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MALOUMA & OUM au festival Arabesques à Montpellier en 2014 © Salah Mansouri






NOUR, le second album de Malouma, la blueswoman Mauritanienne, confirme sa dimension internationale tant par sa voix, ses compositions, et ses nouveaux arrangements que par son engagement pour les droits de la femme.

Un album produit par Christian Mousset, directeur artistique du jeune Label MARABI ( qui fête cette année ses cinq ans avec la compile « Marabi Africa » ) et directeur du festival des musiques métisses.

Dans cet album, Malouma emprunte plusieurs voies musicales, à la rencontre de l’occident électrique, rock, pop et reggae comme "Casablanca" ou « Habib » pressentis comme futurs "tubes".

Album déroutant à la première écoute, ou l’on s’attend à du "trad", puis le plaisir de la découverte, du mélange des genres, de la voix qui donne le rythme aux artistes invités sur cet album ( Pierre Fruchard, Loy Ehrlich, Bojan Z, Smadj le tout admirablement travaillé par Philippe Tessier, qui avait déjà mixé le premier album de Malouma "Dunya" .

Nour un pont musical orient occident, mais c’est aussi un hommage à la femme africaine, à la ma mémoire du poète Habib Ould Mahfouz, à la douleur de l’exil, et à la tolérance religieuse, contre les intégrismes.

Avec cette nouvelle couleur musicale Malouma est prête pour affronter les grandes "sonos" internationales. S.M


BIOGRAPHIE

Malouma Mint Moktar Ould Meidah est née dans les années 60 à Mederdra (Trarza) dans une famille de griots. Malouma devait avoir une vie toute tracée.

Fille de Moktar Ould Meidah, une sommité de l’art musical traditionnel, mais aussi poète émérite, elle est aussi la petite fille de Mohamed Yahya Ould Boubane, autre virtuose du verbe et de la tidinit (petite guitare traditionnelle utilisée par les griots).

Elle grandit à Charatt (une localité près de Mederdra) où ses parents lui enseignent les bases du jeu sur la harpe traditionnelle (ardîne). Elle commence très jeune à chanter, mais, elle ne se produit sur scène qu’à l’âge de douze ans.

A cet âge la tradition veut que les filles des grandes familles soient déjà préparées à la vie "responsable" (mariage, prise en charge de soi...).

C’est dans le répertoire traditionnel, enrichi par ses parents, principalement son père, qu’elle puise. A quinze ans Malouma est déjà une griotte accomplie. Elle n’accompagne plus seulement ses parents, mais anime des concerts entiers.

C’est à cet âge qu’elle se prend à écouter, avec son père, les chansons de Oum Kalthoum, Abdel Halim Hafez, Fairouz, Nasri Cherns Dine, Sabah... Et, en même temps qu’elle grandit, elle découvre une autre musique, le blues, qui n’est pas loin de celle qu’elle maîtrise. Elle compose des petits chants qui ont un succès auprès des jeunes filles, mais la tradition est la plus pesante. Malouma se retrouve prise dans le carcan du mariage et du conformisme.

Elle ne revient sur scène qu’à la fin des années 80 en Mauritanie.

Avec un répertoire nouveau, elle introduit une véritable révolution dans la musique et chez les chanteurs. "Habibi habeytou", "Cyam ezzaman tijri", "Awdhu billah"... sont autant de titres qui bousculent l’ordre établi, qui dérangent. Malouma entend imposer un style qui, puisant dans la tradition la plus pure, la modernise.

La recherche qu’elle entreprend est axée sur la fusion réussie entre le riche répertoire de la musique traditionnelle et l’approche instrumentale de la musique moderne. Elle devient auteur compositeur.

Malouma introduit l’unité du thème pour le chant (oughniya) et ne se gêne pas pour parler de sujets plus ou moins tabous (amour, relations conjugales, inégalités...). Dans son engagement pour promouvoir la justice et l’égalité en Mauritanie, elle s’est investie dans la chanson militante et mobilisatrice.

C’est ainsi qu’elle a chanté pour la lutte contre le SIDA, pour la vaccination des enfants, pour l’alphabétisation et pour la promotion de la femme, entre autres. Si sa musique devient rapidement populaire auprès des jeunes (filles et garçons), elle est d’abord rejetée par la classe dominante (quelques groupes d’intellectuels, de griots faisant l’opinion et de décideurs).

Elle introduit beaucoup de thèmes à la fois : évolution des mœurs, de la culture et même remise en cause de l’ordre social traditionnel en donnant à l’artiste une importance qu’il n’avait pas.

Tout est dénoncé dans ses chansons : l’exclusion, l’oppression, l’injustice, Elle devient alors "la chanteuse du peuple" (mutribatou echa’b).

Cet engagement ne lui fait pas oublier son objectif premier : la recherche musicale afin d’ouvrir son pays et de faire connaître à l’extérieur les trésors du patrimoine National. "Rasm", "Jraad", "Tchaa’i", "Gnâni", "Nouka"... et bien d’autres "achwaar" (morceaux traditionnels) sont repris et réinventés.

Malouma va plus loin en cherchant à harmoniser la musique pentatonique traditionnelle mauritanienne avec les autres musiques populaires, notamment le blues.

C’est à cette époque qu’elle rencontre un groupe de jeunes musiciens mauritaniens, le Sahel Hawl Blues. Le lien est rapidement tissé. Animé par la même préoccupation - enracinement de la musique traditionnelle et ouverture sur la musique occidentale -, le groupe, composé de dix jeunes musiciens, intègre toutes les composantes de la Mauritanie contemporaine : richesse des sources d’inspiration, multiplicité des cultures (Maure, Peul, Toucouleur, Soninké, Wolof, Haratin,).

Malouma est une fierté nationale et un exemple très suivi. D’ailleurs, la communauté des griots artistes a fini par reconnaître en elle le premier vrai compositeur de Mauritanie.

Ould Omer

sources : Marabi



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