous voulons partir, nous partons. ». Parle-t-il du statut de l’artiste dans « Iwala » (On a vu) ? Il se fait futuriste. « Nous les artistes voyons ce qui vient. Les poètes ont annoncé ce qui se passe aujourd’hui. Dans cette chanson, je parle de l’amazighté et de toutes les cultures étouffées, de l’homme libre. Je crois que notre culture, transmise dans le lait de nos mères, a sa place sur cette planète, elle retrouvera le développement qui est le sien. Je vois cette lumière. »

Un répertoire empreint de beaucoup d’humour et de sagesse dont les thèmes (la tradition du village, la crise économique, les méandres de la destinée, l’amour, etc...) filent la philosophie d’un artiste qui assume son pluriculturalisme et ses doutes avec beaucoup de franchise.

Les couleurs orchestrales de ce nouvel opus sont au diapason de ce jeu de cache-cache entre la mémoire et la contemporaneïté, l’ici et l’ailleurs. Takfarinas empruntant au « feeling » dans l’écheveau des sons de la planète, de l’harmonica texan à une rythmique gitane, du violon turc à une chorale gospel... sa voix exprimant sa maturité et couvrant une palette extrêmement vaste.

Aboutissement d’un artiste qui aimerait qu’on perçoive son pays autrement qu’à travers des clichés. Cet album ayant pour lui l’ambition de rappeler que la musique est le seul langage qui puisse affirmer « nous sommes un dans l’univers ».
Frank Tenaille

site de takfarinas : takfarinas.net


Discographie

1986 : Way telha

1989 : Irgazen

1993 : Romane

1995 : Salamet

1999 : Yal Music

2000 : Quartier Tixraine

2004 : Honneur aux dames

2011 : Lwaldine



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