ACTUS
Une sélection " coup de cœur musiquesdumonde"

Sortie du CD : "MABROUK" / Bee Jazz - Abeille Musique
Majid Bekkas, oud, guitare, guembri, chant & compositions
Ablaye Cissoko, kora & chant
Khalid Kouhen, percussion
CONCERTS 2011
avr. 3 Bekkas Trio - Porgy & Bess Vienne, AUSTRIA
mai 12 Majid Bekkas/Klaus Doldinguer ESSEN, GERMANY
mai 19 Mawazine Festival Rabat, MAR
mai 22 Festival Orient-Occident Woippy, FRANCE
juin 3 Jazz Sous Les Pommiers Coutances, FR
juin 15 Jazz au Chellah,Rabat RABAT, MA
juin 16 Jazz au Chellah,Rabat RABAT, MA
juin 17 Jazz au Chellah,Rabat RABAT, MA
juin 18 Jazz au Chellah,Rabat RABAT, MA
juin 19 Jazz au Chellah,Rabat RABAT, MA
juil. 2 Charlie Jazz Festival Vitrolles, PACA , FR
le festival les escales 2009 en 15 mn chrono (ou presque) !
photos réalisées par LILIAN GOLDSTEIN ( sacem) pendant les répétitions de la création de "TALA" à AGADIR
TALA une création de TITI ROBIN (France) & MAJID BEKKAS (Maroc)
CARTE BLANCHE SACEM / AUX ESCALES DE SAINT NAZAIRE

- Patrice Bulting, Majid Bekkas, Claude Lemesle et Titi Robin

- retrouvaille avec Titi robin Patrick Labesse du journal le monde et Majid Bekkas

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reportage : Salah Mansouri
BIOGRAPHIE
Digne représentant de la culture Gnaoua issue du métissage des cultures arabo-berbère et noires africaines, Majid Bekkas est initié très tôt par le grand maître Ba Houmane.
A michemin entre tradition et modernité, Majid allie musique gnaoua et blues afro américain.
Il est également professeur de musique au conservatoire de Rabat et Directeur Artistique du Festival de Jazz des Oudayas de Rabat depuis 1996.
L’arrivée de Majid Bekkas chez Bee Jazz n’étonnera guère ceux qui l’ont découvert en trio avec Joachim Kühn et Ramon Lopez, ou à travers son précédent disque “Makenba” en compagnie de Louis Sclavis et Minino Garay. Car Majid n’est pas seulement un maître de la tradition gnawa et de son instrument emblématique, le guembri, il est aussi et surtout un « magicien des rencontres ». Parallèlement à son parcours de musicien traditionnel, Majid s’est en effet illustré en tant que guitariste et chanteur dans des groupes de blues ou de soul dès les années 80, et cette double activité l’a naturellement conduit à marier son héritage africain à divers genres occidentaux : « J’ai toujours pensé qu’en y intégrant d’autres
instruments ou en l’agrémentant avec d’autres couleurs et influences, la musique gnawa pourrait sortir de ses frontières… cela a toujours été mon rêve. » Cette ambition première, Majid l’a d’abord concrétisée
localement avec des musiciens marocains jusqu’en 1997, date à laquelle il réalise un premier projet « hors des frontières » avec Peter Brötzmann et Hamid Drake lors du festival de jazz de Mulhouse. Depuis, les collaborations se sont multipliées avec notamment Archie Shepp, Pedro Soler, Flavio Boltro et Klaus Doldinger ou plus récemment aux côtés des Amants de Juliette (Adam / Delbecq / Foch), avec à chaque fois cette faculté d’instaurer un savant équilibre entre liberté et respect de la tradition. Dans cet élan d’ouverture, il est également devenu en 1996 le directeur artistique du festival Jazz au Chellah à Rabat, où il est depuis chargé d’initier et encadrer les rencontres entre les artistes marocains et européens.
C’est avec ce même état d’esprit que Majid est entré en studio avec un nouveau répertoire alternant compositions personnelles et morceaux traditionnels. Comme à son habitude, il y chante et joue tour à tour du guembri, de l’oud et de la guitare, n’hésitant pas à transposer les techniques d’un instrument à l’autre : on pourra notamment l’entendre heurter les cordes de sa guitare ou de son luth à la manière percussive d’un guembri. Quant à ses influences, on reconnaîtra sans peine quelques arpèges typiquement maliens inspirés d’Ali Farka Touré et Boubacar Traoré, mais aussi la fameuse attaque au pouce rendue célèbre par Wes Montgomery. Bien que son style révèle une richesse peu commune, le programme de “Mabrouk” se distingue surtout par les dialogues entretenus avec la kora d’Ablaye Cissoko. Grâce à un accordage spécifique, l’instrument dévoile en effet dans ce contexte une nouvelle palette expressive sous les doigts du griot. Il y adopte même certaines gammes arabes pour la première fois, ainsi que des phrases syncopées en 8/4 tout à fait inhabituelles pour la kora (Masmoudi ). Son implication au projet s’est avérée tellement profonde, qu’en guise de remerciement, Majid a repris à son intention un texte mandingue de Touré Kounda sur un arrangement de sa plume (Salya ). Pour chaque titre, les deux complices bénéficient en outre du soutien rythmique de Khalid Kouhen avec qui Majid a déjà enregistré “African Gnaoua Blues” en 2001 . Parfaitement à l’aise sur les rythmes hypnotiques gnawas en 6/8 (Bala Moussa ), le percussionniste recourt également aux tablas qu’il a étudiés avec Prabhu Edouard et Pandit Shankar Ghosh (Mabrouk ). On pourrait alors s’étendre sur leur maîtrise instrumentale ou leur habileté à réunir tous ces courants, mais comme le rappelle si justement Ablaye Cissoko : « Qu’importe la technique, seule compte la note du cœur. »
Jonathan Glusman






























