Spectacles et musiques du monde

A la une

SAMIRA BRAHMIA

le 20 décembre 2018 au Festival international Dimajazz à Constantine, Algérie

SAPHO

SAPHO Chante Barbara le Mercredi 12 Décembre 2018 au New Morning à Paris

RENE LACAILLE

RENE LACAILLE EK MARMAILLE / BONBON VODOU / SUISSA (DAVID) en concert le Vendredi 14 Décembre 2018 au Hasard Ludique Paris (75)

JUAN CARMONA

En concert en Décembre 2018

Debademba

le Vendredi 21 Décembre 2018 à 21h au Studio de l’Ermitage à Paris

Soeur Marie KEYROUZ

Le 15 Décembre 2018 en concert avec l’Ensemble de la paix à Aubenas, Église Saint Laurent

Khalil Chahine

le 12 décembre 2018 au Studio de l’Ermitage

Isabelle Georges

du 27 au 29 Décembre 2018 au BAL BLOMET (Paris 15ème)

BLICK BASSY

En concert en Décembre 2018

HASNA EL BECHARIA

En concert en Décembre 2018

HARPREET BANSAL

le Jeudi 20 Décembre au Sunset Sunside Jazz Club

ALUNE WADE

Le 10 Décembre 2018 à L’Européen à Paris

BEIHDJA RAHAL

Le Samedi 15 décembre 2018, à 19h30 , Auditorio Nacional de Madrid, Espagne

Elie Maalouf

15 Décembre 2018 en concert avec Soeur Marie Keyrouz et l’Ensemble de la paix à Paris

Ballet de l’Opéra National de Kiev

Le légendaire ballet « Casse-Noisette » sera du 23 décembre 2018 au 6 janvier 2019 au Théâtre des Champs-Elysées à Paris

Jacques VIDAL

le 10 décembre 2018 au PAN PIPER à Paris

Aziz Sahmaoui

le Vendredi 20 décembre 2018 à Paris au festival Africolor

AYWA

le 15 Décembre 2018 au Tissé Métisses Festival à Nantes

Claus Drexel

AU BORD DU MONDE

AU BORD DU MONDE

Un film de CLAUS DREXEL sortie le 22 JANVIER 2014

La nuit tombe. Le Paris « carte postale » s’efface doucement pour céder la place à ceux qui l’habitent : Jeni, Wenceclas, Christine, Pascal et les autres.

A travers treize figures centrales, Au bord du monde dresse le portrait, ou plutôt photographie ses protagonistes dans un Paris déjà éteint, obscurci, imposant rapidement le contraste saisissant entre cadre scintillant et ombres qui déambulent dans ce théâtre à ciel ouvert.

Espace Saint-Michel

Séances à 13h00, 14h50, 16h40, 20h15, 22h00

Séance-débat en présence de Claus Drexel le mercredi 22 janvier 20h15, avec l’association Les Enfants du Canal. Intervenant : Christophe Louis, directeur des Enfants du Canal et des Morts de la rue

Séance-débat en présence de Claus Drexel le vendredi 24 janvier 20h15, avec l’association Action froid. Intervenant : Laurent Eyzat, Président de l’association Action Froid

Claus Drexel - Biographie

Claus Drexel, originaire de Bavière, a passé une grande partie de sa vie en France.Après des études scientifiques et techniques à l’Université de Grenoble, il travaille tout d’abord comme ingénieur du son. En 1991 il s’installe à Paris pour y étudier le cinéma. Pendant son cursus, il travaille pour plusieurs sociétés aux Etats-Unis, dont LucasFilm, et participe à un projet autour de la mise au point technique d’une caméra à effets spéciaux avec la société munichoise ARRI.

Après la fin de ses études, il travaille comme directeur photo sur une dizaine de films.
En 1996 il passe à la mise en scène et réalise trois courts-métrages : "C4" (1996), "Max au Bloc" (1998) et "La Divine Inspiration" (2000), avec Keir Dullea (acteur principal de "2001 – L’Odyssée de l’Espace"). Ces films sont sélectionnés dans plus de cent festivals sur les cinq continents et remportent de nombreux prix.
En 2007, il tourne le long-métrage, "Affaire de Famille", avec André Dussollier, Miou-Miou et Eric Caravaca, sorti sur les écrans en juin 2008. Le scénario est lauréat des ‘Trophées du Premier Scénario’ du CNC et le film remporte le prix du ‘Meilleur Film Européen’ au 25ème Avignon Film Festival.

En 2012, Claus Drexel réalise la mise en images de l’opéra "Le Bal" d’Oscar Strasnoy au Théâtre du Châtelet et la mise en scène de la "Passion selon Saint Matthieu" de Jean-Sébastien Bach au Cirque d’Hiver.
En 2013, son film documentaire "Au Bord du Monde", sur les sans abri parisiens, est présenté dans la sélection de l’ACID au Festival de Cannes 2013. Puis au festival de Vancouver, Hambourg, Tubingen …
Il écrit actuellement son troisième long-métrage, pour lequel il a bénéficié d’une aide à l’écriture du CNC.

Note d’intention

Donner la parole
Depuis des années, j’étais poursuivi par l’envie d’aller à la rencontre des sans-abri de Paris, ces fantômes qui hantent les trottoirs de la ville et les couloirs du métro, omniprésents mais invisibles aux yeux de celui qui passe sans s’arrêter. Je cherchais à savoir ce que ces personnes ont à dire sur le monde et ce qu’elles pensent de la vie. Plus qu’une réponse à une curiosité médiatique sur la raison qui les a amenés à la rue, je voulais leur donner la parole, tout simplement.

La quête d’une vérité plus profonde
Mus par la volonté d’aller sous la surface des choses et d’y trouver une vérité plus profonde, il nous fallait connaître intimement les personnes ayant accepté de nous offrir leur parole. Ainsi, nous avons passé un an avec les gens de la rue pour prendre le temps de nous apprivoiser mutuellement, à l’instar du Renard et du Petit Prince. Les entretiens n’ont pas été menés sous forme d’interviews, mais comme de longues discussions entre amis. Du fait de cette intimité, les mots présents dans le film sont quelque chose de très précieux qui m’a été confié et dont je me sens désormais responsable. Avant d’être le réalisateur d’un film, je suis l’ambassadeur de ces paroles. C’est pourquoi ce film tient une place si importante dans ma vie et dans mon cœur.

Face à face
La seule manière de filmer autant de générosité, de sincérité et d’authenticité était le plan frontal, avec une caméra fixe, près du sol, à hauteur de ceux qui ont accepté de nous parler, le regard très proche de l’objectif. Cette manière de placer le spectateur face à face avec le sujet est inspirée du travail des photographes Walker Evans et August Sander. Elle donne force et dignité aux personnes filmées et agit comme un miroir pour le spectateur. Chez Sander, l’origine sociale du sujet photographié est toujours manifeste, mais c’est la grâce du visage humain qui est au centre de l’image. Nous inscrire dans la lignée de cette démarche humaniste était fondamental pour nous.

L’enfer se mêle au paradis
Nous avons confié l’image du film à Sylvain Leser, car son travail photographique mené sur les sans-abri depuis plusieurs années est profondément emprunt d’humanisme. Par ailleurs, il sait donner à chaque image l’inquiétante étrangeté d’un Giorgio De Chirico, la puissance d’un Caravage ou le sublime d’un Jérôme Bosch, où l’enfer se mêle au paradis. Car c’est bien ici l’un des thèmes centraux du film : entre l’insolente magnificence de la Cité d’Or et la simplicité de ceux qui habitent sous ses ponts, où est l’enfer et où est le paradis ?

Une fable urbaine
Le film s’ouvre et se ferme en musique. Il commence avec le prélude de « Parsifal », l’opéra-testament de Richard Wagner, qui voulait exprimer avec cette œuvre la régénération de l’humanité par la compassion. Associée aux images de Sylvain Leser, cette musique installe le film dans un monde légèrement différent du nôtre, dans une ville fantomatique, vidée de toute vie, à part celle des sans abri qui nous reçoivent « chez eux » et qui semblent être les seuls survivants d’un Paris post apocalyptique.
Le film se clôt sur le « Nessun dorma » (Que nul ne dorme), extrait de « Turandot », dernier opéra de Puccini. Les paroles de cet air si célèbre accompagnent parfaitement les images finales du film et lui donnent une signification supérieure au moment où les personnages sont nommés et nous leur disons au revoir.

Le soleil se lèvera-t-il de nouveau ?
Ma volonté initiale, avec ce film, était de partir à la découverte des gens de la rue. Mais cette année passée parmi eux, m’a bouleversée bien plus que je n’aurais pu le croire. Dans un monde en perte de repères, où la philosophie a été rendue au silence par l’obsession consumériste, ceux que l’on considère comme les rebuts de la société m’ont donné une véritable leçon d’humanisme. Au cœur de leurs propos, il est question des choses essentielles de la vie : d’amour, d’amitié et de respect de l’autre. C’est peut-être parmi les sans-abri que se trouvent les derniers philosophes de la Ville Lumière. Ils nous parlent d’un retour aux fondamentaux, seul espoir que le soleil se lève de nouveau sur notre époque crépusculaire. Au final, leur parole illumine le film, bien plus que la splendeur des images.



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