
L’Aïta, du Souss à Casa
Les Femmes de Taroudant / Cheikha Hafida et l’Ensemble Ouled Ben Aguida
en concert le Samedi 5 septembre 2009 à 20h30 Théâtre Le Trianon, Paris (75)
Samedi 5 septembre à 20h30 :
L’Aïta, du Souss à Casa
Les Femmes de Taroudant (Roudaniates)
Jmia El Hemmaz, chorale & Nakouss
Jmia Ezzarrary, chant et Bendir
Jemia Ait Chaf, chant et percussions
Aicha Ahnouch, chorale et percussions
Milouda Ejbabdi, chorale et percussions
Aicha Ouchdir, chorale et percussions
Cheikha Hafida et l’Ensemble Ouled Ben Aguida
Hafida Haouane, chant
Bouchaïb Benchlih, violon
Miloud Elhilali, luth (oud)
Boujema Benchlih, derbouka (percussion)
Essedyla Zguida, chorale
Regragui Minitfa, bendir (percussion)
Elmostafa Houkaki, bendir (percussion)
La deuxième escale de ce voyage auprès des cheikhat marocaines se fera aux pieds des contreforts sud du Haut Atlas, dans la vallée du Souss, plus précisément dans la ville de Taroudant.
Ce centre économique, construit grâce aux influences successives des traditions berbères puis arabes, est un haut lieu de culture.
Parmi les nombreuses formes musicales souvent réservées aux hommes, s’épanouissant derrière ses remparts rouges, les groupes de femmes appelés « abat » (venant de verbe « labat », jouer) font office de puissantes exceptions.
Le groupe des Roudaniates, constitué de femmes de la tribu des « Houariyat », interprète des chants soufis issus des rituels liés à l’Islam.
S’accompagnant de petites percussions ou de claquements de mains, elles font revivre le dhirk, le souvenir du prophète Mahomet, en relevant graduellement l’intensité de leur musique pour permettre aux danseurs et aux autres participants d’atteindre l’état de transe.
Extrêmement importantes dans la vie quotidienne, les Roudaniates chantent devant les tombeaux des saints de l’Islam pour le bien de la communauté, animent les mariages et assument même le rôle de pleureuses lors des enterrements.
Aujourd’hui devenues professionnelles, les Roudaniates parcourent lemonde afin de partager leur musique qui, au-delà de son importante fonction sociale, fait briller la sublime intensité des chants mystiques musulmans.
Cheikha Hafida, quant à elle, s’exprime à travers l’aïta (le cri, l’appel). Musique populaire par excellence, elle risque pourtant de disparaître du paysage culturel marocain.
Art poétique et musical, accompagné de danses, qui prend de multiples formes selon les régions et lesmilieux sociaux, l’aïta plonge ses racines dans l’histoire du Maroc et de ses campagnes.
La Cheikha et l’ensemble Ouled Ben Aguida font perdurer cette tradition. Né dans les années 70, le groupe Ouled Ben Aguida formé de trois frères, Bouchaïb au violon, Miloud au oud et Boujemaâ aux percussions, est aujourd’hui une véritable institution.
C’est en 1977, avec la rencontre de Fatna Bent El Houcine, l’une des très grandes divas de l’aïta, que l’aventure commence véritablement pour eux.
Ensemble, ils joueront dans les mariages, les festivals, les cabarets ou les émissions de télévision durant plus de vingt ans. Début 2000, Fatna Bent El Houcine arrête sa carrière.
Elle disparaîtra à peine cinq ans plus tard. Heureusement, Cheikha Hafida qui tenait une place prépondérante dans le choeur était prête à prendre la relève pour que cette musique, patrimoine culturel exceptionnel, ne disparaisse pas.
Théâtre Le Trianon
80 boulevard de Rochechouart / paris
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