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Slim

Dessin

ACTUS

FIDEP- FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA CARICATURE, DU DESSIN DE PRESSE ET DE LA SATIRE 2013

2eme édition du 19 au 22 Septembre à L’ESTAQUE PLAGE , petit village au bord de la mer méditerranée, situé à Marseille

Reportage Photos : © Salah Mansouri


BIOGRAPHIE

Slim : l’humour algérien, l’amour de l’Algérie

Oued Besbès, Un endroit qu’aucun Algérien ne connaissait auparavant mais qu’un inexorable destin allait sortir de son anonymat champêtre et porter sa fragrance anisée jusqu’aux portes de la capitale. Grâce à Bouzid Ou Slim ? Difficile de trancher !

D’autant que les deux n’ont aucune ressemblance physionomique.
Bouzid est élancé, un turban sur la tête, une moustache en guidon de vélo, et toujours en kamis et sandales

Slim est rondouillard (bon, c’est de son âge), porte quelquefois une casquette sur le ciboulot et une paire de lunette qui oblige son regard à faire du saut d’obstacles pour explorer les traits de son interlocuteur, avec cette impression de déjà le voir en caricature.

Mais ils partagent toutefois quelques petites manies.

Bouzid ne se départi (presque) jamais de son bâton de pèlerin, un gourdin bien solide qui lui sert à se frayer un chemin dans les dédales de la révolution pour y débusquer ses ennemis et, occasionnellement, leur administrer la raclée de leur vie

Slim, jamais sans son crayon, a bourlingué dans (presque) toutes les rédactions de la presse algérienne et de quelques autres pays, pour croquer, entre deux chops de lben 33, dans un humour toujours décapant, toutes les tares d’une Algérie, certes mise sous couette mais toujours en effervescence.

Slim le jure (et d’ailleurs ses papiers l’attestent).

Il s’appelle Menouar Merabtene et non pas Bouzid et ce dernier n’a aucun lien de parenté avec lui.

Slim est né à Sidi Ali Benyoub (Sidi Bel Abbes) en 1945 et Bouzid, à Oued Besbes, mais non inscrit à l’état civil.

L’enfance de Bouzid est un mystère.

La chronologie officielle le fait naître le 1er juin 1969, mais il a déjà ses moustaches et sa première apparition avérée est datée de 1968, selon les archives d’El Moudjahid qui faisait paraître en strip l’histoire de Moustache et des frères Belgacem, un pastiche de la Bataille d’Alger.

Cela atteste toutefois du passé révolutionnaire de Bouzid. Au demeurant, il existe bien une photo d’un bambino dans son landau qui se fait cette promesse : « Quand je serai grand, je serai ancien moudjahid ».

Il s’agit peut être de Bouzid bébé, mais n’est pas une certitude.

Point d’énigmes dans l’enfance de Slim, à part un curieux phénomène : le casier de son banc de classe débordaient des rêves qu’ils dessinaient sur ses cahiers : « Depuis tout petit je dessinais », avoue-t-il. « Surtout sur les marges de mes cahiers. Je dessinais tout le temps et de tout temps j’avais l’esprit ailleurs. A tel point que je n’ai jamais rien compris aux maths, mais je savais dessiner un train électrique que mes parents ne pouvaient pas me payer. Je n’ai jamais pensé qu’un jour j’allais en faire un métier », ajoute Menouar Merabtene qui reconnaît également être né sous la bonne étoile (celle du drapeau algérien évidemment) et grandi bien à l’abri dans une bulle : « Mon entourage familial savait bien que j’avais des prédispositions à aimer raconter des choses à mon entourage, donc il n’a jamais fait obstacle à mon choix. ». (pensée à tous les gamins qui ont reçu de mémorables tannées pour avoir lu un mickey », et d’avoir confondu Malik et Zina avec Bouzid et Zina !)

Bouzid sait y faire avec les contre-révolutionnaires, Slim savait y faire également avec tous les thuriféraires de la révolution.
Slim, après avoir aiguisé ses dents à M’quidech, première bande dessinée algérienne, commet donc sa première vrai histoire avec Moustache. Un peu osé pour l’époque. La révolution en mickeys, où l’on perçoit déjà l’humour qui fera son succès plus tard, ce n’était pas politiquement très correct dans le contexte. Et pourtant, la pilule sera avalée : « C’était l’astuce. Raconter une période de la bataille d’Alger avec un regard biaisé, désacraliser les moudjahidine. La BD avait été acceptée telle que par tout le monde, c’était déjà un test. On pouvait aller encore plus loin. »

Slim ne s’est pas privé de le faire.
En compagnie de son inséparable Gatt m’digouti et de Zina, Bouzid va arpenter les travées de la révolution socialiste, et surtout ses travers, et établit (durablement) son squat à Algérie Actualité, à la notoriété duquel il va contribuer grandement.
L’hebdomadaire, qui livrait des analyses assez austères, a eu l’ingénieuse idée de confier leur illustration à Slim qui fera, deux décennies durant, le bonheur de ses lecteurs. Tous les bouzidistes se rappellent de cette « fièvre du jeudi » qui s’emparait d’eux chaque début de week end et les poussait à se précipiter vers le plus proche kiosque pour acheter ce journal. Pour la jeunesse de l’époque, en effet, l’humour de Slim était une éclaircie hebdomadaire dans la grisaille du quotidien. Un humour subversif qui réussissait le tour de passe-passe de leur faire oublier que c’était un journal gouvernemental, tant étaient directes les critiques du système, tournant en dérision ses multiples dysfonctionnements.
On pouvait imaginer que cela devait donner des sueurs froides au rédacteur en chef.
« Et pourtant, rares étaient les fois où le rédacteur me demandait de rectifier une bulle ou une situation. Je crois que c’est le fait que c’était une BD que les choses étaient admises », explique Slim, en rappelant également que « Bouzid et son ami Amzian buvaient du "Leben 33" et personne ne trouvait rien à redire. Bouzid donnait des petits "bisous" à sa dulcinée, kif-kif, tout le monde trouvait ça normal. Zina, dans ma saga, fuyait un prétendant imposé par sa famille pour s’acoquiner avec un bouseux du nom de Bouzid et vivre avec lui sans se marier. Il fallait le faire à cette époque ! Seule la magie de la BD pouvait imposait des scènes pareilles. Même le cinéma algérien n’a pas été aussi loin que moi dans les rapports homme/femme. »

Voilà que Slim commence à ressembler à Bouzid !
La révolution socialiste s’écroule avec le mur de Berlin et Bouzid, qui se trouvait pour un stage en RDA se doit de revenir précipitamment en Algérie, sans même avoir pu emporter ses meubles. Algérie Actualité ne survit pas au changement et Slim prend son parti et met sa scie au service d’El Manchar, un hebdo satirique qui aura son heure de gloire durant l’intermède démocratique que vivra le pays.
« Raconter El-Manchar demande au minimum un ouvrage entier - Il y a tellement de choses à dire dessus - Le collectif qui l’a conçu, les anecdotes, la période faste où il y avait une vrai liberté d’expression - mais c’est dejà loin tout ça, la récréation a duré 3 ans. Des collègues ont essayé de faire l’équivalent mais l’époque que nous vivons ne s’y prête pas - "Allah ghaleb" comme on dit dans la distribution des Oscars », soupire Slim
Leurs aventures continuent. Comme un chant d’amour et d’humour à une Algérie qui refuse de sombrer dans l’ennui où voulaient la précipiter les adeptes de la pensée unique, qui se débat pour échapper à l’entreprise de clonage lancée par des apprentis-eugénistes qui voulaient fabriquer l’algérien nouveau à leur image, qui refuse les envies retro-suicidaires des Dr Folamour en barbe et kamis, rêvant également de la formater à leur manière et la téléporter un triple saut périlleux dans le passé.

L’exil forcé durant la décennie rouge n’a pas brisé le cercle des Bouzidistes. Bien au contraire, il l’a étendu. En France, d’abord, puis au Maroc. Slim est même invité aux USA pour donner des conférences. « Quand j’ai commencé à travailler pour le grand journal L’Humanité à Paris, je connaissais déjà les mécanismes des media dans le Parti Unique, donc je savais comment réagir devant une situation donnée. Je me sentais comme un poisson rouge dans dans un bocal d’eau rouge. Au Maroc j’ai créé une Zina locale que j’ai appelé "Milooda" qui a fait le bonheur des lectrices de "Femmes du Maroc". Les Marocains ont beaucoup d’humour et ont vite accroché - Wa’kha sidi ! Je suis d’ailleurs en train de réfléchir à la remettre au goût de chez nous. »
Bien au goût de chez nous, en effet. Slim reconnaît que ses histoires sont très ancrées dans le contexte algérien : « Je dis toujours aux étrangers que mes BD sont faites pour les miens. Ceux qui veulent les lire devront s’équiper de décodeurs pour comprendre les mots et leur saveur. »
Difficile de traduire les bulles de Slim, faites d’un mélange d’arabe, de berbère et de français et de quelques mots d’autres langues ? Est-ce la raison pour laquelle son œuvre n’a pas été traduite en arabe, même en algérie ?
« Seules quelques BD publicitaires ont été traduites en arabe, confirme Slim, et je me souviens de celles qui vantaient certains gâteaux de la Sempac dans des strips qui étaient présentés de haut vers le bas pour éviter les problèmes de lecture de droite à gauche pour des images qui avaient été dessinées pour être lues de gauche à droite ! Je peux me considérer comme un des premiers créatifs en matière de publicité dans les années 70/80. Je me suis beaucoup amusé avec les mots et les graphismes. Beaucoup de logo-types pour des entreprises nationales sont encore là pour me rappeler cette belle époque. J’avais deux amours : la BD et le design industriel (grâce à Sid Ahmed Ghozali qui m’avait envoyé côtoyer le grand dessinateur Siné qui s’occupait de design industriel pour Sonatrach en 1972) ».

Slim s’est également essayé au dessin animé, mais l’expérience a tourné court. Il s’explique : « Des dessins animés j’en ai fait plusieurs - mais je me suis rendu compte que ce n’était pas le pays où il fallait en faire - il fallait aller vite via des média porteurs comme la presse - je ne regrette pas - les jeunes maintenant avec l’avènement de la conception de films animés assistée par ordinateurs ne savent pas à quoi ils ont échappé - maintenant on peut faire des films pro avec un simple PC, ce qui n’était pas le cas à mon époque, où il fallait tout faire au crayon, où pour faire 5 minutes d’animation on mettait 6 mois ». Mais s’emballe tout de suite pour un Bouzid et Zina sur grand écran. « Bouzid et Zina sur écran, en voilà une idée qu’elle est bonne ! J’attends le jour où un producteur audacieux se lancera dans l’aventure - il ne regrettera pas - déjà, des jeunes ont réalisé lors du dernier FIBDA (festival de la BD en octobre 2009) un film animé (avec de la pâte à modeler) en se basant sur une planche de moi extraite de "Il était une fois Rien" [Le charmeur de serpent à qui on avait promis un logement] - Une réussite totale - à suivre... »

Déjà 2010. Mais pour Bouzid, comme pour Slim, le combat continu.
« Ce métier est difficile. Surtout quand il s’agit de faire un dessin quotidien. Il y a une grosse différence entre la BD et le dessin de presse - Dans la BD il y a un récit et des personnages en action - dans le dessin de presse, c’est autre chose : c’est la spontanéité, un concentré d’idée et une situation donnée, le tout en un éclair. Souvent j’ai rêvé d’avoir pas loin de chez moi un magasin qui vendrait des idées toutes faites- "Oua alikoum salam, qu’est-ce que vous voulez-vous ?" - "Je veux 3 idées s’il vous plait" - "Voilà ! Ce sera tout ?" "Oui, merci !". Hélas, ça n’existe pas. »

Alors, Slim, le dessinateur de presse, s’est mis légèrement en retrait pour laisser place à Slim le dessinateur de bandes dessinées, qui vient d’éditer un nouvel album, « L’Algérie comme si vous y étiez », préfacé par l’écrivain à succès Yasmina Khadra.

On peut savourer dans son coin, en solitaire, un album de Slim. Mais on se marre bien mieux entre amis, en famille. La passion pour les personnages de Slim est un héritage qui se transmet aujourd’hui de père en fils. Il n’était donc pas étonnant, lors des séances dédicaces que Slim animait, de voir les gens venir en famille acquérir le tout dernier et prendre une photo souvenir avec l’auteur de leurs sourires.
Oui, l’aventure continue.

Je compte publier un bel album en couleur, probablement à la rentrée prochaine : "Avant c’était mieux" une compilation de planches en couleur sur plusieurs thèmes - ça sera très bien je le sens - je pense aussi à un livre sur l’histoire de l’Algérie racontée par Bouzid et qui se démarquerait des schémas classiques - Le premier tome démarrerait vers l’an 240 (avant JVC). »

Peut être rencontrera-t-il Zembrek, le martien naïf, autour d’un bol de loubia ?


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