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Sia Tolno

Concert

concert 2015


biographie officielle

Après Eh Sanga paru en 2009, My Life, est le second album de la chanteuse guinéenne Sia Tolno pour le label Lusafrica. Autant préciser que la « vie » dont s’inspire ce disque n’a rien d’un fleuve tranquille étant donné qu’elle passe par une enfance à Freetown en Sierra Leone dans un environnement familial violent, un exil forcé consécutif à une guerre civile et un apprentissage à la rude dans les cabarets de Conakry.

Le vécu de Sia Tolno est assez exceptionnel pour que ce disque le soit aussi.

Comme exceptionnels sont ses talents vocaux qui ne sont pas sans évoquer ceux de Miriam Makeba, Nina Simone ou Tina Turner. Les 12 chansons proposées sur ce recueil ont été enregistrées à Conakry dans le studio de Mory Kanté avec le groupe de musiciens qui accompagne Sia sur scène. Les arrangements ont été réalisés par François Bréant, connu pour avoir déjà produit deux grands noms de la musique africaine, Thione Seck et Salif Keita.

My Life c’est le concentré de l’existence bousculée de cette femme qui se rêvait avocate et dont certaines chansons recèlent la fougue et la flamboyance de plaidoiries, en faveur de la condition féminine en Afrique, pour la protection de l’enfance, contre tous les abus de pouvoir, domestiques ou à plus grande échelle.

Mais on y découvre également des chansons d’amour interprétées par une artiste à la sincérité radicale, dont le cœur est, selon ses mots, « sans réserve ». Situé à un carrefour culturel où se rejoignent les langues africaines kissi, mendi, soussou, mais aussi l’anglais et le créole, où convergent musique mandingue, chants de la forêt, funk ou rumba, My Life est une tranche de vie qui célèbre la vie. Et c’est la plus belle des revanches que pouvait s’offrir cette femme qui a su convertir de douloureuses expériences en moments de joie intense et en pures émotions.

Sia est née le 21 Février 1975 à Guéckédou, ville guinéenne proche de la frontière de la Sierra Léone et du Libéria. C’est à Freetown, capitale de la Sierra Léone où son père enseigne le français, qu’elle passe l’essentiel d’une enfance qui n’a rien d’idéale. Entre la sévérité extrême d’un père qui la bat et le harcèlement de deux belles mères qui en font leur souffre-douleur, Sia s’isole et tente de donner un sens à ce qu’elle endure à travers l’écriture. « Je ne me souviens pas d’une journée qui se soit déroulée sans conflit, sans souffrance, sans tristesse. Je me suis mise à écrire des histoires parce que c’était le seul moyen dont je disposais pour me libérer un peu de ce poids. » Très bonne élève, elle se fait remarquer comme actrice dans le cours de théâtre de son école. A 19 ans, elle réussit son baccalauréat alors qu’elle s’est réfugiée chez un oncle où elle vit dans un appartement que partage une trentaine de personnes. « Manger, dormir, s’habiller, tout posait problème. » C’est alors que Steady Bongo, chanteur à la recherche d’une choriste, prend contact avec elle. Ses premiers pas dans le monde de la musique s’effectuent tandis qu’elle suit des études d’informatique. Mais ils sont aussitôt remis en cause en raison de l’extension d’un conflit qui opposent des chefs de guerre locaux pour le contrôle de la zone diamantifère du pays. Les hostilités qui vont durer de 1991 à 2002 vont faire entre 100 et 200 000 morts, dont des centaines d’enfants soldats enrôlés de force. Elles vont entraîner le déplacement d’environ 2 millions de personnes. Sia va devoir fuir Freetown et la Sierra Léone en 1995. Elle s’exile dans sa ville natale de Guéckédou, de l’autre côté de la frontière, avant que celle-ci ne devienne à son tour le théâtre de violents combats et ne soit en partie détruite par bombes. Cette immense tragédie lui inspire de nombreuses chansons et l’incite à organiser des concerts pour venir en aide aux déplacés avec le soutien de la P.N.U.D. et de l’Ambassade de France.

C’est à Conakry qu’elle se réfugie au début des années 2000. Elle y retrouve des musiciens sierra-léonais avant d’être engagée aux Copains d’abord, célèbre cabaret de la capitale guinéenne. S’ouvre une phase plus heureuse de sa vie où elle fait la conquête d’un public grâce à sa voix puissante, expressive et chaleureuse et un répertoire qu’elle adapte à sa personnalité, mêlant reprises de standards de Tina Turner, de Whitney Houston certains la surnomment d’ailleurs Whitney- mais aussi d’Edith Piaf. Elle trouve sa place dans ce monde de la nuit où son talent, son professionnalisme, ses qualités humaines font l’unanimité. « Je suis devenue l’amie des prostituées et des gens « respectables ».

« Tout le monde m’appréciait. J’ai pris confiance en moi tout en réalisant à quel point je n’étais vraiment heureuse qu’en chantant. » S’offre alors l’opportunité d’enregistrer une cassette qui va rencontrer un certain succès. Une réussite d’autant plus remarquable qu’y apparaissent ses premières compositions originales, chantées en kissi, langue de l’ethnie minoritaire à laquelle elle appartient. Bien que la Guinée soit une terre de musique, le métier de chanteuse y demeure pour beaucoup aléatoire, surtout si vous n’appartenez pas à la caste des griots. Décidée à ne pas rester enfermée dans le circuit des cabarets, Sia se lance dans le commerce d’huile de Palme entre la Guinée et la Gambie. Une parenthèse dans sa carrière puisque deux ans plus tard elle se rend à Libreville au Gabon représenter la Guinée à la finale d’Africa Star, équivalent africain du concours de l’Eurovision, où elle se classe 3ème. C’est à cette occasion que le chanteur Pierre Akendengué lui présente José da Silva du label Lusafrica qui après quelques maquettes lui fait enregistrer en 2009 Eh Sanga (Souffrance), un premier album réalisé par le guitariste de légende Kanté Manfila, ancien directeur musical des Ambassadeurs et mentor de Salif Keita. On la voit alors se produire en première partie de Cesaria Evora au Grand Rex (novembre 2009), puis sur la scène de la Bellevilloise, à Paris.

My Life témoigne de cette vie vagabonde, tumultueuse, rebelle, faite de méandres et de lignes forces. Il porte la richesse affective d’une femme qui s’est battue pour exister et a dû accepter la souffrance pour créer. Il reflète sa phénoménale capacité d’adaptation aux circonstances et aux différents milieux, dès lors que rien ne vient entraver sa liberté. Appliqué à son art, ce don l’autorise à cheminer sans contrainte sur la grande avenue de la musique africaine où se rejoignent rythmes de fêtes villageoises, cadences chaloupées de l’océan, subtilités harmoniques mandingues et architectures vocales de la forêt. Balafon, orgue Hammond, sax, flûte peule, guitare électrique, accordéon, kalimba forgent une polychromie éclatante, souvent exubérante, toujours maîtrisée, où Sia imposent ses humeurs entières et contagieuses. Parce qu’elle dit « ne pas avoir le droit d’être triste », elle y exprime une joie qui dans Blamah Blamah ou Aya Ye se charge de voracité, devient presque féroce. N’ayant jamais renoncé à aimer, ni à l’être, elle s’abandonne à la douceur et à la mélancolie dans Tonia ou Di Ya Leh. Souvenirs et conscience du présent s’y télescopent, cris d’amour et de colère font cause commune. Dans Odju Watcha, c’est la citoyenne d’un continent où les droits sont bafoués, la démocratie détournée, qui s’exprime et s’interroge : « Quand le sang va t-il cesser de couler ? » Soutenue par un chœur féminin, elle élève la voix comme si son destin personnel ne pouvait avoir de sens que solidaire de celui de toutes les autres femmes d’Afrique et d’ailleurs. Comme elle, beaucoup ont connu cette violence domestique évoquée dans Toumah Toumah. Beaucoup se retrouveront dans la pugnacité de Polli Polli où Sia touche à l’universel avec ces mots essentiels : « la femme est le pilier de la nation, éduquez-en une c’est rendre le monde plus sage. » Comme ses grandes sœurs, Miriam Makeba, Angélique Kidjo et Oumou Sangaré, Sia Tolno fait de son combat intime, l’affaire de tous et de sa joie à résister à la fatalité, la mise d’un généreux partage. Tout le monde sortira plus fort et plus vivant de l’écoute de My Life.


reportage photos © Salah Mansouri



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