Spectacles et musiques du monde

A la une

Sidi Wacho

24 juillet 2020 au Festival des Confinés au Cabaret Sauvage / Entrée Libre

Santa Casa Alfama 2020

Festival de Fado qui se tient dans les ruelles du quartier typique de Lisbonne les 2 & 3 Octobre 2020 à Alfama - Lisbonne -Portugal

La Caravane Passe

Samedi 25 juillet 2020 au cabaret sauvage - GRATUIT - Festival des Confinés

Moh Kouyaté

Le Mardi 21 juillet 2020 à Toulouse, dans le cadre du festival Convivencia

Meryem Koufi

le Samedi 18 juillet 2020 à Arles

SOFIANE SAIDI

En concert en Juillet 2020

RAY LEMA

20 septembre 2020 à 16h au Parc Floral de Paris - Scène Delta

Etienne MBAPPE - trio NEC

16 août 2020 16h au Parc Floral de Paris - Scène Delta

RICHARD GALLIANO

Le Mardi 21 juillet 2020 au NICE JAZZ SUMMER SESSIONS à Nice

Belmondo Quintet

le Lundi 20 juillet 2020 au NICE JAZZ SUMMER SESSIONS à Nice

Nice Jazz Orchestra - NJO

Le Dimanche 19 juillet 2020 au NICE JAZZ SUMMER SESSIONS à Nice

André Ceccarelli

Samedi 18 juillet 2020 NICE JAZZ SUMMER SESSIONS à Nice

LIZ MC COMB

Le Vendredi 17 juillet 2020 au NICE JAZZ SUMMER SESSIONS à Nice

ZOUFRIS MARACAS

Samedi 11 Juillet 2020 à Limoges , dans le cadre du festival URBAN EMPIRE

KASSAV

Le Vendredi 23 juillet 2021 aux Arènes De Bayonne

Rhoda Scott

Le Vendredi 24 juillet 2020 au Festival "Jazz sous les étoiles" à Jardins d’Albertas à Bouc Bel Air

Chimene Badi

Dimanche 20 Septembre 2020 à la Bourse du Travail à Lyon

MAYRA ANDRADE

Mercredi 23 Septembre 2020 à l’ Olympia à Paris

KATIE MELUA

25 septembre 2020 à l’ Olympia

ORCHESTRE NATIONAL DE BARBES - ONB

Le Vendredi 24 Juillet 2020 au FESTIVAL DE NEOULES

KASSAV

En concert en Aout 2020

KATIA GUERREIRO

En concert en Juillet 2020

Chimene Badi

Concerts

2020

Dimanche 20 Septembre 2020 15h30 Bourse du Travail à Lyon

Dimanche 11 Octobre 2020 à 17h au au CASINO DE PARIS

Dimanche 13 Décembre 2020 15h00 au Palais Des Congres de Digne Les Bains



Biographie

Elle s’appelle Chimène Badi. Elle a vendu plus de trois millions de disques. Elle était une héroïne d’un conte de fée cathodique. Elle était chez nous tout le temps, partout, matin midi et soir. Elle chantait de sa voix puissante dans le petit corps de toutes les télévisions et radios de France. Puis elle a disparu. On a alors dit qu’elle était fatiguée d’être entendue et pas simplement écoutée. C’est toute l’histoire de la France des malentendus, pays de la douce romance qui n’aime pas forcément les réussites fulgurantes. Chimène Badi s’est éloignée volontairement dans son Sud natal, pour faire le point et reprendre pied avec sa réalité. Elle revient aujourd’hui avec un nouvel album qui lui ressemble. Adouci et maîtrisé. Elle semble ne plus avoir peur de rien. Elle vous regarde fixement, sans peur d’être jugée. Elle se tient droite, comme si elle avait besoin de vous montrer qu’elle a repris le contrôle sur elle-même. Une renaissance. Cette formule qui fleure bon le cliché n’est finalement rien lorsque Chimène vous raconte, le regard en feu, à quel point son nouvel album est pour elle un recommencement. Elle ose même dire à demi-mots : « C’est comme mon tout premier album… »

Entre New York, Paris et Bruxelles, la mutation s’est réalisée sous la houlette du producteur américain Scott Jacoby entouré d’une section rythmique abrasive, avec notamment Graham Hawthorne à la batterie (Paul Simon, Suzanne Vega…) et la panthère volcanique Gail Ann Dorsey à la basse, qui enfièvre depuis longtemps la musique de David Bowie. Après trois années de silence, Chimène a décidé d’écrire elle-même le scénario de son histoire musicale. A la recherche d’elle-même, elle confesse alors que lorsqu’on lui a demandé quelle direction artistique elle désirait pour son album, elle a fondu en larmes et a simplement dit : « Je veux chanter ». Parce que cela lui avait tellement manqué et parce qu’elle avait compris que chanter ne signifie pas démontrer par la force ou écraser par la technique. La voix raconte donc, densité en pleine poitrine, ce que l’intimité de Chimène Badi était enfin prête à exposer. Voici la règle du jeu que Chimène assène désormais : « Laisse-les dire » en guise de premier single de son tout nouvel album. Avec les mots de Pierre-Dominique Burgaud, elle tourne le dos aux jugements qui l’ont parfois salie de leurs yeux. Assagie ou rassérénée, elle se chante à elle-même « laisse le venin couler et à quoi bon lutter contre les vents et les marées… » Libérée des rumeurs de centre ville, Chimène Badi peut assumer son envie d’écrire. Et prendre le risque d’être dévoilée. La clé d’entrée du disque se situe là, avec la chanson « D’une fille à sa mère » qu’elle co-écrit et compose avec son ami Olivier Bron. A l’âge des possibles, Chimène s’adresse à sa mère pour la remercier et surtout pour lui offrir la chance de poursuivre aussi son chemin sans elle. C’est un album de guérison. Pour s’affranchir du regard des autres (permanent et pesant), de l’amour de sa famille (beau et sans limite), de ses racines musulmanes (assumées mais pas revendiquées), de tout ce qui empêche de prendre le large. Le large, elle l’a pris à New York où elle va se réaliser avec son producteur Scott Jacoby, qui avait fait la démarche de venir la rencontrer chez elle pour ne pas la tromper. La vérité droite dans les yeux de Chimène. « C’est la première fois que l’on s’adressait à moi, avant de s’adresser à ma maison de disques… » Complicité immédiate, le cahier des charges est simple. Réussir à être élégant et simple à fois. Chimène Badi ne voulait pas d’un album hollywoodien. Un disque de casting qui fait genre. C’est donc une équipe resserrée qui travaille autour d’elle en direct dans le mythique Studio Avatar à New York. Ambiance studieuse, et de groupe. Pour la première fois Chimène Badi n’est pas la chanteuse avec des musiciens qui volent autour d’elle. Ils sentent et transcendent la détermination de l’artiste. L’album est ainsi une sorte de preuve tangible de sa conquête de sérénité. Elle chante « En équilibre », ballade autobiographique d’une artiste recentrée sur son identité, entre chien et loup, entre yin et yang, entre sa force instinctive et sa fragilité de femme toujours bouleversée. Toujours perméable à la brutalité du monde extérieur, Chimène est une éponge qui sait que « l’avenir donne plus de devoirs que de droits », tout en citant la phrase de Nietzche (« Ce qui ne tue pas rend plus fort ») devenue une sorte de slogan pour un siècle qui a perdu la foi. « Froid » chante-t-elle aussi, la voix presque glacée, subtilement voilée, pour s’excuser d’être une fille d’aujourd’hui qui a toujours peur de demain. Sur son fil de funambule, Chimène a enfin trouvé sa voix. De haute volée, au percuté Piaf, à la brisure Chapman et à la rondeur de Stevie. Ce qui signifie aussi que Chimène Badi n’a pas seulement choisi la mélancolie pour habiller sa nouvelle silhouette. Elle sait aussi mettre un tigre dans son moteur pour cuivrer les tempos qui parfois s’accélèrent naturellement. A l’image de « J’ai lu ton nom », marche triomphale qui célèbre sur les trottoirs miroirs de la terre promise d’Amérique la mue d’une artiste décomplexée mais toujours française. Elle se lâche vraiment lorsque l’enjeu intime est moins fort à l’image de « En vous », sorte de prière écrite par Grand Corps Malade, pour avouer à son public qu’il est bien toujours sa plus belle histoire d’amour. Ou encore « The only one », duo jubilatoire avec la voix volcanique de Maiysha, chanteuse américaine encore inconnue en France… Le rythme et le blues sont finalement deux mots qui vont bien ensemble quand on rencontre Chimène. Le blues, elle le chante à sa façon dans un couple de chansons harmonieuses. « La remontrance » écrite par Jérôme Attal et composée par Alain Lanty et « Je ne marcherai pas » du tandem Alexandra Ross et Gérard Duguet-Grasseur, qui toutes deux illustrent bien cette volonté de Chimène Badi de ne plus revenir en arrière et d’être en paix avec elle-même. Du blues encore, extrême cette fois, avec la magnifique complainte de Jean-Paul Dréau « Un jour de trop », qui s’inscrit dans la lignée des grandes chansons d’ici et non d’ailleurs. De l’énergie à revendre, du spleen à canaliser. Finalement cet album est une quête parfaitement définie. Celle du point central entre ces deux énergies musicales qui ont fait une partie de l’histoire de la musique et de celle de Chimène Badi réellement née (de fait) en « Septembre 94 ». L’heure de la sixième avait sonné et Chimène entre son dégoût d’un monde hostile et ses rêves d’Olympia venait de choisir son destin. Entre les rythmes et les bleus au cœur, les yeux de Chimène Badi enfin en lettres de feu.

Par Didier Varrod.


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