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ERIC FERNANDEZ

concert

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biographie

Né à Martigues d’origine gitane, Eric Fernandez a été naturellement bercé par les rythmes flamencos. Dès l’âge de quatorze ans, il vit son premier coup de foudre à l’écoute de « Entre dos aguas » l’album de Paco de Lucia.

Eric attrape aussitôt la guitare de son père, « cantaor » amateur, pour déchiffrer l’album à l’oreille Il s’exercera ensuite sur Villa Lobos, Fernando Sor et Jean-Sébastien Bach.

En 1985, il y eu un premier disque « Alma de noche », réalisé avec son frère, des cousins et Pachaï Reyes au chant.

Eric collabora ensuite avec Khaled, les Bananarama, Cheb Mami puis en 1992 et pendant six ans avec le groupe « Chico et les Gypsies » qui lui confie d’emblée la « Lead guitar ».

En 2000, Eric enregistre « Magic Gypsie » un deuxième album dédié aux musiques méditerranéennes.

Parallèlement, Il poursuit ses collaborations notamment avec Miles Copland, Keziah Jones, Narada Walden ou Steve Stevens.

Puis vint enfin le temps d’un troisième album ; « Verdine tempo »
« Le discours d’Esther a été déclencheur. J’ai plus été ému par cette destinée de femme, par cette cause féminine que par la cause zapatiste »

Pour composer cet album, comme pour les autres, Eric s’est enfermé dans la cage d’escalier de l’immeuble de ses parents à Martigues. : « Les voisins ouvrent les portes et maman m’apporte le café... C’est extra et le son est incomparable... »

Eric a construit son album morceaux par morceaux. Puis, il a repris cette trame pour l’harmoniser. Jusqu’à la perfection « Le duo avec l’accordéon a été décisif.

Je n’avais jamais travaillé avec cet instrument, et là, avec Alexandre, cela a été une symbiose. Il y a aussi eu le fameux facteur humain : toutes celles et ceux qui sont dans le disque comme sur scène sont tous mes amis.

L’énergie de tous ces musiciens a créé Verdine Tempo, spontanément et avec liberté, fraternité, créativité pour seule contrainte et unique mot d’ordre. Ce disque, comme le spectacle, on les a conçus seuls, avec notre seule énergie.. Maintenant, on est prêts pour partir à l’assaut du monde. »


L’écrivain Ricardo Montserrat présente Eric Fernandez,

« Tiene angel, tiene duende, rabia, el diablo en el cuerpo, un dibbùk, un noséqué rayado. »

Il a de l’ange, il a l’esprit, la rage, le diable au corps, un mauvais génie, un je-ne-sais-quoi de rayé, de fêlé...

Il faudrait savoir l’espagnol pour parler de Fernandez tant lui collent à la peau les

mystérieuses expressions qui décrivent ces interprètes qui ont ce quelque chose qui enchante dès les premières notes.

Il faudrait aussi savoir parler arabe, berbère, hébreu, tzigane, italien. Ne cessent de sourdre, telles des sources perdues, de ses compositions des origines lointaines, aux parfums rares et nostalgiques.

Fernandez n’aurait pu être qu’un virtuose de plus. Il aurait pu se contenter de promener ses doigts prestissimes sur ses guitares, se satisfaire d’accompagner les prodiges de la world music, bonnet sur la tête d’éternel enfant sage et sourire attentif.

Mais Éric a dans le sang une colère froide, une fièvre, un mal ardent, une peine d’amour au bord des larmes qui l’empêchent de récolter tranquillement les lauriers de sa maestria.

Il a un corps tout en à-coups et ressacs, vagues coléreuses qui se cognent sans cesse aux murs de l’indifférence, marées sonores désireuses de briser les frontières qui séparent les hommes des hommes, les hommes des femmes, de rompre le cercle de la fatalité.

Il a des mains qui n’en font qu’à leur guise. Elles plongent si loin dans l’inconscient qu’elles retrouvent sans les avoir cherchées les sons des pays que ses ancêtres gitans, voyageurs, bandits, marchands, guerriers ou exilés, ont volés sur leur passage dans les poches des musiciens locaux.

Et ça tape, ça frappe, ça cogne, et les pierres volent, les coups partent, les cordes cinglent, les ongles saignent, les pieds frappent le sol, et les écorchures, les piqûres, les morsures, les engelures, les brûlures, les tortures.

Et ça danse, ça tourne, ça vire, ça frotte, ça sourit, ça frémit, ça câline, ça devine, ça soupire, ça respire, ça caresse, ça paresse, ma princesse, ma tendresse, ma maîtresse... jusqu’à ce que la peine s’efface sous la joie. Oh, c’est déjà fini ? Tu t’en vas déjà ? Il le faut ! Quelle misère ! Il a autant de doigts et de touchers que de langues parlées, que de bouches baisées dans les pays traversés.

Il a des doigts, des doigts de mendiant, de prestidigitateur, des doigts de violoniste rom et de mandoliniste vénitien, des doigts bavards qui parlent aux gens à l’âme d’enfant, séduisent les femmes qui aiment les hommes. Ses doigts font croire la nuit que demain il fera jour, après- demain le grand amour, et dans un an, l’éternel printemps. Ses doigts laissent croire au plus pauvre qu’il a une âme immortelle.

Ses riffs réchauffent quand il mistrale. Ses arpèges glacent quand il canicule et que plus rien ne bouge sur le toit tranquille où passent des colombes ensanglantées. On voudrait ne pas le croire mais tant de beauté, c’est déjà toute une histoire, on passerait mille et une nuits à l’écouter, soudainement sûr de ne pas mourir au matin. On ne se rend même pas compte que le temps s’est arrêté, c’était en quelle année déjà ? Oh, je ne t’oublierai jamais... ont chanté avant lui tant d’incendiaires dont il ne reste que cendres chaudes.

Ricardo Montserrat



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