Django d’Or 2008 Trophées Internationaux du Jazz

La 17ème cérémonie des Django d’Or s’est tenue le jeudi 20 novembre au Pavillon Baltard de Nogent sur Marne.
Cette soirée présentée par Laurent Voulzy et Alain Souchon, a récompensé les artistes suivants :
Django d’Or Nouveau Talent avec le soutien de l’ADAMI
Airelle Besson & Sylvain Rifflet
Django d’Or Musicien Confirmé
Louis Winsberg
Django d’Or Spectacle Vivant
Andy Emler
Django d’Or de la Guitare
Christian Escoudé
Django d’Or de la Création Patrice Caratini
Django d’Or Prix Frank Hagège
Rhoda Scott
17ème cérémonie des Django d’Or Trophées Internationaux du Jazz
Jeudi 20 novembre 2008 20H30
au Pavillon Baltard - Nogent-sur-Marne
Présentation : Alain SOUCHON et Laurent VOULZY

Orchestre de la Soirée : Grand Ensemble du CMDL
( Centre des Musiques Didier Lockwood )
Django d’Or de la Guitare
Christian ESCOUDE (Guitare)
Django d’Or SACEM de la Création
Patrice CARATINI (Contrebasse)
Django d’Or Prix Frank Hagège
Rhoda SCOTT (Orgue Hammond)
Nommés 2008
Django d’Or Nouveau Talent
Airelle BESSON & Sylvain RIFFLET (Saxophones - Clarinettes - Clavier) « Rockingchair » (Chief Inspector - Abeille Musique)
Stéphane CHAUSSE (Clarinettes) « Rue Longue » (Nocturne - Nocturne)
Anne PACEO (Batterie)
Révélation Scène 2007/2008
Django d’Or Musicien Confirmé
Manu KATCHÉ (Batterie) « Playground » (ECM Records - Universal Music)
Hélène LABARRIÈRE (Contrebasse) « Les temps changent » (Emouvance - Abeille Musique)
Louis WINSBERG (Guitare) « Douce France » (e-motive records - Nocturne)
Django d’Or Spectacle Vivant
Thomas DUTRONC et les Esprits Manouches
Andy EMLER MegaOctet
Bernard LUBAT Vive l’Amusique !
Arts, Nuances, Culture
Django d’Or / Eurodjango
68, avenue Ledru-Rollin 75012 PARIS

Pavillon Baltard
12 avenue Victor Hugo
94130 NOGENT-sur-MARNE
Tél. 01 48 73 45 81
BIOGRAPHIES
Biographie Django Reinhardt
Le 23 janvier 1910, à Liberchies, près de Charleroi, une troupe ambulante s’apprête à donner une représentation. La danseuse acrobate Laurence « Negros » Reinhardt ne pourra y participer.
Dans la semi pénombre de la roulotte familiale où lui parviennent les applaudissements de la salle voisine, elle vient de donner à Jean Eugène Weiss, un second fils, Jean-Baptiste, que très vite l’on appellera Django.
Et Django grandira au hasard des voyages qui mèneront la tribu jusqu’en Afrique du Nord. Très jeune il est attiré par la musique. Il joue sur un banjo trop grand pour lui avec pour médiator une baleine de faux-col.
Mais son rêve c’est une guitare. Quand enfin il l’obtient, il refuse de s’en séparer même pour dormir. Il va seul, en observant les musiciens, apprendre avec une sûreté et une rapidité prodigieuse à maîtriser cet instrument. C’est encore le règne du musette. Django joue avec Fredo Gardoni à La Rose Blanche - Porte Clignancourt - puis avec l’accordéoniste Guérino à la Montagne Sainte-Geneviève. Maman Laurence vient le chercher chaque soir pour lui prendre sa paie et l’empêcher ainsi d’aller la jouer aux dés avec les voyous du coin. Autour des feux, dans les campements, commence à se propager l’histoire d’un petit bout d’homme aux doigts d’or. Dans cette société en pleine évolution, une étrange musique fait son apparition.
Elle vient paraît-il d’Amérique et des anciens esclaves africains. Mais pour Django c’est toujours le temps du musette jusqu’à la nuit terrible où il échappe de peu à la mort dans l’incendie de sa roulotte. Atrocement brûlé à la jambe et à la main gauche, il va durant son séjour de 18 mois à l’hôpital Saint-Louis entreprendre une stupéfiante rééducation qui va lui permettre d’acquérir une technique bien à lui et une habileté hors pair. En 1931, en compagnie de son frère Joseph, il est sur la Côte d’Azur. Ils vont faire la rencontre du peintre Emile Savitry qui les initiera au jazz. Django Reinhardt a trouvé sa voie. Année capitale 1934, création avec Stéphane Grappelli d’un quintette à cordes, patronné par le Hot Club de France et enregistrement d’un disque pour la firme Ultraphone. Après quelques difficultés de début le duo Reinhardt-Grappelli va voler de succès en succès.
Seule la guerre les séparera. Django est devenu l’un des plus grands guitaristes du Monde. C’est au moment où il allait réaliser un de ses rêves, rejoindre aux Etats-Unis le Jazz at the Philarmonic de Norman Granz qu’il est victime d’une congestion cérébrale et qu’il disparaît en 1953. Sa musique, résultat de la rencontre de l’héritage manouche et du jazz, sa technique si personnelle, due en partie à sa mutilation, son sens du swing, sa virtuosité font qu’aujourd’hui encore son œuvre est une source inépuisable d’inspiration pour tous les guitaristes. Le seul titre « Nuages » composé en 1940, se vend chaque année, depuis presque un demi siècle, à plus d’un million d’exemplaires.
Django un prénom, une légende.
Christian ESCOUDÉ (Guitare)
« Christian Escoudé, 20 ans de Trio Gitan »
Son père, tzigane et guitariste, voue une passion sans bornes à Django Reinhardt qu’il transmet, très tôt, à son fils en l’initiant à la guitare. Christian Escoudé fait partie de cette petite famille de guitaristes de jazz issus du milieu manouche : à ce titre, il s’est forgé un style de guitare dans les canons du jazz bop, largement teinté d’influence tzigane. Attiré par le jeu harmonique et l’improvisation, Christian Escoudé fait preuve d’un grand sens mélodique, de chaleur dans le phrasé et d’une belle générosité de son, il se signale par sa façon toute personnelle d’utiliser les arpèges sur les systèmes demi-ton / ton. Passé professionnel très jeune, Christian Escoudé est désormais, et plus que jamais, l’un des guitaristes européens les plus connus, son parcours est riche en expériences diverses : enregistrements, concerts innombrables et tournées avec les plus grands.
Créé en 1985 par Christian Escoudé, le Trio Gitan est une formule qui s’est déclinée au fil des ans, plus exactement sur 20 ans de notes de hautes volées pour donner aujourd’hui trois albums historiques pour un coffret d’anthologie : « Live in Marciac » avec Boulou Ferré et Babik Reinhardt, « Swing Bohemien » avec Dorado Schmidt et Babik Reinhardt, « Le Nouveau Trio Gitan » avec Jean-Baptiste Laya et David Reinhardt. Accompagnés d’un magnifique livret contenant de nombreuses photographies inédites des musiciens et des liners notes signées Francis Couvreux, ces trois disques combleront ceux qui aiment la guitare manouche lorsqu’elle n’a de cesse de défricher de nouveaux sentiers. Sa dernière création, Gypsie Planet, est entièrement consacrée aux musiques gypsies, tziganes, swing musette et rassemble les plus brillants musiciens représentatifs de ces langages : Florin Niculescu, Marcel Azzola, Darryl Hall, Jean-Baptiste Laya et David Reinhardt.
Rhoda SCOTT
(Orgue Hammond)
Née aux Etats-Unis, fille aînée d’un pasteur itinérant, Rhoda Scott grandit dans l’ambiance des petites églises noires de la Côte Est. C’est-là, en accompagnant les gospels et les Negro Spirituals dès l’âge de huit ans, qu’elle acquiert son incroyable feeling instrumental et vocal. En premier lieu autodidacte musicale, à vingt-cinq ans elle sort de la Manhattan School of Music de New York, Grand Prix du Conservatoire avec mention spéciale du jury et une Maîtrise. Elle débute chez Count Basie à Harlem où elle est adoptée par tous les grands de la musique. Elle vient en Europe pour terminer ses études de contrepoint et d’harmonie chez Nadia Boulanger à Fontainebleau. Elle passe au Midem où sa carrière internationale explose. Débutant à l’Olympia avec Gilbert Bécaud, elle le fera sept fois en vedette.
D’où vient son succès ? Un talent complet, aussi à l’aise dans la musique classique que dans le jazz, dans le Gospel ou les Blues. Douée d’une prodigieuse mémoire musicale, elle connaît plus de 1 000 morceaux par coeur, et compose la majeure partie de son répertoire scénique (plusieurs morceaux de sa composition sont devenus des standards aux Etats-Unis et y sont joués par de nombreux « jazzmen »). Elle chante avec beaucoup de sensibilité et de feeling ; elle utilise parfois sa voix comme instrument complémentaire. Sur scène, elle a la présence des grands talents et se donne entièrement à son art ; sa grande force est qu’elle est appréciée aussi bien du grand public que des professionnels du jazz. Ce n’est pas trop dire qu’elle est peut-être considérée actuellement comme la plus grande organiste de jazz du monde. Rhoda Scott a été élevée au rang d’Officier dans l’ordre des Arts et des Lettres » par le Ministère de la Culture et de la Communication.
Patrice CARATINI
(Contrebasse)

Contrebassiste, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre, Patrice Caratini entre en musique à la fin des années 60. On l’entend avec Johnny Griffin, Kenny Clarke, Lee Konitz, Chet Baker, Georges Arvanitas, Dizzy Gillespie ou Martial Solal. On l’aperçoit aussi aux côtés de Maxime Le Forestier, Georges Moustaki, Colette Magny, Georges Brassens, Renaud, Henri Salvador ou Raymond Devos. A la fin des années 70, Patrice Caratini forme avec le guitariste Marc Fosset un duo guitare - contrebasse qui se produit dans toute l’Europe. Début 1980 Patrice Caratini monte son premier orchestre le Onztet, s’associe avec l’accordéoniste Marcel Azzola et fonde le trio Mosalini / Beytelmann / Caratini qui renouvelle le langage du tango. A la même période, Patrice Caratini fait le tour des États-Unis avec le violoniste Stéphane Grappelli.
Dans les années 90, Patrice Caratini conduit la Scène et Marnaise de Création Musicale un vaste projet d’action culturelle en Seine-et-Marne. Parallèlement travaille comme chef d’orchestre et arrangeur sur de nombreuses aventures musicales et crée sur scène « Anna Livia Plurabelle » d’André Hodeir. En 1997, Patrice Caratini fonde le Caratini Jazz Ensemble qui est aujourd’hui au cœur de ses activités. Plusieurs fois primé par la presse, l’Académie du Jazz et les Django d’Or, Patrice Caratini a reçu en 2005 le Prix du Cinquantenaire de l’Académie du jazz et en 2007 le Grand Prix du Jazz de la SACEM.
Airelle BESSON (Trompette-Violon)
Sylvain RIFFLET (Saxophones - Clarinettes - Clavier)
"Rockingchair" (Chief Inspector - Abeille Musique)
Airelle Besson et Sylvain Rifflet présentent ici leur première réalisation, aboutissement naturel de leur collaboration au sein de nombreuses formations. « Rockingchair » est un souci permanent du son, une alliance toute personnelle d’univers sonores au service de compositions originales pensées pour l’ensemble. Le quintet utilise un large éventail de sons : tantôt très acoustique, tantôt rock, pop (effets électroniques). L’instrumentation variée de l’orchestre (guitare acoustique ou électrique, trompette, violon, clarinettes, saxophones, contrebasse et batterie) apporte richesse et couleurs à la musique. « Rockingchair » utilise les idées, les ressources de chaque musicien, dans une dynamique circulaire ; la créativité se fait à six, impliquant aussi la complicité de l’ingénieur du son. « Rockingchair » est un mélange entre une écriture classique et des plages d’improvisation libres ; une musique en perpétuelle évolution où l’échange et l’écoute sont les clés du langage. Bien sûr, les talents sur l’instrument des deux leaders Airelle Besson et Sylvain Rifflet donnent à l’ensemble une couleur jazz avant tout.
C’est bien là la force de cet album : réussir avec beaucoup de finesse le mariage du jazz moderne et d’une pop contemporaine, tendance indépendante.
Stéphane CHAUSSE (Clarinettes)
"Rue Longue" (Nocturne-Nocturne)

Né à Menton, dans le sud de la France, Stéphane Chausse débute la clarinette à l’âge de 7 ans. Après de brillantes études au conservatoire de Nice puis Rueil Malmaison, il intègre la classe de jazz du conservatoire national supérieur de musique de Paris.
Il devient vite un incontournable des orchestres de jazz Parisiens, aux clarinettes, saxophones et flûtes. Ses belles renocntres musicales ne cesseront d’enrichir sa carte de visite de sideman : Hervé Sellin tentet, Parisjazz big-band, Quincy Jones, Nathalie Cole, Michel Legrand, Benny Golson, Jean-Pierre Como, Nougaro, Clark Terry, Paquito D’Rivera, Stéphane Huchard…
Aujourd’hui, tout en continuant ses explorations musicales il a choisi d’investir son projet en quartet avec son premier album : « Rue Longue » aux côtés de Jérôme Regard, Alfio Origlio et Stéphane Huchard.
Dans « Rue Longue » Stéphane Chausse puise librement dans ses souvenirs d’enfance et offre à l’auditeur, un voyage personnel dont les influences classiques et méditerranéennes créent un climat riche en couleurs, intime et émouvant.
Anne PACEO (Batterie)
Révélation Scène 2007/2008
Anne Paceo est une interprète au talent éclaboussant. Il faut entendre sa sonorité, sa frappe précise et lumineuse, l’écouter suivre, précéder, provoquer ses partenaires. Soutien rythmique infaillible, passion du jeu, écoute, interaction, créativité de tous les instants… « Cette diablesse caresse ses peaux avec toucher et une rude efficacité » (Jean-Michel Proust). Talentueuse et passionnée, Anne Paceo se voit confier, une résidence de création hebdomadaire à La Fontaine de Paris, de 2004 à 2006, elle anime une centaine de jam-sessions mais surtout offre une cinquantaine de concerts, qui lui permettent de définir ses groupes, de détailler ses univers et de rechercher sa musique. Puis en 2006 et 2007, Anne Paceo enchaîne une résidence mensuelle au Duc des Lombards retransmise en direct sur France Musique dans l’émission « Jazz Club ». Anne Paceo y explore différentes pistes, du trio au quintet, elle solidifie les intensions du Anne Paceo Triphase et créé le Anne Paceo Quartet, deux groupes qu’elle fait aujourd’hui tourner. Programmée dans plusieurs festivals en 2007, Jazz sous les Pommiers, Festival des Cinq Continents, Calvi Jazz Festival, Jazz à Saint-Germain-des-Prés, entres autres. En mai 2007 au Smalls à New York, Billy Hart lui fait la surprise de lui confier les baguettes en plein milieu du deuxième set devant Wynton Marsalis, Ben Street et Adam Cruz.
Anne Paceo aux côtés de Leonardo Montana au piano et Joan Eche-Puig à la contrebasse, pour Anne Paceo Triphase, prépare son premier album dont la sortie est prévue à l’automne 2008 sur le Label Laborie Jazz, distribution Naïve.
Manu KATCHE (Batterie)
"Playground" (ECM - Universal Music)
Par la souplesse féline de son drive, la précision de sa mise en place, la sophistication ascétique de ses grooves mêlant de façon très originale la complexité des métriques africaines, la rigueur rythmique de la tradition occidentale et le sens de l’interaction propre au jazz, Manu Katché est incontestablement l’un des batteurs les plus singuliers et polyvalents apparus au cours de ces vingt dernières années sur la scène musicale contemporaine. Partenaire privilégié des plus grandes stars, fascinées par sa façon inimitable d’insuffler un supplément d’âme à des cadres souvent rigides et formatés, Manu Katché, irrésistiblement attiré par le raffinement et la liberté du jazz, prit très vite la tangente pour s’engager dés le tournant des années 90 dans une carrière parallèle plus confidentielle, aux côtés notamment du grand saxophoniste norvégien Jan Garbarek. Il faudra pourtant attendre 2005, et l’enregistrement pour ECM de son premier disque en leader, « Neighbourhood », pour que Manu Katché s’autorise enfin à révéler la véritable nature de sa propre musique : un jazz résolument moderne, raffiné et sensuel, constamment mélodique, étonnant d’équilibre spontané entre maturité formelle et fluidité expressive.
C’est dans le prolongement de ce formidable « coup d’essai » que Manu Katché signe un nouvel opus, « Playground », tout aussi magistral. Le quintet remanié est toujours aussi fortement structuré sur l’entente quasi-télépathique du batteur avec le couple formé par le pianiste et le contrebassiste polonais Marcin Wasilewski et Slawomir Kurkiewicsz, mais Jan Garbarek et Tomasz Stanko ont laissé leur place à deux des musiciens les plus en vue de la jeune scène jazz norvégienne : le saxophoniste Trygve Seim et le trompettiste Mathias Eick. Manu Katché octroie une grande liberté aux solistes sans jamais perdre la maîtrise de la forme globale et réussit à développer une musique atmosphérique aux architectures mobiles et légères, d‘une grande subtilité harmonique, constamment lyrique et volontiers mélancolique. Incontestablement un grand leader est né. [Stéphane Ollivier]
Hélène LABARRIERE (Contrebasse)
"Les temps changent" (Emouvance - Abeille Musique)

Et toi, tu fais quoi ? Musicienne. Génial, quel instrument ? Contrebasse. Classique ? Non, Jazz et toutes les musiques associées, surtout celles qui laissent une grande part à l’improvisation. Tu joues dans un orchestre ? Oui, enfin dans plusieurs. Il y a les musiciens avec qui j’ai commencé à jouer dans les années 80 comme Gérard Badini ou Johny Griffin, et puis ceux avec qui j’ai continué dans les années 90 comme Eric Barret, Marc Ducret ou mes amis autrichiens comme Wolfgang Puschnig ou Klaus Dickbauer. Et puis les camarades d’aujourd’hui, Sylvain Kassap, Jacky Molard, Dominique Pifarely, mon nouveau groupe « Les temps changent » avec François Corneloup, Hasse Poulsen et Christophe Marguet, et même quelque fois des concerts en solo. « Les temps changent », parce que la musique ce n’est pas seulement du son mais aussi de l’espace et du temps, ce n’est pas uniquement à 4 temps ou à 3 temps, ni même à 5 temps ou à 7 temps, mais aussi à pas de temps ou encore à beaucoup de temps, et qu’on s’amuse avec tout cela. « Les temps changent », et nous changent, parce qu’un groupe c’est aussi la somme de toutes ces rencontres, et que le temps déjà passé ensemble et séparément, contribue à nous faire construire, déconstruire et reconstruire la musique dans l’instant. « Les temps changent », ici et ailleurs, parce que nous ne sommes pas sourds au monde qui nous entoure, l’urgence de jouer et de dire est toujours plus vivace. « Les temps changent », un autre musicien l’avait déjà dit il y a quelques temps, parce que ce groupe ne s’embarrasse pas d’avoir ou de ne pas avoir une quelconque référence. « Les temps changent », l’amitié, les expériences partagées, la nécessité de construire encore et toujours...D’aller de l’avant...Avec gourmandise...
Louis WINSBERG (Guitare)
"Douce France" (e-motive records - Nocturne)
Louis Winsberg aborde la guitare à l’âge de douze ans, avec des amis gitans, le groupe Los Reyes devenus les Gypsy King puis Louis Winsberg étudie la guitare classique pendant deux ans et travaille le jazz en autodidacte. C’est en 1984 que la rencontre avec Jean-Pierre Como et Paco Sery donne naissance à Sixun, avec lequel il enregistrera neuf albums, trois clips et effectuera de nombreuses tournées en France et à l’étranger. Louis Winsberg s’intéresse considérablement aux musiques ethniques et à leur aspect rythmique, l’ensemble « Jaleo », en est une preuve indéniable, à la croisée des chemins entre Andalousie, Camargue et Inde, Louis Winsberg exalte l’essence même des rythmes : mélange flamenco, prière bouddhiste et instruments contemporains. Louis Winsberg est un guitariste au parcours unique dans le paysage musical européen, dont le style, le son et le phrasé sont immédiatement identifiables.
Reconnu pour sa personnalité et son immense musicalité, cet artiste aux multiples racines, peut se vanter d’une carrière exemplaire : en leader ou en sideman, il n’a jamais cessé d’être lui-même. Lorsque Miles ou Coltrane jouent des thèmes comme « Someday my prince will come » ou « My favorite things », ils se réfèrent le plus souvent à la comédie musicale, au cinéma ou à la chanson américaine. Ces mélodies là, ils les tiennent de leur jeunesse, voire de leur enfance ; elles font parties de l’inconscient collectif de la culture américaine. Improviser sur une mélodie que l’on a en soi depuis toujours, voilà ce qu’ils font, et c’est également ce que Louis Winsberg fait avec son trio « Douce France », en se laissant guider par son instinct de musicien. De William Sheller à Claude Nougaro, en passant par Laurent Voulzy, Georges Brassens, Serge Gainsbourg et d’autres, Louis Winsberg nous livre, sans nostalgie aucune, « sa » Douce France…
Thomas DUTRONC et les Esprits Manouches
Quand Thomas Dutronc ne joue pas à perdre haleine avec ses amis manouches, il bricole des chansons avec ses copains d’enfance, parce cela le travaille aussi, évidemment. Et petit à petit, les expériences acquises et les rencontres de hasard aidant, tout cela le mène vers un spectacle fait de pans de rêves éparpillés, de sketches foutraques, de bouts de ficelles incandescentes et, surtout, surtout, de fraternelle créativité : « Thomas Dutronc et les Esprits Manouches ». Le quartet de base constitué par Thomas Dutronc à la guitare, Stéphane Chandelier à la batterie, Jérôme Ciosi et Bertrand Papy à la guitare ou à la basse, évolue au fil des morceaux, s’étoffe peu à peu, recréant une ambiance conviviale, ouverte et festive. Comme s’ils se retrouvaient entre eux, autour d’un canapé, un bar, les invités de Thomas Dutronc réussissent à faire partager l’amour de la musique acoustique et improvisée, réaniment les esprits manouches dans un univers visuel et musical avec une mise en scène riche et variée de Mathieu Chédid et Cyril Houplain. Mieux qu’un concert, c’est un vrai spectacle qui révèle un artiste original et généreux.
Andy EMLER MegaOctet
Après des mues successives, le MegaOctet créé en 1989 et dirigé par Andy Emler demeure « ce laboratoire des plus belles audaces » tel qu’André Francis le présenta un jour. Cette formation n’est jamais sur le terrain musical où on l’attend. Trop turbulente, trop festive pour n’être qu’un mini big band de jazz convenu et, trop virtuose, trop extravagante pour endosser le rôle de l’orchestre de divertissement haut de gamme. Andy Emler est un « tambouilleur » d’esthétiques multiples, doublé d’un compositeur singulier, surprenant et joueur. Partageur de plaisir, il est accompagné d’une tribu de talentueux voltigeurs, improvisateurs inspirés, qu’il met en valeur individuellement au sein d’un orchestre homogène et bourré d’énergie, qui, à l’instar d’autres projets amis, pratique ce que son leader nomme « une musique européenne vivante de début de siècle »
Bernard LUBAT Vive l’Amusique !
Théâtre musicien citoyen gasconcubin « tout monde ». Le genre ? Psy-comédie poïélitique autobiograffitique. Spectacle clownesque philosophe (philos’autres). Concert déconcentralisé, théâtre douteur, tchatche enmusiquée, musique entchatchée (psy-causeries circonférencielles, entchatcheries circonstancielles, crises d’éclats de dire). Le sujet ? Glissement dit progressif du plaisir sur le comme est dit de la vie, le qu’on médit de la vie… le commet… dit… de la vie ! Néo-posture compost-cure : un jeu nouveau neuf qui invente ses règles, pas ses lois ! Une règle de jeu (de je, de j’use, de jazz) précipitée d’ici - d’en haut en bas - de long en marge - sur le fil du hasard et de ses contractualités : la scène mise en obstacle comme lieu de passage - enfantillage remis au centre - visage voyage au cœur d’extrêmementielles périphéries intérieures. L’histoire ? Les tiers-états coupables (masse noire manquante comprise) encours en branle en danse d’un musicien blanc pas clair… in extremiste en piste ! Oraliste jazzcognitif - Impro-vis-à-vis-acteur à tort et des raisons - Malpoly-instrumentiste hors-cadre (perturbateur jazz bâtard pur, sex-cymbal (pas) de quartier, pianoseur pianosé, désaccordéoniste échangiste, persécutionniste paysagiste), Vocalpiniste démondialiste (scatrap conteur fabuliste, désenchanteur de charme). Complositeur de musique mé-contemporaine… rythmniqué de la tête aux pieds ! Les tiers-états à son insu-portable (Pi 3,14 compris) en transe entier en tranche d’un artiste avant gardiste attardé (section avant garde champêtre)… sous réaliste en l’utopiste.
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Archives / édition du 15 au 23 novembre 2008



























