en concert au siège de l’UNESCO le 26 mai 2008, Salle I, 19h00communiqué
Cette initiative vise à réunir des pays arabes et sud-américains à travers leurs jeunes musiciens talentueux, qui ne jouissent pas encore d’une reconnaissance internationale et ne font pas partie du circuit commercial.
Outre l’objectif d’établir un dialogue sud-sud, l’idée force de ce projet est d’apporter une contribution musicale à la « rencontre des cultures et des civilisations ».
Au programme :
« Quatuor des deux mondes » :
Miguel Angel Estrella – piano ;
Raoul Mercado – flûtes des Andes, charango ;
Omar Espinosa – guitare ;
Javier Estrella – percussions
Georges Daccache (Liban) – piano
María Laura Díaz Stoffel (Argentine) – piano
Jasser Haj Youssef (Tunisie) – violon et viole d’amour
Youssef Hbeisch (Palestine) – percussions
Oeuvres de J. S. Bach, Alberto Ginastera, Carlos Guastavino, Atahualpa Yupanqui, Jorge Romero, Georges Farah, Georges Daccache, Jasser Haj Youssef, entre autres
concert Organisé par la Délégation permanente de l’Argentine auprès de l’UNESCO, en coopération avec la Division des politiques culturelles et du dialogue interculturel, du Secteur de la Culture de l’UNESCO.
Invitations (Entrée gratuite sur inscription) :
Tél. 01 45 68 34 38
dl.argentina@unesco.org
jl.fernandez@unesco.org
Maison de l’UNESCO, 125 avenue de Suffren, 75007 Paris
Métro : Ségur (ligne 10), Cambronne (ligne 6) – Bus : 28, 80
BIOGRAPHIE

Miguel Angel Estrella est né dans la province de Tucuman, au nord de l’Argentine.
Dans le village de son enfance, Vinará, la culture précolombienne a laissé des traces encore perceptibles aujourd’hui : le sens chrétien de la vie et le goût du merveilleux qui imprègnent profondément les traditions ancestrales latino-américaines.
Il a la révélation du piano à l’âge de douze ans, à travers Chopin. « Ce n’est qu’avec de fortes racines que tu pourras voler très haut... » lui dit sa mère. Il devra cependant attendre l’âge de dix-huit ans pour étudier au conservatoire de Buenos Aires avec Orestes Castronuovo, Erwin Leuchter et Celia de Bronstein.
En 1965, il se rend pour la première fois à Paris et à Londres. Vlado Perlemuter, Yvonne Loriod, Marguerite Long et, surtout, Nadia Boulanger, y seront ses maîtres tandis qu’il enseigne à son tour et fait partie de jurys de concours, en Argentine comme à l’étranger. Il donne des concerts en Bolivie, au Brésil, au Chili, au Mexique, au Panama, au Paraguay, en Uruguay et au Venezuela, ainsi qu’en Europe, aux U.S.A. et au Canada.
« Miguel Angel Estrella est un musicien né » dira de lui Nadia Boulanger. « Son interprétation se caractérise par une très grande économie, une puissance contenue, un goût infaillible, une authenticité absolue et un refus de l’emphase. Miguel Angel est un admirable pianiste, mais c’est aussi et d’abord un poète. »
Ses convictions humanistes l’incitent à élargir son auditoire en se produisant auprès des publics défavorisés : travailleurs, paysans, indiens, qui réagissent avec pureté et naturel à l’écoute de cette musique dite "classique". Ces expériences amènent Miguel Angel Estrella à participer aux activités culturelles du syndicat des ouvriers de la canne à sucre du nord de l’Argentine. C’est ainsi qu’il accepte de devenir délégué de la Fédération Indienne de sa province, à l’étranger.
Son répertoire est loin d’être conformiste : dans le même concert, Rameau, Messiaen, Bach ou Beethoven se mêlent à des pièces du folklore latino-américain. Il témoigne en toute occasion du profond respect que lui inspirent Aguirre, Guastavino, Piazzola ou Yupanqui. « Estrella est un virtuose intelligent et profond » écrit J. Ledesma, dans La Prensa, de Panama. « Quand il commence à jouer, une atmosphère presque magique s’empare de la salle. Estrella nous fait pénétrer dans les profondeurs saisissantes de Beethoven, et nous conduit à l’essence même de ce qui unit le genre humain : le recueillement spirituel ».
Dans le même sens, Jacques Lonchampt, du Monde, ajoute « Sans concessions au brio chevaleresque, son interprétation à l’accent ferme, calme et viril, d’un combat grave, avec des instants de douceur d’une noblesse extrême, tandis que le largo s’immerge dans une prière candide, abandonnée, poignante comme une bénédiction dans la solitude, peut-être une image de cette espérance contre toute espérance, qui ne l’a jamais abandonné. »
Artiste non conventionnel − c’est un éclectique fier de ses racines − il s’élève contre l’utilisation commerciale de la musique et l’esprit de compétition qui oppose les musiciens entre eux. Cette attitude irrite certains milieux proches de la dictature militaire alors au pouvoir en Argentine. Pour avoir offert la musique aux plus humbles et aux plus démunis, Miguel Angel Estrella se voit refuser de travailler dans son propre pays. Avec sa famille, il cherche provisoirement refuge en Uruguay. Le Mexique et le Canada lui proposent du travail. En 1977, à la veille de son départ d’Uruguay, il "disparaît".
Une vaste campagne de solidarité se développe alors sous l’impulsion d’Yves Haguenauer, de Nadia Boulanger, de Yehudi Menuhin et d’Henri Dutilleux, réunissant des centaines de musiciens et d’amis du pianiste. Grâce à l’effort des Nations Unies, de l’UNESCO, du Vatican, de l’Association Internationale des Juristes, de l’Aidà et de plusieurs organisations des Droits de l’Homme qui se sont mobilisés pour lui sauver la vie, la dictature se voit obligée de légaliser sa situation. Il est alors transféré à une maison d’arrêt officiel.
Cependant, il ne récupère sa liberté qu’en 1980. La France l’accueille avec sa famille. Marqué par cette expérience, Miguel Angel Estrella fonde le 10 décembre 1982 Musique Espérance dont la vocation est de mettre la musique au service de la communauté humaine et de la dignité de chaque personne ; de défendre les droits artistiques des musiciens − en particulier des jeunes − et de travailler à construire la paix en rendant à la musique son rôle de pont pour la communication et la solidarité entre les hommes et les peuples.
Depuis 1992, Musique Espérance est une O.N.G. reconnue par l’UNESCO. Miguel Angel Estrella continue à partager sa vie entre le public des salles de concerts et celui des lieux habituellement éloignés des actions artistiques. Il donne une centaine de représentations chaque année au Moyen-Orient, en Afrique, dans les pays de l’Est et au travers de ses deux “patries”, l’Amérique Latine et l’Europe. Il est chaleureusement accueilli partout : au Théâtre Colon de Buenos Aires comme à la salle Pleyel de Paris ; dans les maisons de retraite, les prisons, les écoles, les usines et les campagnes.
Le Gouvernement français rend hommage à ses qualités d’artiste et d’humaniste en le faisant Chevalier de la Légion d’Honneur. En décembre 2000 − pour avoir dédié son piano aux plus démunis − le Haut Commissariat aux Réfugiés lui a décerné la Médaille Nansen, Prix international de la Paix des Nations Unies, au titre des Trois Amériques. Avec le concours de Jean Lacouture, Miguel Angel Estrella a écrit un livre : Musique pour l’Espérance, paru en français aux Editions CANA et en espagnol aux Ediciones de la Flor. Une nouvelle version enrichie est parue en 1998 aux Editions du Seuil.
De nombreux articles et entretiens lui ont été dédiés, notamment son Portrait près d’un piano, par Graciela Carminatti de l’Université Libre de Mexico, aux Editions Ouvrières, et Musiques pour tous, par le courrier de l’UNESCO. Miguel Angel Estrella a participé à de nombreux colloques internationaux à propos des Droits de l’Homme ou des Droits des Enfants, notamment en Corée, au Conseil de l’Europe, à Porto-Nuovo, à Gdansk, à Athènes, Bruxelles, Strasbourg, Montréal, Ottawa, Mexique, Buenos Aires, Montevideo, avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et avec le Parlement Mondial pour la Sécurité et la Paix.
« Deux siècles après sa mort, Mozart ressuscite sous le jeu vertigineux d’Estrella. » écrit à son tour Jean-Marc Raffaelli du Nice Matin. « Sa virtuosité ne confine jamais à l’emphase. Sous la vague légère de ses doigts, les notes éclatent comme des ballons de (...) retomber en pluie sur nos cordes sensibles. Elles nous rendent nostalgiques jusqu’à former des tannes intérieures. Derrière, l’orchestre est attentif. Le deuxième mouvement du Concerto est infini de douceur. Les mains de Miguel Angel Estrella suspendues au-dessus du clavier, ses silences suspendus, intenses, c’est encore du Mozart... L’émoi est à son comble. Lorsque la dernière note meurt l’ovation explose. » Ses enregistrements d’œuvres de Bach, Brahms et Beethoven ont été choisis par la Tribune des Critiques du Disque comme versions de référence. Miguel Angel Estrella poursuit sa carrière internationale en donnant une centaine de récitals par an dont la moitié au bénéfice des déshérités.
sources:www.musique-esperance.org
Photo de E. Baud
BIOGRAPHIE

Jasser Haj Youssef est un compositeur, violoniste et violiste d’amour, spécialiste en musiques Orientales (traditionnelle et savante) et se produit dans les contextes les plus variés : musiques baroque, contemporaine et jazz.
Jasser est né le 18 juin 1980 en Tunisie d’un père ethnomusicologue et d’une mère styliste-modéliste.
Il étudie au CNR de Monastir, au Lycée Pilote des Arts (Tunis), à l’Institut Supérieur de Musique de Sousse, au Conservatoire de Paris XII et au CNR d’Aubervilliers. Il participe à des stages au CFMI de Lyon, à l’Université de Iasi (Roumanie) et à des masters class avec Kudsi Erguner (Turquie), Ivo Papazov (Bulgarie), Michel Portal (France), Billy Hart (U.S.A.), Pierre Blanchard (France) et Elena Parvu (Roumanie)...
Jasser est titulaire d’un Premier Prix d’Interprétation Musicale Arabe, un Diplôme en Violon Classique, une Maîtrise en Musicologie, un Diplôme d’Etudes Approfondies en « Arts de la Scène et du Spectacle » et prépare une Thèse de Doctorat à l’Université de Paris 8 autour du Métissage entre la musique arabe et le jazz.
De 16 à 18 ans, Jasser anime une émission sur la Musique Arabe, en direct à Radio Monastir.
En 2001, Jasser Haj Youssef est soliste en Tunisie avec Salah El Mehdi, Safia Chamia, Choubeila Rached, Fawzi Chekili et Soulef... Il joue au sein de La Cameratta (musique de chambre) et à l’Orchestre Symphonique de Tunis... Il est invité à la Télévision Nationale Tunisienne (TV7) entant que compositeur et soliste...
En 2003, il compose pour le Festival International du Film d’Amour de Mons (Belgique), en collaboration avec Christian Leroy.
Installé à Paris en 2004, Jasser Haj Youssef rejoint rapidement l’Orchestre de Soeur Marie Keyrouz (plusieurs albums et tournées), Barbara Hendricks (tournée en 2005), Youssou N’Dour (B.O. Kirikou 2), Toufic Farroukh et Absolute Orchestra, l’Ensemble Araméa (musiques baroque et ottomane), Dorsaf Hamdani (Hommage à Oum Kalthoum), Ousman Danedjo (EnElMedio), Rachid Ben Abdeslam (Zephyr Al-Andalous), Nejma (Musiques du Pakistan), Miguel Angel Estrella, l’Orchestre pour la Paix, Linley Marthe, Keyko Nimsay, Franck Nicolas, Elie Achkar, Mohamed Bestandji, Cheikha Rimitti, Carlo Rizzo…
Sa rencontre avec le compositeur et tromboniste Geoffroy De Masure donne naissance au projet "Last Night In Tunisia" (initié par "Par Les Chemins" Productions) qui est un travail de Métissage entre Jazz et Musiques Arabes.
Jasser collabore également avec la metteur en scène Simona Morini dans La Sposa Persiana de Carlo Goldoni où il est compositeur et interprète.
Jasser donne régulièrement des master classes et des conférences autour de la musique arabe et des rencontres interculturelles. Il est aussi membre de Jury au concours du CNFPT (Centre National de la Fonction Publique Territoriale) en France.
Jasser Haj Youssef se produit au Violon et à la Viole d’Amour à l’UNESCO de Paris, à l’Institut du Monde Arabe, au Festival de la Médina (Tunisie), au Palais des Beaux Arts (Bruxelles), à l’Opéra de Lille, à l’Atrium (Martinique), à l’Eglise de la Madeleine (Paris), à Pétra (Jordanie) en présence du Dalaï Lama et 42 lauréats du Prix Nobel pour la Paix, en Arabie Saoudite...
sources : myspace.com/Jasser Haj Youssef
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