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Dans les coulisses de " Nouba II – Tango arabe " le nouveau spectacle de la Compagnie Tellurgie, dirigée par Assia Guemra

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Reportage le Dimanche 14 Janvier 2018 au Théâtre Bernadette Lafont , dans le cadre du Festival de Flamenco de Nîmes

Zad Moultaka

concert

2018/2019


© Jean-Baptiste-Millot


Zad Moultaka

Compositeur et plasticien, pianiste de formation, Zad Moultaka, né au Liban en 1967, a longtemps été hanté par la contradiction de sa double identité culturelle, européenne et libanaise. Ayant mûri ce questionnement d’un point de vue musical, Zad Moultaka, aux talents multiples, poursuit depuis plusieurs années une recherche personnelle sur le langage plastique et musical.

Dans son travail de compositeur, il intègre les données fondamentales de l’écriture contemporaine occidentale – structures, tendances, familles et signes – aux caractères spécifiques de la musique arabe –monodie, hétérophonie, modalité, rythmes, vocalité...

Cette recherche touche de nombreux domaines d’expérimentation musicale : musique chorale, musique d’ensemble, musique de chambre, opéra, électroacoustique ou chorégraphie... mais également plastique.

Internationalement reconnu, Zad Moultaka représentera le Liban à la Biennale de Venise de 2017.


biographie

Zad Moultaka, compositeur, né au Liban en 1967, poursuit depuis plusieurs années une recherche personnelle sur le langage musical, intégrant les données fondamentales de l’écriture contemporaine occidentale aux caractères spécifiques de la musique arabe...

Né au Liban en 1967, Zad Moultaka commence très tôt ses études musicales. Formé par Madeleine Médawar, il achève le cursus de piano du Conservatoire National de Beyrouth en 1984 et s’installe à Paris la même année pour travailler avec Marie-Madeleine Petit et Pierre Sancan. Il entre au CNSMP deux ans plus tard dans les classes d’Aldo Ciccolini, Bruno Rigutto, Marie-Françoise Buquet et Christian Ivaldi.
Après deux premiers Prix à l’unanimité (piano et musique de chambre) et une année de perfectionnement, il entame une carrière de récitaliste. Il signe ses premières musiques pour le cinéma et le théâtre et se voit invité dans différentes salles prestigieuses européennes, notamment le Concertgebouw d’Amsterdam, la salle Gaveau, la salle Pleyel, le Théâtre de Bruxelles Dans le même temps, il enregistre Brahms, Schubert et Fauré (Ed. Stil, Paris).

En 1993, Zad Moultaka met pourtant volontairement un terme à ce parcours de soliste international pour se consacrer exclusivement à la composition. Après une longue période de recherche et de questionnement, hanté par les contradictions et l’impossible synthèse entre l’écriture savante occidentale et les éléments de transmission orale arabe, il compose Anashid , d’après le Cantique des cantiques pour soliste, chœur, orchestre de chambre et instruments traditionnels. Cette œuvre est une première expérience, une ébauche, associant de façon encore très explicite l’écriture polyphonique occidentale à la linéarité mélodique et aux échelles propres à la musique orientale. Zad Moultaka resserre encore les liens et ressent le besoin d’interroger frontalement la tradition. Naît alors Zàrani (Mouwashah El Haramlek), réflexion et relecture à partir de mouwashahs traditionnels (chant, oud et percussions), contrariés et prolongés par la présence d’un piano. Cette oeuvre connaît, dès sa création en juillet 2002 au Festival de Beiteddine, un grand retentissement. L’enregistrement paraît en octobre 2003 chez l’empreinte digitale. Il est salué par la critique pour ses qualités de finesse, de profondeur, cet équilibre subtil entre ce qui appartient à une mémoire collective ancienne, presque indéchiffrable et le jaillissement d’une modernité porteuse de ces sédiments.

Zad Moultaka se tourne alors sans équivoque vers le langage contemporain. En 2004 sont créées plusieurs pièces au Festival des 38e Rugissants de Grenoble par l’ensemble Ars Nova et le choeur de chambre Les Eléments. Si Fragment B118 (sur un texte d’Empédocle) s’inspire des chants syriaques anciens, si Enluminures emprunte aux traditions populaires certaines techniques vocales, Fanàriki , concerto pour cymbalum et ensemble instrumental, irrigué par la mémoire de la guerre, s’affranchit de toute référence orientale explicite. Pourtant cette oeuvre « d’une beauté stupéfiante » est sans doute la plus profondément arabe, plongeant ses racines dans un matériau sonore très riche et très personnel.

2005 et 2006 sont des années fécondes avec notamment la création au Festival de Baalbeck et à Saintes de Nepsis (sur un poème d’Etel Adnan, Commande d’Etat, juillet 2005), grande fresque pour choeur et ensemble instrumental, de Loubnân , un premier concerto pour piano (mars 2006), de La scala del cielo , pour choeur, piano et percussions, créée en octobre 2006 au théâtre des Bouffes du Nord à Paris (Festival Ile de France). Leur succèderont de nombreuses pièces vocales, instrumentales, de musique de chambre, oeuvres électroacoustiques, comptines pour enfants

Certaines continuant d’explorer des aspects de la riche culture arabe littéraire et musicale , d’autres balisant un chemin de plus en plus personnel.

2007, 2008 et 2009 sont des années très importantes pour la voix car le compositeur poursuit son travail d’écriture pour choeur avec Les Eléments de Joël Suhubiette (créations, concerts et un enreg istrement de ses oeuvres vocales), avec Musicatreize (le cycle Cadavre exquis, et L’Autre rive , pour l’ensemble vocal et quatre instruments de Mezwej, fruit de la résidence de création de trois ans avec la Fondation Royaumont, et la composition de Our, grande pièce de 40 minutes pour choeur et ensemble instrumental (commande de ZaterdagMatinee Concert Series, Amsterdam Concertgebouw pour le Netherlands Radio Choir, direction Simon Halsey).

L’année 2008 est couronnée par la parution de Visions chez l’empreinte digitale, disque monographique rassemblant une partie de ces oeuvres vocales interprétées par le choeur de chambre les éléments, Fadia Tomb el-Hage, avec la participation de l’ensemble ars nova, dirigés par Joël Suhubiette. En 2010, l’année commence avec l’opéra de chambre arabe Zajal (inspiré de la tradition des joutes poétiques toujours vivantes au Moyen Orient).

Viennent ensuite des pièces vocales, orchestrales, de musique de chambre, oeuvres électroacoustiques et en chantier pour 2011 et 2012 un concerto pour qanun commande de ZaterdagMatinee pour le Concertgebouw d’Amsterdam, un deuxième concerto pour piano et de nouvelles expériences, croisant instruments orientaux, instruments anciens, texture vocale et langage contemporain .

Certaines oeuvres continuant d’explorer des aspects de la riche culture arabe littéraire et musicale, d’autres balisant un chemin de plus en plus personnel.

Ces chassés-croisés entre cultures d’orient et d’occident ne sont qu’un trompe-loeil. Le parcours de Zad Moultaka est de fait au coeur d’une étonnante modernité, à l’heure où la musique contemporaine, déliée et grandie des épreuves qui ont jalonné son XXe siècle, s’est tournée vers l’infinie diversité musicale des traditions « extra occidentales », et que ses frontières, mouvantes, ont laissé s’infiltrer des créateurs d’un genre nouveau, souvent porteurs d’une double culture.

Catherine Peillon



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