Spectacles et musiques du monde

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SANDRA NKAKE

le Mercredi 8 juillet 2020 au Théâtre Antique, Arles

CAMELIA JORDANA

le Mercredi 8 juillet 2020 au Théâtre Antique, Arles

Macha Gharibian

les 1er et 2 juillet 2020 à 19h30 et 21h30 au Sunset Sunside

Amel Brahim-Djelloul

SOUVENIRS d’AL-ANDALUS - Musiques méditerranéennes traditionnelles Le Samedi 4 juillet 2020 à 17h à Grange à blé Musée national de Port-Royal des Champs Concert gratuit mais réservation obligatoire

PROTEST SONGS

( concert de solidarité avec le personnel soignant ) avec "L" (Raphaële Lannadère) , Jeanne Added, Camélia Jordana, et Sandra Nkaké le Mercredi 8 juillet 2020, 22h au Théâtre Antique, Arles

RICHARD GALLIANO

Le Mardi 21 juillet 2020 au NICE JAZZ SUMMER SESSIONS à Nice

Belmondo Quintet

le Lundi 20 juillet 2020 au NICE JAZZ SUMMER SESSIONS à Nice

André Ceccarelli

Samedi 18 juillet 2020 NICE JAZZ SUMMER SESSIONS à Nice

LIZ MC COMB

Le Vendredi 17 juillet 2020 au NICE JAZZ SUMMER SESSIONS à Nice

Chicuelo

Le Mardi 7 juillet 2020 au Festival Cruïlla à Barcelone

Pierre Perret

Les 10 & 11 Octobre 2020 à la Salle Pleyel à Paris

ZOUFRIS MARACAS

Samedi 11 Juillet 2020 à Limoges , dans le cadre du festival URBAN EMPIRE

KASSAV

Le Vendredi 23 juillet 2021 aux Arènes De Bayonne

Rhoda Scott

Le Vendredi 24 juillet 2020 au Festival "Jazz sous les étoiles" à Jardins d’Albertas à Bouc Bel Air

Chimene Badi

Dimanche 20 Septembre 2020 à la Bourse du Travail à Lyon

MAYRA ANDRADE

Mercredi 23 Septembre 2020 à l’ Olympia à Paris

KATIE MELUA

25 septembre 2020 à l’ Olympia

NATACHA ATLAS

Sam 10 Octobre 2020 au Rocher de Palmer à Cenon

ORCHESTRE NATIONAL DE BARBES - ONB

Le Vendredi 24 Juillet 2020 au FESTIVAL DE NEOULES

KASSAV

En concert en Aout 2020

KATIA GUERREIRO

En concert en Juillet 2020

GNAWA DIFFUSION / AMZIGH KATEB

2020

01 Février 2020 Le Nouveau Cap Aulnay-sous-Bois



Gnawa diffusion / AMZIGH KATEB

Au Festival Arabesques 2013


© Salah Mansouri



Archives - Reportage : les nuits du RAMADAN ( 11 Septembre 2010 )

Clôture des veillées au Théâtre du Châtelet à Ville de Paris avec : Amazigh Kateb, Amar Chaoui , Ptit Moh Project , Transglobal Underground & Natacha Atlas Official ,Héla Fatoumi, Fedayi Pacha , et quelques personnalités ( Anne Hidalgo ) . © Salah Mansouri



biographie GNAWA DIFFUSION

Gnawa Diffusion est un groupe important. Parce qu’il a su inventer une nouvelle Afrique, une Afrique de toutes les Afriques – Européens compris. Son leader, Amazigh Kateb, sait qu’une identité n’est jamais une, qu’elle est forcément croisée. Alors Gnawa Diffusion est plus qu’un groupe de fusion musicale : c’est un monde en circulation.

Ces « Fucking Cowboys », que les pouvoirs n’impressionnent guère, ont beau avoir pris leur envol à Grenoble (France) en 1992, ils sont les enfants métis du Maghreb noir, berbère et arabophone, de la Jamaïque rebelle et des quartiers ouvriers occidentaux. Et un formidable groupe de scène qui font bombance à huit (Amazigh Kateb, chant et gumbri, Pierre Feugier, guitare, Salah Meguiba, claviers et percussions, Mohamed Adenour, mandol et banjo, Philippe Bonnet, batterie, Pierre Bonnet, basse, Abdel Aziz Maysour, chœur et gumbri, Amar Chaoui, percussions), avec, en main, une batterie de munitions calibrée d’enfer : les kerkab (les crotales, ou sorte de castagnettes métalliques).

Au cœur de Fucking Cowboys, un DVD et un CD, se trouve un concert donné à Paris le 25 novembre 2006 dans la salle parisienne de l’Elysée-Montmartre. Gnawa Diffusion fête alors les dix ans de la parution d’Algéria, leur premier disque publié en 1997. Incantatoire et musclée, directe et politique, sincère et proche, la musique de Gnawa Diffusion prend l’auditoire au cœur.

Longtemps, les crises politiques internes qui ont secoué une Algérie en mal de démocratie ont entravé la venue au pays d’un groupe qui, de tournée en tournée, a parcouru le monde. Fucking Cowboys offre en bonus de précieuses traces de leurs retours en Algérie – une première fois en 2000, puis en 2001 après les affrontements meurtriers en Kabylie, ou encore en 2003.

Là, la troupe donne, au milieu de sa tournée, un concert dans une maison de redressement : Amazigh et les siens sont échevelés, emportés, humains. Les jeunes prisonniers entrent en état de transe, les luth guembri et les clochettes ont donné à fond, les appels à la l’insoumission, à la liberté ont joué à plein, les gardiens ont joué le jeu, la fête est entière, c’est la force de l’art que le pouvoir algérien a rarement compris.

Que vient faire la transe dans ce rock-ragga-reggae-raï, etc. ? Il y a dans la musique de concert des Gnawa Diffusion quelque chose d’Essaouira, cité portuaire du sud-marocain, et berceau des traditions gnaouies. Comme Jimi Hendrix, Orson Welles ou les Rolling Stones, Gnawa Diffusion est tombé sous le charme atlantique de ce berceau de musiciens, devins, grands ordonnanciers de rituels hérités du temps de la soumission des Noirs par les Maures. De cet état d’esclavage, est née une religion syncrétique entre les saints de l’islam et les divinités animistes parties du Golfe de Guinée, pour s’étendre, teintées cette fois de catholicisme, jusque dans les profondeurs des Caraïbes et des Amériques.
A Essaouira, mais aussi sur la mythique place Jemaa el Fnaa de Marrakech, ou chez les Stambalis de Tunisie, l’instrument roi de cette transe époustouflante s’appelle le guembri – trois cordes, imparable - , servi par les crotales de fer, les karkabs, des sortes de clochettes irrésistibles, cycliques, répétitives, enroulées comme dirait un derviche (tourneur, même tradition de confréries soufies).

« La dimension qui manque aux Maghrébins, dit Amazigh Kateb, c’est la dimension africaine. Pour se réconcilier avec celle-ci, on doit d’abord se réconcilier avec les Africains que l’on a spoliés, c’est-à-dire les Gnawas, les Noirs du Maghreb.

Leur culture a eu la force de s’accommoder de nos traditions, de notre langue, de notre religion. » Amazigh - l’homme libre en langue berbère – rassemble. Il a été doté d’un prénom berbère par un père arabophone qui tenait la démocratie plurielle pour valeur suprême. Il fut ensuite sommé de fréquenter l’école coranique, « étant ainsi au cœur de la confrontation algérienne ».

Et puisque Amazigh Kateb est né à Alger , et qu’il est donc Algérien, il a mis dans sa musique des échantillons de châabi algérois, la chanson de la ville blanche, et des mélodies berbères. Et puisqu’il est né quand le rasta Bob Marley triomphait, il a mis des lignes de basses, des cymbales, des mélodies en formes de slogans, et des mots aussi cinglants que ceux de Babylon System.

Fils d’un auteur politique célébrissime, le romancier et homme de théâtre Kateb Yacine (1929-1988), Amazigh Kateb a la dent dure avec les dirigeants qui ont succédé dans le même esprit à ceux qui ont entravé la vie de son père (exemple : Ouvrez les stores sur l’album Bab El Oued Kingston : « Le GIA fait mal mais beaucoup d’autres ont les mains sales ».)

Amazigh Kateb, avec sa dégaine de môme des rues et une érudition acquise pour respecter l’héritage paternel, a déjà beaucoup écrit sur la discrimination, « l’islamolophobie, les délits de faciès », sur l’Algérie, ses jeunes désœuvrés, les hittistes chômeurs (qui s’appuient sur les murs), la mafia des généraux ( « le général du gaz, le général de la viande... »).

Mais les huit chahuteurs rassemblés sous la bannière de Gnawa Diffusion sont aussi des gosses sensuels sachant chanter des tubes amoureux (Ombre-elle, repris en chœur par le public et avec ferveur). Festif, néanmoins radicaux, les Gnawas muent en 2002 – quatre pionniers s’en vont, quatre nouveaux arrivent – et fondent une structure indépendante, D’jamaz Production/Edition.

Ils publient Souk System en 2003 (quatre ans après Bab el Oued Kingston), chanté en français, en anglais, en arabe. Incantations de clochettes, de guitares électriques, d’accordéon, de flûtes et de guembri, jetées à la face de « cet ordre mondial auquel nous désobéirons par devoir !!! ».

Arrivé en 1987 à Grenoble, Amazigh y vit mourir son père un an plus tard, d’une leucémie foudroyante. Il avait alors 17 ans, c’était un gosse d’Alger, frondeur, bagarreur, rieur, habitué à suivre la troupe de théâtre paternelle, l’Action culturelle des travailleurs (ACT).

Dans les années 1970, l’ACT transporta par dizaines de milliers les spectateurs algériens dans l’écriture politique, celle de Mohammed, prends ta valise, vision populaire et intransigeante de la guerre d’Algérie et de l’émigration.

Véronique Mortaigne

A l’occasion du Festival Souk Populaire de Roubaix (10 au 27 mai), Amazigh Kateb, programmateur et directeur artistique de cette 5e édition, présentera une adaptation (musique et texte) d’une œuvre de son père Kateb Yacine « Mohammed, prends ta valise » au Garage de l’oiseau mouche le 14 mai.


REPORTAGE PHOTOS MUSIQUESDUMONDE

Reportage © Salah Mansouri



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