Festival des musiques du monde du 7 au 10 juillet 2011 à Dieulefit (Drôme provençale)Oasis Bizz’Art du 07 au 10 juillet 2011 en Drôme provençale.
JEUDI 07 JUILLET
LAS HERMANAS CARONNI & DENIS PÉAN (Argentine/France)
Las hermanas Caronni sont des sœurs jumelles nées sous le signe du tango, ascendants milonga, chacarera et musique classique. Laura et Gianna viennent d’Argentine, d’une famille ou les cultures suisse, italienne, russe et espagnole cohabitent, où chanteurs d’opéra et de tango se côtoient. Suivant une formation classique, elles font de la musique de chambre, d’orchestre, et de la musique traditionnelle. Arrivées en France en 1998, elles intègrent des groupes de tango (La Tipica de Juan Cedron, Juan Carlos Cáceres), jouent pour des compagnies de danse et de théâtre (Cie Tangible, Théâtre Talipot de l’île de la Réunion), accompagnent des conteurs. En 2004, elles fondent le duo « Las hermanas Caronni » et se consacrent à
l’écriture de leurs propres chansons et thèmes instrumentaux. On y retrouve bien sûr l’influence des musiques d’Argentine, une nostalgie aux sons chauds et caressants du violoncelle et de la clarinette, et deux voix en parfaite harmonie.
Gianna Caronni : clarinette, chant
Laura Caronni : violoncelle, chant
Denis Péan, c’est avant tout un timbre de voix unique et envoûtant, des textes d’une intensité poétique hypnotique et saisissante. Fondateur du groupe Lo’Jo, il s’inspire des multiples cultures qu’il croise sur la route depuis plus de vingt ans pour façonner des sons et des mots qui traversent le temps et les styles avec toute la sagesse qu’il faut pour ne pas perdre ses repères.
VENDREDI 08 JUILLET
ONEIRA (Iran/Grèce/France)
MARYAM CHEMIRANI chant
BIJAN CHEMIRANI percussions
KEVIN SEDDIKI guitare
HARRIS LAMBRAKIS ney
PIERRE LAURENT BERTOLINO vielle à roue
♦ SAM KARPIENIA (France/Provence)
Une voix éraillée et unique d’une incomparable puissance évocatrice, portée à son paroxysme comme le chant poignant des déracinés
De Kanjar’oc à Dupain en passant par Gacha Empega, Sam Karpienia a transfiguré la musique marseillaise lui insufflant une intensité poétique. Son chant inoubliable renvoie à l’ivresse du rebetiko comme à la fièvre flamenco ou bien sur à l’insolence joyeuse de cette nouvelle chanson provençale dont il est un pilier.
L’Occitan affirmé se souvient de l’Occident et l’énergie de sa musique se rapproche de celle du rock, mais d’un rock affranchi des rythmes binaires et dans lequel les riffs du luth du chaabi algérois se substituent à ceux des guitares saturées.
A travers les thèmes du voyage, de l’aimée bienveillante, des paroles échangées ou du soleil rédempteur, Sam Karpienia décrit des expériences initiatiques éternelles où l’on reconnaît les instants magiques de nos propres existences.
♦ GRAND BAL D’ITALIE DU SUD
LALALA NAPOLI, création de FRANCOIS CASTIELLO & NO MAD ?
Ce projet est né de la rencontre du groupe No Mad ? et de François Castiello, accordéoniste du groupe Bratsch. Après plusieurs années d’amitié, l’idée s’est imposée d’elle-même, les racines napolitaines de François et les ailes du groupe No Mad ? La chanson napolitaine qui chante la vie et l’amour est mise ici au service de la joie de vivre, du partage sans retenue. « Amor, Sole e Liberta », une seule réponse possible aux mensonges et injustices de notre époque.
LA MESCLA, tarentelle napolitaine et rythmes festifs du sud de l’Italie
Le Mescla est un collectif né à Naples sous l’initiative de Davide Della Monica, formé de musiciens du sud de l’Italie et d’autres pays de la Méditerranée.
Maria Mazotta, chanteuse talentueuse de la région des Pouilles, emmène tambourins, voix et violons vers la chaleur et la frénésie des danses et des chants d’Italie du sud que sont la pizzica, la tammuriata et la tarentelle. Ces danses, sortilèges aux rythmes forts et prenants, sont encore très populaires pendant les fêtes sociales et religieuses. La Mescla puise dans cette tradition millénaire et s’arme de cette énergie pour nous en offrir une réinterprétation endiablée !
SAMEDI 09 JUILLET
YOM & WANG LI (France/Chine)
Quand le roi de la clarinette klezmer rencontre le prince de la guimbarde chinoise...
Un coup de foudre artistique entre Yom et Wang Li qui n’étaient pourtant pas prédestinés à composer ensemble. Malgré leurs univers artistiques si différents, leur lien d’amitié leur a permis d’ouvrir un espace sonore nouveau, unique et intense, vibrant et visionnaire. Ces deux jeunes artistes maîtres de leur art nous offrent un moment musical exceptionnel où se mêlent virtuosité et sensibilité, poésie instrumentale et sonorités enivrantes.
♦ ZIVELI ORKESTAR (Serbie/France)
Prononcez [JIVELI]
(interj. Serbe / littéralement : « à la vie », terme employé pour trinquer, porter un toast).
Formé depuis juin 2006 et inspiré par la rencontre des fanfares de Serbie, Ziveli s’élance à travers l’hexagone et l’Europe. S’inspirant du répertoire traditionnel des Balkans, ces huit musiciens sont une des rares formations à en garder l’authenticité, tout en livrant une musique libre et personnelle.
Des airs tziganes aux standards de la chanson française, Ziveli compose, arrange, réinvente, improvise et surtout s’amuse !
En 2008, Zivéli croise la route de la chanteuse Suzana Djordjevic. De cette rencontre naît un nouveau spectacle « La Peau de l’Ours », aboutissement d’un parcours de 3 ans à mi-chemin entre scène et rue.
La voix de Suzana nous porte et nous transporte dans la chaleureuse culture slave : du Danube à la Mer Egée, du sud des rives de l’Adriatique à la mer Noire. Entre improvisation et lyrisme, tradition et modernité, ce spectacle est une véritable invitation au voyage. Les musiciens nous convient sur la place du petit village de Serbie où l’on écoute les dernières compositions du trompettiste, où l’on apprend à danser le Colo (danse de groupe populaire) et à vibrer au son de la voix sublime de Suzana pour peut-être même arriver à dompter l’ours sauvage...
♦ INTERACTIVO (Cuba)
C’est le collectif à ce jour le plus représentatif de la nouvelle scène cubaine. L’ensemble, composé de 12 musiciens, réunit des rappers, songwriters, soneros, timberos et jazzistas qui mélangent leurs influences dans un langage commun.
Interactivo nous surprend en explorant toujours plus la myriade de possibilités de rythmes et d’improvisations de la fusion afro cubaine.
Les talents exceptionnels de chacun des membres sont la marque de fabrique de ce projet dirigé par Roberto Carcasses. Connu aussi sous le nom de Robertico, ce brillant pianiste est diplômé de l’Ecole Nationale des Arts de la Havane. Il a collaboré auparavant avec des artistes de renom comme Chucho Valdés, David Murray, Changuito, Omara Portuondo, Silvio Rodríguez, sont père Bobby Carcasses, Lenine, Ojos de Brujo ...
Des individualités comme William Vivanco, qui incarne le nouveau souffle de la Nueva trova et du Folk Carribéen, ou Telmary Diaz qui est l’une des chanteuses Hip Hop les plus respectées à Cuba, apportent au projet un aspect incroyablement versatile. Les musiciens construisent des passerelles musicales grâce aux différents univers dont ils sont issus.
L’impeccable interprétation dotée d’un feeling cubain naturel est renforcée par une sélection pertinente des titres, chaque morceau étant écrit par les musiciens eux même, dans un vocabulaire commun provenant de leurs émotions et expériences vécues. Les paroles parlent de l’énergie de la vie de tous les jours dans laquelle chacun se trouve, elles sont façonnées par leurs environnements.
Projeté en orbite par une solide section rythmique et appuyé par des cuivres scintillants, le groupe développe un groove envoûtant dans la tradition des grands ensembles de musique latine, une puissante et irrésistible machine à danser !
DIMANCHE 10 JUILLET
BOUBACAR TRAORE (Mali)
Boubacar Traoré dit Kar Kar est une contradiction harmonieuse, un musicien dont l’art et la biographie surprennent moins par l’équilibre que par les extrêmes.
Dans les années soixante, une idole pour toute la côte ouest-africaine, oublié dans les années soixante-dix, redécouvert dans les années quatre-vingt et dans les années quatre-vingt-dix accomplissant de longues tournées à travers l’Europe et les Etats-Unis.
Voilà les données en gros de sa carrière. Il a été comparé avec de nombreuses stars de la musique pop. La comparaison avec Elvis Presley a été également mise à contribution ainsi qu’avec Robert Johnson, Johnny Hallyday ou Chuck Berry.
On qualifie sa musique de blues ?
Toutes ces comparaisons montrent bien qu’il est impossible de définir les chansons de Kar Kar. Nous les Européens ou les Américains, nous avons besoin de telles comparaisons pour comprendre un artiste qui est, au fond lui-même, un monde musical en soi.
Lorsque dans les états industriels occidentaux, nous entendons le terme de « blues », un pêle-mêle de centaines de sons nous rappelant tant de choses revient en notre mémoire ? mais la musique de Kar Kar n’est pas de cet ordre. Il n’est pas non plus funky comme le Godfather of Soul James Brown avec lequel on le compare aussi à l’occasion. En tout et pour tout, ceci n’est qu’une expression du statut dont il jouit chez lui au Mali auprès de ses collègues musiciens et de ses compatriotes.
Si l’on considère le « blues » non comme forme musicale mais comme expression de sentiments, on réussit à se rapprocher quelque peu de sa musique. Kar Kar fait ce qu’il a toujours voulu faire : de la musique. Pour lui, cette musique sont des mélodies, des chansons que son instrument accompagne en chantant la seconde voix.
« La guitare m’a attiré comme par magie », c’est ainsi qu’il essaie d’expliquer ses rapports avec son instrument. Il n’entend pas sa guitare interpréter les accords de blues des chanteurs aux mêmes affinités musicales que lui dans les Etats du Sud, non, sa guitare pétille comme une kora.
Par aileurs, le blues du Mali n’a pas ces structures que nous connaissons de la version américaine. Le blues nous sert de terme général, tel un essai d’explication parce que le Kassonké, il a grandi dans cette tradition musicale, ne pourrait être une description compréhensible pour nous.
On entend ses origines dans sa musique, lui qui est issu de l’ouest du Mali : Kayes, sa patrie et sa nostalgie en parts égales. Son amour pour cette patrie et ses habitants est grand même s’il critique de temps en temps avec dureté les administrateurs de ce pays et ses compatriotes.
Quarante années dures et remplies de tribulations sont tissées dans les histoires calmes de ses chansons et pourtant ce sont la chaleur et l’amour qui dominent.
Kar Kar est un conteur d’histoires et puisqu’il refuse à donner des explications, à interpréter ces histoires, il ne nous rend pas la tâche facile, nous qui voulons comprendre le sens et le fond de ces histoires, nous qui sommes si assoiffés d’images. Il parle des traditions africaines dont le symbolisme et l’exotisme ne livrent souvent pas leurs secrets aux blancs.
Il chante l’amour avec toutes ses nuances humaines et tragiques, l’amour pour sa première femme décédée, pour ses enfants sans que la douleur qui pèse sur le destin tragique de cet amour, n’alourdisse ou ne fasse souffrir ses chansons sous le poids de l’affliction. Boubacar Traoré n’est pas un musicien dont les chansons peuvent être expliquées, dont on doit analyser les images et les états d’âme.
On doit se livrer corps et âme à elles.Et alors on fera peut-être l’expérience d’une Afrique au-delà des clichés et des préjugés.
♦ AZIZ SAHMAOUI & UNIVERSITY OF GNAWA (Maroc/Sénégal/France)
L’épopée visionnaire du Jazz Gnawa
« Nous sommes devenus serviteurs des institutions, des mauvais programmes de la télévision, des calculs financiers en collusions ». Ces paroles d’Aziz Sahmaoui ont été écrites bien avant les évènements qui ont enflammé l’Afrique du nord, et pourtant elles reflètent bien la colère des jeunes maghrébins.
Dans le Maghreb, Aziz Sahmaoui est une véritable source d’inspiration pour beaucoup de musiciens de la nouvelle génération. Au coeur de l’Orchestre National de Barbès ou aux côtés de Joe Zawinul, il n’a cessé de valoriser la musique traditionnelle maghrébine tout en étant à l’écoute des courants les plus modernes. Aziz a grandi à Marrakech où se tient le festival Ksar El Badii qui représente depuis plusieurs décennies le creuset culturel et sonore des différentes tribus du Maroc. Dès l’âge de 7 ans, son père l’y conduit et c’est là qu’il s’imprègne des musiques traditionnelles et des groupes émergents de la nouvelle scène marocaine : Nass el Ghiwane, la musique amaziria, le chaabi et plus particulièrement la musique des guérisseurs Gnaouas.
A la fin des années 80, Aziz décide de s’installer en France où il fait des rencontres parmi les plus décisives de sa carrière. Il devient l’un des fondateurs, leaders et compositeurs d’un des groupes phare des années 90 à Paris : l’Orchestre National de Barbès (ONB) avec lequel il fait découvrir aux publics et aux professionnels un nouveau style musical mêlant les rythmes maghrébins dans toute leur diversité au jazz et à la fusion. Il collabore avec les meilleurs artistes de jazz du moment, parmi lesquels le guitariste Nguyên Lê avec le groupe Maghreb and Friends, Michael Gibbs et le WDR (big band de la Radio de Cologne) ou le groupe de fusion Sixun. Enfin, en 2005, Joe Zawinul invite Aziz pour l’enregistrement de son double album live « Vienna night » au Birdland de Vienne en Autriche. Il a dès lors et jusqu’à la disparition du maître en septembre 2007, été membre permanent du groupe Zawinul Syndicate. En forme d’hommage, celui-ci continue aujourd’hui à se produire, composé de Paco Sery (batterie), Alioune Wade (basse électrique), Alegre Coréa (guitare), Jorges Bezera (percussions) et, bien sûr, Aziz Sahmaoui (chant, guembri et percussions).
En 2011, Aziz Sahmaoui enregistre son premier album solo enregistré au Studio Davout réalisé par le producteur Martin Meissonnier (Fela, Khaled, Page/Plant, Bertignac...) avec son nouveau groupe "University of Gnawa". Pour son album au nom éponyme, Aziz a écrit un répertoire personnel, en arabe, empreint de maturité : les textes des chansons évoquent la vie, les choix, les promesses ; les compositions sont faites de tradition gnaoua, de chaabi, d’Afrique et de jazz. Les Gnaoua ou Gnawa sont des musiciens thérapeutes, des guérisseurs issus d’un mélange arabo-berbère et surtout africain. Leurs rituels d’extase ont été comparés à ceux du vaudou haïtien, au Stambali tunisien, à la Macumba brésilienne, au Zar soudanais... Ils se déroulent pendant la "Lila" ("nuit sacrée" en arabe). Beaucoup des textes gnaouas évoquent les esprits. Dans chaque titre, Aziz joue du n’goni (la petite guitare malienne) là où les gnawa traditionnels ne joueraient que du guembri (basse traditionnelle recouverte d’une peau de chèvre). Il n’hésite pas à mélanger d’autres traditions comme le « Hit » du sud marocain, qui est une friction vocale entre les chanteurs pour mieux arriver à la transe.
Aziz SAHMAOUI chant, percussions, guembri, ngoni, mandole, guitare * Hervé SAMB guitare, voix * Alioune WADE basse électrique, voix * Guillaume PIHET percussions, voix * Cheikh DIALLO clavier, kora, voix
Association Bizz’art Nomade
La ferme des Dames
26160 Salettes
Tél. : 04 75 90 45 71
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