le nouveau film de Carlos Saura en salles le 14 janvier 2009
"FADOS est mon huitième film musical. Mon intention était d’aller au-delà de mes précédentes expériences en travaillant avec les artistes d’un pays et d’une ville, Lisbonne, que j’aime depuis de nombreuses années..."
Dans FADOS, Saura a filmé Lisbonne à travers le regard de José Luis López Linares, célèbre chef opérateur espagnol, lauréat de trois Goyas pour ses images de studio et son travail avec le fameux chef opérateur portugais Eduardo Serra, l’homme qui se cache derrière les films de Claude Chabrol et qui fut lauréat du Prix Européen de la Meilleure Photo pour LA JEUNE FILLE À LA PERLE.
Carlos do Carmo a supervisé la musique, sa longue carrière de chanteur et son travail sans relâche pour la conservation de l’histoire du Fado en font l’un des piliers de cette musique aujourd’hui.
FADOS est la vision personnelle d’un artiste. A l’aide de sensations visuelles et sonores, Saura illustre le Portugal du 19ème et l’essence du Fado. Il pousse les limites dans son exploration de l’image en projetant des photos d’archives sur des toiles géantes, placées derrière les interprètes et les danseurs, et recrée ainsi les allées étroites d’Alfama - le quartier des docks de Lisbonne, lieux où les Fadistas chantent avec leurs musiciens – et l’atmosphère lourde et sombre des Maisons du Fado
LE FADO ET LE PORTUGAL

J’ai découvert le Fado dans les films tournés au Portugal avec Amália Rodrigues. Ses chansons, tout comme celles d’Imperio Argentina et les tangos de Carlos Gardel, ont marqué mon enfance de l’aprèsguerre.
Durant ces années d’éveil, ces sons et ces images se sont gravés à jamais dans ma mémoire. Le Fado ne devait plus jamais me quitter.
J’ai visité une première fois le Portugal à la fin des années 50, en route vers Lisbonne. Le pays m’a semblé déprimé et le peuple agréable et triste. Sur la radio de Salazar, on entendait souvent l’unique et magnifique voix d’Amália Rodrigues. Ce n’est que plus tard, à l’occasion d’autres voyages, et à travers mes amis portugais et mes amis espagnols qui avaient travaillé au Portugal, que je découvrais d’autres chanteurs de Fado tels que Marceneiro ou Carlos do Carmo, pour ne citer que les plus connus, dont j’écoutais les disques et les cassettes.
Un jour, j’ai tout abandonné pour un amour impossible et fui mon pays. Je suis parti en voiture vers le Portugal avec la drôle d’idée de ne jamais revenir. C’était une merveilleuse expérience dont je n’ai, malheureusement, gardé aucune photo. Durant le voyage, j’ai acheté des cassettes de Fado et j’ai écouté ces voix merveilleuses d’hommes et de femmes qui chantaient une tristesse proche de la mienne.
Lorsqu’on m’a proposé de faire un film sur le Fado, je n’ai pas réfléchi à deux fois : c’était comme retrouver quelque chose que j’aimais qui s’était caché dans la boîte à souvenirs. Avant de donner ma réponse, j’ai dépoussiéré mes disques et mes cassettes et m’y suis replongé pour m’en imprégner autant que possible. Par la suite, mes producteurs m’ont envoyé une telle quantité de matériel sonore et littéraire qu’il m’en reste encore à découvrir.
Jusque là, mes fréquents voyages à Lisbonne et les visites dans les lieux où régnaient le Fado m’ont apporté une profonde connaissance de cette musique et, plus que tout, la chance d’avoir rencontré des artistes exceptionnels tels que Carlos do Carmo, Mariza ou Camané. Des voix prodigieuses... mais aussi Lucilla do Carmo, Teresa de Noronha et bien d’autres merveilleux Fadistas. La découverte également d’un Portugal différent, moderne.
Aidé dans cette recherche par mon ami Ivan Dias, grand connaisseur en la matière, nous avons tenté de concilier un thème qui nous est cher : la relation du Fado avec le Brésil et l’Afrique – des “Modinhas” au “Fado batido” (fado rythmique) - avec l’intention de retrouver des chansons et des rythmes de ces allers et retours qui ont tant enrichi la musique de nos pays.

FADOS est mon huitième film musical. Mon intention était d’aller au-delà de mes précédentes expériences en travaillant avec les artistes d’un pays et d’une ville, Lisbonne, que j’aime depuis de nombreuses années.
Carlos Saura
CARLOS SAURA
Carlos Saura, réalisateur espagnol, né le 4 janvier 1932 à Atarès en Espagne, dans une famille d’artistes (sa mère était pianiste et son frère Antonio peintre), il développe dès l’enfance son sens artistique en pratiquant la photographie.
Il obtient le diplôme de réalisateur de l’Institut de Recherches et d’Études cinématographiques de Madrid, en 1957, où il enseigne jusqu’en 1963. En 1957-58, il tourne son premier film documentaire, CUENCA. En 1960, avec LES VOYOUS, il décrit le problème de la délinquance des jeunes dans les quartiers démunis de Madrid. En 1963, avec le film LES BANDITS, il réalise une reconstitution historique.
En 1965 son style, à la fois lyrique et documentaire, centré sur les problèmes des plus démunis, reçoit la reconnaissance de la communauté internationale au Festival de Berlin, où il reçoit l’Ours d’argent pour son film LA CHASSE. En 1967, c’est avec PEPPERMINT FRAPPE qu’il est à nouveau primé à Berlin.
Les films, LA COUSINE ANGELIQUE 1973, et CRIA CUERVOS, 1975, reçoivent le prix spécial du jury au Festival de Cannes. Son film MAMAN A 100 ANS est nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1979.
En 1990, il reçoit les Prix Goya du meilleur réalisateur et du meilleur scénario pour son film ¡ AY, CARMELA ! Il est choisi, par la suite, pour réaliser le film officiel des Jeux Olympiques de Barcelone en 1992, MARATHON.
Aujourd’hui, Carlos Saura est considéré comme l’un des grands réalisateurs de l’histoire du cinéma contemporain européen.
FILMOGRAPHIE SELECTIVE
1966 LA CHASSE
1967 PEPPERMINT FRAPPÉ
1970 LE JARDIN DES DÉLICES
1972 ANNA ET LES LOUPS
1973 LA COUSINE ANGÉLIQUE
1975 CRIA CUERVOS
1977 ELISA, MON AMOUR
1978 LES YEUX BANDÉS
1979 MAMAN A CENT ANS
1980 VIVRE VITE
1981 NOCES DE SANG
1982 ANTONIETA
1983 CARMEN
1990 AY CARMELA !
1992 EL SUR
1992 SEVILLANAS
1993 ¡DISPARA !
1995 FLAMENCO
1997 TAXI DE NOCHE PAJARICO
1998 TANGO
1999 GOYA
2001 BUÑUEL ET LA TABLE DU ROI SALOMON
2002 SALOMÉ
2004 LE SEPTIÈME JOUR
2005 IBERIA
2008 FADOS IO, DON GIOVANNI
voir autre article sur le fado :KATIA GUERREIRO
Documentaire « Katia Guerreiro, entre les mains du Fado »
Un film documentaire Réalisé par Jean-Marie David ,
avec la collaboration de Salah Mansouri, journaliste à RFI
A lire aussi :


























