Le nouveau maître du doudouk*, Lévon Minassian, et le compositeur Armand Amar se retrouvent pour revisiter le répertoire traditionnel arménien à leur manière, en y associant de nombreux solistes ainsi qu’un orchestre symphoniquevoir le reportage video, entretien avec Salah Mansouri au BABEL MED 2008 à marseille
Le nouveau maître du doudouk*, Lévon Minassian, et le compositeur Armand Amar se retrouvent pour revisiter le répertoire traditionnel arménien à leur manière, en y associant de nombreux solistes ainsi qu’un orchestre symphonique.
Lévon Minassian, le nouveau maître du doudouk, est né à Marseille, ville où la communauté arménienne est très soudée et perpétue la mémoire du pays perdu. En 1974, Lévon Minassian effectue son premier voyage en Arménie. Il a alors seize ans et rapporte un doudouk. Il y retournera plusieurs fois pour travailler avec des Maîtres. Pour apprendre avec eux : Je faisais de la mendicité de notes, se souvient-il ! Un évènement changera sa vie : Peter Gabriel l’appelle pour participer à un disque. Conquis par sa musique, il lui demande d’ouvrir en solo les concerts de sa tournée mondiale, SECRET WORLD, en 1993-94. Il découvre alors ce que peut être la « musique du monde ». Chaque rencontre avec des musiciens de cultures différentes donnera une nouvelle force à son travail musical. Cette recherche de l’autre l’amènera à collaborer avec le compositeur.
Armand Amar, né à Jérusalem d’origine marocaine, connu pour ses musiques de films (AMEN et LE COUPERET de Costa Gavras, VA, VIS ET DEVIENS, de Radu Mihaileanu, INDIGENES de Rachid Bouchareb...) et sa collaboration avec de nombreux chorégraphes appartenant à tous les courants de la danse contemporaine (Peter Goss, Caroline Carlson, Pietragalla, Francesca Lattuada...). Après un premier opus paru en 1997 chez Long Distance (THE DOUDOUK BEYOND BORDERS, CD 3060612), les deux hommes collaborent durant trois ans pour donner naissance, toujours pour le même label, à SONGS FROM A WORLD APART. C’est grâce aux atmosphères dégagées par les poèmes arméniens choisis dans le répertoire traditionnel et sacré qu’Armand Amar crée un univers onirique et magique. Réalisant des arrangements musicaux qui proposent de nouvelles « couleurs » au doudouk, il invite des instruments aussi différents que les percussions, le piano, la voix (Nusrat Fateh Ali Khan), le violoncelle, la viole d’amour, le oud et le kamanche. Cet ensemble renforce alors l’impression d’un autre monde, de paix et d’amour mêlés de mélancolie : ce « world apart » si bien illustré par les photos de Yann Arthus-Bertrand.
* Doudouk : Réalisé en bois d’abricotier, le doudouk est un instrument de 25 à 40 centimètres, de la famille des hautbois, que l’on tient horizontalement. Une anche double exceptionnellement longue et large, en roseau, s’emboîte dans une de ses extrémités.
Doudouk de Levon Minassian Reportage Salah Mansouri
LEVON MINASSIAN et GAGUIK MOURADIAN Reportage Salah Mansouri
BIOGRAPHIE COMPLETE DE LEVON MINASSIAN
Lévon Minassian est né à Marseille, ville où la communauté arménienne est très soudée. Elle mène un travail de perpétuation de la mémoire du génocide auquel Lévon est tôt associé. Issu d’une famille de musiciens - son père était violoniste - il joue, très jeune, de la mandoline. En 1974, il a seize ans, Lévon Minassian effectue son premier voyage en Arménie, une étape décisive dans sa formation de musicien puisqu’il ramène un doudouk. Commence alors un long apprentissage. Adolescent, Lévon Minassian, accompagné de sa famille, suit les artistes arméniens dans leurs tournées en France. À partir de la fin des années 70, il retourne plusieurs fois en Arménie travailler son doudouk avec des maîtres, notamment auprès de Djivan Gasparian et de Valodia Haroutiounian. Honneur rare car les joueurs de doudouk ne divulguent pas facilement leur technique, mais maintiennent dans le secret cette tradition ancestrale qui ne se transmet qu’entre initiés. Depuis, il s’est entraîné sans cesse. Et petit à petit, celui qui n’a jamais recherché la célébrité fut reconnu comme le plus talentueux joueur de doudouk d’Europe de l’ouest. Son apparition auprès du grand public eut lieu en 1992 quand Peter Gabriel l’appelle pour ouvrir en soliste les concerts de sa tournée mondiale « Secret World ». Un disque s’en suit. Comme tant d’autres où il intervient en soliste, pour Manu Katché, Tony Lévin, Simon Emerson, Patrick Fiori, Claude Challe, Hélène Ségara, Sting... Son premier album solo « Levon Minassian and Friends » paraît en 1998 chez Long Distance (CD 3060612). C’est Armand Amar qui en signe les arrangements sur des mélodies traditionnelles. Par ailleurs, très vite, Levon Minassian est choisi comme soliste pour des musiques de film. Il joue pour Henri Verneil, Laurent Boutonnat, Robert Kéchichian, Mel Gibson. Et puis c’est Armand Amar qui fait appel à lui pour certaines de ses musiques de films. Les interventions de Levon Minassian en concert sont rares et font toujours événement. Souvent, avec son instrument si insolite, il fait l’ouverture des festivals, à Montpellier ou à Oslo, en Arménie ou aux Etats Unis. Aujourd’hui, Lévon Minassian, qui devient Chevalier de l’ordre des arts et des lettres en 1993, vit toujours à Marseille, hors du monde et des mondanités. Il continue à travailler, comme il l’a toujours fait, jouant inlassablement les mélodies de ces ancêtres, suivant de temps en temps les appels d’un Aznavour, Sting ou autres I Muvrini.
source : longue distance
voir le reportage photos de Salah Mansouri au theatre de ville
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