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nouvel album : NKOLO / world village / harmonia mundi
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BIOGRAPHIE
Métis noir de père congolais et de mère rwandaise, LOKUA KANZA est né à Bukavu dans l’Est de la République Démocratique du Congo (ex Zaïre). Son père, l’un des premiers congolais à commander un bateau sur le grand fleuve, était mongo, ethnie guerrière férue de polyphonies et sa mère était originaire des montagnes du Rwanda, pays réputé pour le raffinement de sa musique de cour. Tous deux l’ont sensibilisé à la beauté des mélodies.
Enfant, il chante dans les chorales des églises et adolescent, il s’arrange pour sortir en douce dans les rues de Kinshasa, attiré par les rythmes qui font vibrer les nuits de la capitale : « Vers dix – onze heures du soir, dès que ma mère dormait, j’allais faire le « ngembo » dans la boite où jouait Franco. Ça consiste à escalader le mur pour regarder à l’oeil les musiciens… »
Mais ce qu’il veut avant tout écouter se sont les premières parties des orchestres : « Je voulais surtout écouter celui qui passait en première partie. Il faisait ce qu’on appelait alors du « jazz », une dénomination qui désignait toutes les musiques étrangères de Fela à James Brown. J’adorais ça. En fait, il jouait une musique qui allait bien au-delà de ce l’on faisait d’habitude, c’est à dire la rumba qui tenait le haut du pavé à Kin. Dès qu’il avait fini, je repartais illico, tapais à la fenêtre pour prévenir ma soeur complice, et hop ! ni vu ni connu… »
Le « ngembo », il le fait également au stade pour entrevoir la scène où se produisent parfois des artistes au renom international : « A 13 ans j’ai vu un concert de Miriam Makeba et c’est ce soir là que j’ai décidé de devenir chanteur. ». Un ami, Ray Lema, lui donnera sa première guitare instrument qu’il ne quittera plus et c’est dans l’agitation des nuits de Matonge qu’il commence à se produire dans les petits orchestres de bar.
Toutes les musiques le passionnent et il ne perd pas une occasion de se rendre dans les veillées où les fêtes retrouvant les racines de la musique traditionnelle chantée par les anciens. Il se laisse bercer par leurs mélopées qui teintent les nuits de magie : « quand ils te regardent, ils savent où tu as mal et il te soignent avec leur musique… » Il reconnaît la richesse musicale de son Afrique natale mais son besoin de connaissance ne s’arrête pas là et il s’inscrit au Conservatoire de Kinshasa pour y étudier la guitare classique, le solfège, l’harmonie. « Je suis aussi un fanatique de Bach. A cause des harmonies et de certains rythmes, j’ai parfois l’impression qu’il a vécu en Afrique ! ».
Fort de cette formation traditionnelle, populaire et classique, à 19 ans, il se voit confier la direction de l’orchestre du Ballet National de Kinshasa et touche ses premiers cachets de musicien en accompagnant la grande star de la musique africaine : la Reine ABETI : « A 19 ans, j’ai ainsi commencé à jouer dans le plus grand groupe du pays… Abeti, c’était LA voix. Une grande dame, avec elle j’ai vraiment appris le métier. On répétait du matin au soir. Je n’ai jamais retrouvé par la suite une même rigueur au sein d’autres groupes. Grâce à elle, j’ai participé au premier grand festival africain « Africavision » , au Gabon, qui réunissait tous les grands noms de l’époque. »
Sa soif de musique le pousse à tout écouter, tout découvrir. Aussi, c’est au cinéma de son oncle qu’il se découvre un faible pour la musique des mélos indiens. Et, il n’a pas son pareil pour dénicher le moindre vinyl des stars américaines, européennes ou brésiliennes (pour laquelle il a une attirance particulière) passant des heures à écouter, décortiquer, analyser cette musique venue d’autres continents. Il sait désormais qu’il lui faut quitter son pays mais loin des rêves d’Eldorado dont trop de ses amis aiment se bercer, il va simplement chercher ailleurs les moyens professionnels qui lui manquent.
Ces rencontres l’amèneront d’abord à Abidjan (Côte d’Ivoire) avant de rejoindre Paris en 1984 pour suivre pendant quelques mois les cours de Pierre Cullaz au C.I.M., école de jazz « le temps de mieux comprendre cette musique que j’aime et de réaliser que ce n’était pas ma voie ». Puis il retrouve à Paris Ray Lema et l’accompagne à la guitare et au chant sur les scènes d’Europe jusqu’en 1988 participant dans l’intervalle à la réalisation de l’album « Bwana Zoulou Gang ».
Mais son envie de produire sa propre musique le tenaille... Il entre en studio et réalise ses premières maquettes. L’accueil des maisons de disques est plutôt tiède. Loin de se découragé, Lokua patiente le temps de collaborer à différents albums comme « Le voyageur » de Papa Wemba où il arrange les choeurs et le temps également de participer sur celui de Sixun.
Début 1991, il chante auprès de Manu Dibango « la personne qui m’a donné ensuite la chance de chanter seul. » Enfin en Octobre 1992, il se retrouve pour la première fois sur scène avec ses oeuvres en première partie d’Angélique Kidjo à l’Olympia. Il est accompagné et le restera toujours de Julia Sarr (choeurs) et Didi Ekukuan (choeurs, percussions). C’est sa rencontre avec Vincent Bruley, qui a composé « Etienne, Etienne » qui lui donne l’occasion d’enregistrer son premier album « LOKUA KANZA » : « …un super ingénieur qui a son studio. Il me l’a prêté tous les soirs. Il finissait à 20 heures et j’avais les clefs, je pouvais m’en servir jusqu’à 6 heures du mat. Aucune maison de disques ne m’aurait donné ce temps là. En tout l’enregistrement m’a pris à peu près deux mois, sans contraintes, sans producteur artistique. »
Ainsi, pendant l’hiver 92-93, il enregistre tout seul son disque pendant la nuit au studio Piccolo à Paris. « Je bouclais quasiment un morceau par nuit. D’abord les choeurs, puis la voix solo… Tout a été très vite, il y avait si longtemps que je le ruminais, ce disque… ». Dominique Misslin, patron de La Générale et Isabelle Lemann, patronne de Salammbô, agence de promotion ont remarqué Lokua sur la scène de l’Olympia. Le courant passe entre eux et ils décident de monter ensemble DIK Musiques un mini label qui permet de faire presser le disque. Celui-ci est d’abord vendu sur les concerts qu’il enchaîne après sa participation au « Chaînon Manquant ». Enfin, en Octobre 1993, son disque sort distribué par Night and Day. L’accueil de la presse est unanime. Il remplit deux fois l’Auditorium des Halles à Paris. Accompagné de ses deux choristes, il part en tournée en France et en Europe.
En Novembre 1993, Jean Louis Aubert, qui était venu l’écouter à l’Auditorium des Halles, lui donne la chance de faire ses premières parties au Zénith et en tournée. Le public d’Aubert lui réserve un magnifique accueil. « Une très belle expérience. Car, bien que nos publics semblent différents, ça a super bien marché. Ce qui prouve que l’émotion partagée est bien la chose essentielle ». A la même époque, Youssou N’Dour l’invite en studio à Dakar pour chanter dans son album « Wommat ». En Mars 1994, RCA/BMG France lui propose de signer un contrat de licence pour le monde. LOKUA accepte à condition de garder le contrôle artistique de ses futures productions. Un clip est réalisé pour « Mutoto » et l’album sort dans plusieurs d’Europe, au Canada et, plus tard, en Côte d’Ivoire, en Norvège et au Japon.
Cette même année, il se produit en première partie de Youssou Ndour sur les scènes prestigieuses du Zénith à Paris et du Manhattan Center à New York et relève également le défi de faire la première partie de cinq concerts de Bruel à Bercy. Comme celui d’Aubert ou de Youssou, le public de Bruel l’adopte. Parallèlement, Lokua trouve le temps de co-produire avec Stephen Hague (Wet Wet Wet, New Order, Erasure, Jimmy Sommerville…), dans les studios de Peter Gabriel à Bath en Angleterre, l’album de Papa Wemba : « Emotion » pour lequel il a composé cinq morceaux. Avant de recevoir à Abidjan (Côte d’Ivoire), en Décembre 1994, le prix du « Meilleur Album Africain » pour son premier album aux Africar Music Awards, Lokua réussit à créer au Hot Brass à Paris, un nouveau spectacle où six choristes et un percussionniste l’accompagnent.
Dès janvier 1995, Lokua entre en studio à Paris pour enregistrer son second album : « Wapi Yo ». A tous ceux qui se demandent à quoi ressemblerait ce deuxième album, Lokua répond tout simplement : « Vous serez étonnés. Vous n’avez vu qu’une pièce de ma maison, il y en a bien d’autres… En voyageant dans le monde entier, j’ai pu vérifier que le public a souvent plusieurs longueurs d’avance sur ceux qui prétendent savoir mieux que lui ce qu’il aime. Que les morceaux que je pensais trop difficiles étaient en fait ceux qui passaient le mieux. Les gens attendent simplement que tu les touches, que ta musique accède à une certaine beauté, en clair qu’il y ait de l’art. Alors je me suis dit : vas-y, fonce ! Et là, j’ai réalisé tous mes rêves en essayant de répondre à cette question : comment faire une musique qui touche les êtres en dehors de toute considération de race, d’origine culturelle, religieuse ou sociale… Je voulais surtout que l’être humain - et pas seulement l’Africain – et le musicien que je suis puisse être fier du résultat. »
L’album sort en France en Octobre 1995 et simultanément dans 26 autres pays. Et à tous ceux qui se demandent comment Lokua allait passer le cap, toujours délicat du deuxième album, la presse répond tout simplement : en beauté. Le public, toujours présent confirme le talent de ce jeune artiste congolais en lui réservant un splendide accueil le 23 Octobre 1995 au Théâtre de la Ville à Paris.
En Novembre 1995, il produit pour Real World, Peter Gabriel, quatre titres du nouvel Album de Geoffrey Oryema « Night and Day » qui sortira en 1996. Son talent est également reconnu par les professionnels de la musique puisqu’en Décembre 1995, il reçoit le prix du meilleur « Arrangeur Africain » pour son travail sur « Emotion » de Papa Wemba, aux Africar Awards de Libreville au Gabon. Et en Février 1996, il est parmi les trois nommés dans la catégorie « Révélation masculine de l’année » aux 11èmes Victoires de la Musique et interprète en direct sur la scène du Palais des Congrès à Paris son titre déjà largement diffusé sur toutes les radios : « Shadow Dancer ».
Il part alors pour une tournée internationale au Sénégal, Côte d’Ivoire, Espagne, Allemagne, Italie, Suisse avant de créer son nouveau spectacle le 1er Avril 1996 à l’Olympia. Il fait une pause le temps de composer et de produire avec Jean Claude Petit la musique du long métrage de Denis Amar « Saraka Bô » avec Boringer et Yvan Atal. Puis part en tournée dans toute la France en Avril et Mai 1996 : Printemps de Bourges, Festival des Musiques Métisses à Angoulême, … On le voit notamment le 20 Avril 1996 sur la scène du Zénith de Lille pour les 20 ans de l’Orchestre National où tous les musiciens du prestigieux orchestre symphonique dirigé par Jean Claude Casadesus interprèteront trois de ses titres : « C’est la première fois que je chante accompagné d’un orchestre symphonique. C’est une grande émotion, j’en ai la chair de poule. » confie-t-il aux journalistes. Youssou N’Dour, Didier Lockwood, Caroline Casadesus, Eric Serra, Casilda Rodriguez et Khaled seront également de la fête.
Durant l’été 1996, il va enchaîner les festivals. Ainsi, le 13 juillet 1996, Jean Louis Foulquier lui offre la « Fête à Lokua » aux Francofolies de La Rochelle. Le 18 juillet 1996, il est l’invité du prestigieux Festival de Montreux en Suisse. Et on le retrouve également en Belgique, en Suède et au Canada. Son album sort aux Etats Unis en Septembre 1996. Il se retire alors quelque temps de la scène pour produire le nouvel album de l’artiste espagnol Pedro Guerra : « Tan cerca de mi » (BMG Espagne). Celui-ci, sorti en 1997, sera disque de platine en Espagne. En avril 1997, Lokua part pour le Brésil pour participer au « Heineken Festival » qui lui permettront de se produire les scènes de Sao Paulo et Curitiba aux côtés des plus grandes stars de la musique brésilienne : Djavan, Al Jarreau, Chico César. Une fois encore il conquiert le public cette fois-ci brésilien : « Quando Kanza saludo plco todos levantaram e aplaudiram de pé. Consagraçao. » (Gazeta do Povo - Curibita – 18 avril 1997) Il est ensuite contacté par l’équipe de l’European Connection Ltd, Central Park Summer Stage(le 13 juillet 1997) et les Services Culturels de Los Angeles (le 14 juillet 1997) pour participer à la première édition de « Vive la World ». Ceux-ci n’en reviennent pas : « Lokua a soulevé l’enthousiasme de 10.000 personnes à New York et 4.000 à Los Angeles et qui n’étaient pas gagnées du tout. Un exploit !! »
Sans oublier diverses autres collaborations : invité sur l’album « Hors saison » de Francis Cabrel (1999), duo avec la chanteuse israélienne Noa (« Noa Now », 2001) et composition d’un titre pour Nana Mouskouri (« Fille du soleil », 2002). Sur le plan discographique, cinq ans, cependant, s’écouleront avant que Lokua ne trouve en Universal Jazz France un partenaire susceptible de lui accorder totale confiance, de le laisser gérer comme il l’entend sa propre musique et de rééditer son troisième compact, « 3 », gravé en 1998 et quasiment passé sous silence suite à de gros défauts de promotion et de distribution.
2002, après trois années de retrait, Lokua (qui entre-temps n’a cependant pas chômé, composant à tour de bras) revient avec « Toyebi Te », quatrième "aquarelle" de son oeuvre enregistrée. Un vrai bijou, chanté en français, en anglais ou en lingala, sur le ton de la confidence. Pudique, acoustique, feutré et naturel, d’une sensibilité particulièrement affûtée, ce recueil de ballades folk redessine en profondeur les contours de la chanson africaine. Avec Lokua Kanza, le métissage n’est pas un vain mot, encore moins un artifice, mais une réalité enfin reconnue et substantielle. Un état de fait. Une vérité. Sa fusion des deux mondes (l’Afrique, ses chants et traditions, l’Occident, ses rythmes et harmonies) atteint ici à la perfection, susceptible de charmer toute oreille un tant soit peu ouverte, de ravir tout amateur de vraie et bonne musique, d’enivrer tout esprit épris d’exotisme et de rêve.
Avant de retourner en studio début 2004 pour « Plus vivant », le chanteur a de nouveau taillé la route, entre Europe et Afrique, participé à l’aventure « This is our music » aux côtés de Salif Keita, Natalia M. King, Akosh S., Mino Cinélu, Marcio Faraco, et cosigné sur No Format, subdivision d’Universal Jazz, l’élégantissime « Toto Bona Lokua » en compagnie de Richard Bona et Gérald Toto, trio qui a parcouru les scènes du Nord et du Sud tout au long de l’été.
Lokua, troubadour métis de père congolais et de mère rwandaise, installé en France depuis vingt ans, revient au début de 2005 avec « Plus vivant », sa cinquième production personnelle - et sa deuxième collaboration avec Universal Music Jazz France. L’oeuvre aboutie d’un grand musicien qui se revendique comme citoyen du monde, artiste sans frontières et créateur transcultures : « Je suis mon propre instinct et celui-là m’a conduit aujourdh’ui à chanter en français. » Exclusivement interprété dans la langue de Verlaine et Rimbaud, le nouvel opus de Lokua offre à la notion de métissage une incarnation pure et incontestable, qui propose une fusion parfaite (c’est-à-dire imperceptible) entre Nord et Sud et recrée à sa manière l’unicité qui fut autrefois celle de nos ancêtres communs. Un disque superbement arrangé, quinze titres interprétés avec un coeur énorme et élaborés en compagnie de valeurs sures telles que les guitaristes Sylvain Luc et Pepe Fely Manuaku (l’un des grands géniteurs et virtuoses de la rumba zaïroise), le bassiste Richard Bona et le batteur Manu Katché, internationalement plus que reconnus, le percussionniste Sola (compagnon de route de Jamiroquaï) et Corneille sur le titre éponyme, proprement bouleversant.
www.lokua-kanza.com
* 1993 : Lokua Kanza (Universal)
* 1995 : Wapi Yo (BMG)
* 1998 : 3 (Universal)
* 2002 : Toyebi Te (Universal)
* 2005 : Plus Vivant (Universal)
* 2010 : NKOLO / world village / harmonia mundi



























