DANSES ET MUSIQUES DU MAWLED / EMIRATS ARABES UNIS
Avec le National Folk Arts Group
Vendredi 29 avril à 20h30
Samedi 30 avril à 20h30
Maison des Cultures du Monde
101, Boulevard Raspail
75006 Paris
M°Saint-Placide / Notre-Dame des Champs
Le mawled est la célébration, le premier jour du mois rabi al-awwal, de la naissance du prophète de l’Islam, Mohammad. Si les musulmans des premiers siècles ne fêtent pas cet anniversaire, (le Coran et la sunna n’en faisant pas mention), le mawled est attesté au Moyen-Orient dès le xiie siècle de l’ère chrétienne. Certaines sources font même remonter son origine à l’Egypte des Fatimides, au xe siècle. En dépit d’une légitimité religieuse parfois contestée, le mawled est aujourd’hui célébré dans la majorité des pays musulmans : Tunisie, Mali, Sénégal, Indonésie, Ouzbekistan et bien d’autres commémorent la naissance du prophète. Le chant et la musique jouent un rôle central dans cette cérémonie qui est aussi une tradition festive et familiale.
Aux Émirats Arabes Unis, particulièrement à Abu Dhabi et à Dubai, les prières et la musique du mawled peuvent accompagner d’autres événements de la vie des croyants, par exemple la nuit du jeudi au vendredi, jour de prière, ou la circoncision des jeunes garçons. La cérémonie peut avoir lieu à la maison ou au sein de la mosquée auquel cas elle se déroule toujours sans aucun instrument à percussion.
Le chanteur soliste, accompagné d’un chœur, récite le madîh nabawî, un chant de louange et d’amour adressé au prophète et à sa famille. Le chœur est disposé en deux rangs assis qui se font face. Le premier rang, ahl al samaa, chante les versets et s’accompagne au rythme des tambours tars. Le second, al radida, lui répond en répétant les phrases clés. Au centre du premier rang se tient le maître de cérémonie, le sheikh.
Le mawled se divise généralement en deux parties. La première est généralement consacrée à la lecture de la vie du prophète, tout l’art résidant dans la clarté de la diction et la pureté de la prononciation en langue arabe. Le chœur ponctue la récitation modulée du sheikh par des exclamations, parfois des formules chantées. La seconde partie est celle de l’éloge de la perfection de Dieu. Le poème est chanté en interaction par les deux rangs du chœur qui se répondent. Le chant mélismatique du sheikh plane sur l’ensemble tandis que les târ battant le rythme entraînent les participants dans un balancement qui peut les conduire vers un paroxysme proche de l’extase.
Le National Folk Arts Group n’est pas une troupe folklorique comme son nom pourrait le laisser entendre. Conscient des enjeux posés depuis un demi-siècle à l’identité et à la culture traditionnelle emiraties par une modernisation économique à marche forcée, le ministère de la culture a encouragé cette formation à devenir un espace de transmission des patrimoines musicaux, chorégraphiques et poétiques émiratis comme cela se faisait autrefois. Toutes les générations y sont donc présentes, des aînés garants de l’authenticité des répertoires aux jeunes apprentis adolescents.
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