Chants, poésies et danses berbères du 27 novembre au 05 decembre 2009 au musee du quai Branly / ParisIZLAN
Chants, poésies et danses berbères
L’Atlas et le désert marocain
du vendredi 27/11/09 au samedi 05/12/09
musee du quai Branly / Paris
Théâtre Claude Lévi-Strauss
Tél. 01 56 61 70 00
www.quaibranly.fr
Raysa Fatima Tabaamrant (plaine du Souss)
Véritable star grâce à sa poésie unique et à son courage, la Raysa Fatima Tabaamrant a su briser les tabous pour défendre l’identité amazighe.
Née dans les années 60 à Ifran dans l’Anti-Atlas (Sud Marocain), Fatima Tabaamrant a su s’imposer comme une figure emblématique du répertoire lyrique des Rways, ces chanteurs itinérants qui rappellent à bien des égards les troubadours et trouvères du Moyen-Age. Elle s’avère également être la première femme à avoir formé son ensemble dans un genre qui, jusque-là, était l’apanage des hommes.
Enfant, alors qu’elle travaille la terre dans sa campagne natale, Fatima Tabaamrant s’éprend de la parole versifiée et chantée, ainsi que des danses collectives villageoises, « lieux » d’initiation des jeunes gens à la pratique artistique.
Mariée de force mais trop attirée par le chant et la danse pour tolérer le joug conjugal, elle quitte sa famille pour se lier avec de grands maitres de la chanson berbère, tels Rays Moulay Mohamed Belfqih, Rays Jamaa lhamidi ou encore lhaj Mohamed Demsiri.
Soucieuse de se frayer un chemin personnel, la raysa-poétesse à la voix grave acquiert à la fin des années 80 une reconnaissance à l’occasion des joutes satiriques (tinddhamin). Son immense succès populaire tient à la profondeur de ses textes et aux thèmes d’actualité qu’elle ose aborder : la cause féminine, l’identité berbère ou tout autre sujet relevant de la critique sociale et morale de son temps.
Raysa Fatima Tabaamrant (chant), accompagnée par 5 musiciens (vièle r’bab, luths lotar, percussions naqous, bendir et tamatam) et 2 cheikhates.
Rays Said Outajajt (plaine du Souss)
L’un des plus talentueux héritiers de la chanson du Souss.
Said Outajjajt prolonge une tradition très prisée chez les Chleuhs et dans laquelle son père, Rays Abdellah Outajjajt de la province de Tajajt (région de Tiznit) s’était déjà fait connaître.
Le jeune rays entame sa carrière artistique à l’âge de 14 ans en enregistrant des cassettes et en accompagnant ses aînés à l’occasion des fêtes villageoises. Très tôt, il acquiert la maîtrise de l’instrument symbole des rways : le rebab, vièle monocorde cousine de l’inzad touareg. Il se façonne alors une réputation de versificateur à la voix chaude, déclamant ses réflexions sur la vie avec d’incroyables envolées rythmiques.
Plus encore, il incarne le devenir d’une tradition empruntant les attributs de la modernité : la composition musicale est désormais aussi importante que le sens de la parole ; instruments électrifiés et poèmes plus légers - autant dans la forme que le contenu - attirent désormais la jeunesse musicienne.
Rays Said Outajajt (chant et vièle r’bab), accompagné par 6 musiciens (vièle r’bab, luths lotar, percussions naqous, bendir et tamatam b) et 2 cheikhates
Rays Moulay Hmad Ihihi (plaine du Souss)
Ce joueur de lotar de l’ancienne génération a accompagné la majorité des rways dans leur ascension.
Sa maîtrise parfaite du luth berbère fait de Moulay Hmad Ihihi l’un des grands dépositaires d’une tradition qui, n’étant pas transcrite, ne se conserve que dans la pratique des musiciens eux-mêmes.
Cet artiste au sommet de son art, resté cependant méconnu du grand public, a composé un nombre impressionnant de mélodies. Ses arrangements contemporains ont contribué à réactualiser pour partie le répertoire.
Enfin, il aurait été l’un des premiers à articuler différents genres musicaux berbères, devançant ainsi le phénomène musical de fusion désormais très en vogue au Maroc.
Rays Moulay Hmad Ihihi (luths lotar et taswisit)
Cheikhates du Moyen-Atlas
Les Cheikhates du Moyen-Atlas (région de Fès)
Emmené par Mina Amhaouch, cet ensemble présente le tahidoust dans l’authentique tradition de Khenifra.
Pratique féminine, le tahidoust est une forme réduite de l’ahidous, terme berbère qui désigne la danse collective emblématique du Moyen-Atlas marocain.
Le grandiose ahidous offre aux villageois l’occasion de danser collectivement, mais surtout d’assister à des joutes où les paroliers se confrontent à l’improvisation poétique, traduisent les occupations du groupe et débattent. Il est d’abord un art participatif dans lequel toute personne maîtrisant le rythme peut s’investir.
Son petit frère, le tahidoust, consiste donc en une forme plus intime et moins représentée en public. C’est une danse rythmée par les seules percussions bendirs, qui s’ouvre souvent avec un chant typique du Moyen-Atlas, le tamawayt. Ce chant solo composé d’un ou deux distiques vise à prouver le talent de celui ou celle qui l’exécute. Ondulante, la voix se fait appel et invite à l’écoute ; il s’agit de préparer l’assemblée à recevoir la parole poétique, l’izlan qui, traitant d’amour et de beauté, fait s’envoler l’imagination.
Les Cheikhates exécutent aussi la danse takhrit : deux femmes s’assoient l’une en face de l’autre et munies d’un coussin (takhrit), miment un duel. Cette parodie de bagarre, à la façon des joutes poétiques et des danses de mariage, vise à détourner symboliquement les conflits et à dédramatiser les situations.
Cheikhates du Moyen-Atlas, ensemble composé de 4 chanteuses/danseuses, et 2 chanteurs/percussionnistes (bendir)
Mint Aichata (Oued Noun, Anti-Atlas)
Cette chanteuse perpétue la tradition des chants et danses de l’Oued Noun (Guelmim), territoire de transition, d’échanges caravaniers et de brassages de cultures. Venue des confins sud du Maroc, à la lisière du Sahara occidental, Sallam Yamdah, autrement nommée Mint Aichata (« fille d’Aichata »), a reçu son savoir de sa mère, qui a longtemps dominé l’art du tbel et du lgedra. Ces chanteuses professionnelles, appelées au Maroc meddahat (de la racine arabe madaha qui veut dire « louer », « chanter les louanges »), sont proches des griottes d’Afrique de l’Ouest, autant que des Touaregs du désert. La poésie chantée - et avec elle, celles et ceux qui la font exister - a en effet une importance accrue dans les sociétés nomades : la magie accordée au mot est le moyen d’exercer un pouvoir. Dévouée à la communauté, la meddaha chante pour les familles qui font appel à ses services (mariage ou traitement d’une maladie), célèbre la beauté masculine à l’occasion de véritables concours, accompagne la fameuse danse féminine des sept voiles qui mène à la transe, mais loue également le prophète. Chants profanes et sacrés se mêlent dans cette poésie de langue hassanie riche en métaphores. Interprétés par les mêmes artistes, ils permettaient sans doute de laver les soupçons d’ « immoralité » pesant sur ces individus libres à la réputation incertaine. Le chant et la danse n’incombaient-ils pas autrefois aux esclaves ? Leurs instruments sont rudimentaires, à l’image de leur environnement : le tidinit, petit luth à quatre cordes d’origine mauritanienne ; l’gdra, couscoussier retourné en percussion ; l’kisan, verres à thé frappés sur le plateau de métal ; le t’bl, timbale en percussion ; et les tsfag, simples battements de mains.
Mint Aichata (chant et danse), accompagnée de 2 chanteuses/danseuses et de 4 musiciens (luth tidinit, percussions t’bl et l’gdra)
RENSEIGNEMENTS
Tél. 01 56 61 70 00
www.quaibranly.fr
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