C’est avec poésie et un certain humour que Rachid Khimoune invente des fossiles à notre société qui ne sait plus se tourner vers son histoire.

La Galerie Meyer Le Bihan
présente
sculptures - dessins
Du mardi 16 octobre au samedi 3 novembre 2007
Vernissage le mardi 16 octobre à partir de 17 heures
D’origine Berbère, Rachid Khimoune est né à Decazeville dans l’Aveyron, Il a grandi à Aubervilliers dans la banlieue parisienne.
Diplômé de l’Ecole supérieure des Beaux Arts de Paris en 1974, il pratique d’abord le dessin et la peinture avant de se tourner vers la sculpture.
Artiste urbain, "poète de la rue ", il raconte des histoires et puise dans son double héritage lorsqu’il habille ses créations de signes empruntés à la calligraphie arabe.
Rachid Khimoune, qui expose depuis 1975, est représenté dans une dizaine de musées et collections publiques.
Il est Lauréat de la Fondation de France (1980), Chevalier des Arts et Lettres (2002) et Chevalier de la légion d’Honneur (2007).
C’est avec poésie et un certain humour que Rachid Khimoune invente des fossiles à notre société qui ne sait plus se tourner vers son histoire. Il réhabilite le souvenir, la trace, les racines, pour restituer les fondements d’une civilisation vacillante, tant elle grandit et prolifère sur un amoncellement de choses oubliées, d’ objets désincarnés.
Rachid Khimoune capte la mémoire des objets les plus humbles et les tire de l’anonymat. Redonner sens aux morceaux de vie éparts, transformer l’insignifiant en y décelant la trace d’un souvenir enfoui, telle est la raison profonde des détournements de Rachid.
Fidèle à ses racines, il va par exemple s’inspirer des masques africains et les détourner pour créer ses « Mascarades », mélange de toutes sortes de résidus de la civilisation industrielle.
Ces figures nous regardent avec des yeux-boulons, des bouches-écrous, des nombrils interrogateurs, moqueurs ou morfondus.

Ainsi assemblés, de simples résidus habitués à être piétinés se métamorphosent en personnages imprévus , éclatants d’ humour oude révolte , d’ espièglerie ou de désespoir.
Tous les matériaux du quotidien se voient combinés par le regard & les mains de cet alchimiste urbain.
Ainsi,l’enthousiasme rayonnant de son imagination fait naître un étrange bestiaire,comme ces tortues casquées, agglutinées et fuyant la menace latente d’un cataclysme absurde, miroir de tous les conflits atroces survenus ces dernières années.
À ce bestiaire s’ agrègent batraciens-rasta, tatous trapus énigmatiques et insectes musiciens. Ainsi ces pièces dérisoires, malicieusement fusionnées, parodient le vivant. Elles dépassent le quotidien pa r l’ introduction d’une douce ironie qui révèle la profonde vulnérabilité de l’expérience humaine.
Les trangressions de Rachid Khimoune mettent en garde sur les dangers et les déviances d’une ère de consommation, d’abondance et de gaspillage. Autant d’alertes à une société où les enseignements du passé, l’attachement aux racines, et les liens entre cultures, sont les clefs de la fraternité, l’entente et le dialogue planétaire.
De cette philosophie sont nés les Enfants du Monde, série de vingt et une sculptures monumentales faites d’empreintes de rues & de matériaux de récupération méconnaissables après une transformation onirique.
Les répliques miniaturisées de ces Enfants et les gravures tirées de dessins préparatoires seront présentées à la galerie.
C’est à ce voyage initiatique, à cette quête de la mémoire ensevelie, que nous vous invitons lors de cette grande exposition, qui inaugure la nouvelle saison à la galerie Meyer Le Bihan.
Bienvenus dans cet univers étrange, poétique et humoristique.

Galerie Meyer Le Bihan
1 0 8 rue Vieille du Temple - 75003 Paris
Tél/Fax : 01 42 71 81 16/17
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