THEATRE DE LA VILLE LE 8 OCTOBRESuleyman Erguner ney
Murat Necipolu chant
Alper Uzkur tanbur
Turquie
Mysticisme et art de vivre, le soufisme ne saurait se détacher de la poésie et de la musique, véhicules magiques capables de mener croyants et non-croyants vers l’Amour absolu. Pour effectuer ce transport délicat et audacieux vers ce doux apaisement sacré ou profane, quoi de plus approprié que la pureté du ney ? Sous le doigté velouté de Suleyman Erguner, cette simple flûte de roseau aux sonorités feutrées se fait d’autant plus tendre et docile que le maître a de qui tenir. Naître en Turquie, dans le pays où le célèbre poète mystique Rumi s’est exilé pour créer à Konya la confrérie des derviches tourneurs, les Mevlevi, et être issu d’une famille de musiciens n’est pas anodin. Suleyman Erguner suit très jeune les traces de son père et professeur, Elvi Erguner, qui donnait en 1966 son premier concert à Paris avec le Mevlevi ensemble. Aujourd’hui docteur en musicologie, compositeur et tout jeune retraité de la radio télévision turque, il s’intéresse tout autant à la pratique qu’à l’enseignement. Il aime dispenser son savoir et son expérience dans l’école qu’il vient de créer à Istanbul. Deux de ses jeunes élèves seront à ses côtés pour son nouveau passage au Théâtre des Abbesses : Murat Necipolu, magnifique chanteur de 29 ans, et Alper Uzkur, 26 ans, son ancien élève à l’université d’Istanbul, talentueux joueur de tanbur, ce luth utilisé depuis des siècles dans la musique traditionnelle turque. Tous trois se sont produits souvent ensemble. Au Théâtre des Abbesses, ils alterneront pesrev semai pièce purement instrumentale, qasida et gazal poèmes lyriques chantés, taksim pure improvisation, et quelques-unes des compositions de Suleyman Erguner. Un concert au plus profond de l’intime.
Jacqueline Magnier
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