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Moh Kouyaté

En concert en Décembre 2017

Cheick Tidiane Seck

toute l’actualité du "guerrier"

2017

le Samedi 16 décembre à La Petite Halle
211 avenue Jean Jaures, 75019 Paris


Reportage au Pan Piper Paris avec le Grand Guerrier Cheick Tidiane Seck



reportage au Babel Med Music 2013 © Salah Mansouri


SANDRA NKAKE & Cheick Tidiane SECK

Reportage au festival SUN ART © Salah Mansouri


Biographie

Treize ans après le majestueux Sarala (1995), cinq ans après l’ambitieux MandinGroove (2003), Cheick Tidiane Seck, le guerrier toucouleur des claviers, est de retour. En douze titres fluides et organiques, Cheick Tidiane Seck impose aisément l’une de ses plus belles réalisations musicales.

Depuis trente-cinq ans, l’organiste malien est de toutes les aventures musicales, du jazz aux musiques d’Afrique, d’Inde, en passant par le groove international ou la pop française et le hip hop. Vétéran du légendaire Rail Band du Buffet Hôtel de la Gare de Bamako, pionnier du Moog en Afrique de l’Ouest, membre fondateur des Asselars, il devient un pilier de la fertile scène ivoirienne de la fin des années 1970.

Il s’installe finalement à Paris en 1985, en pleine explosion des musiques africaines, où il se fait rapidement connaître comme l’un des plus valeureux musiciens de session et de live de sa génération. S’il ne remporte pas le succès immédiat d’un Mory Kanté ou d’un Salif Keita, son travail s’inscrit dans la durée.

Depuis de nombreuses années, les mélomanes apprécient son parcours. Qu’on le croise aux côtés d’Hank Jones, d’Ornette Coleman, de Living Colour, de Salif Keita, d’Amadou & Mariam, Dee Dee Bridgewater ou Joe Zawinul, sa touche personnelle, nourrie des vibrations de musiques noires américaines, fait toujours la différence.

Pivot de la scène musicale malienne contemporaine, il vient de produire et d’arranger de nouveaux disques attendus, comme ceux d’Oumou Sangaré, de Kassé Mady Diabaté et de Sory Bamba, que l’on croise sur son nouvel album. Salut hip-hop, boubou immaculé, grand sourire et portable à l’oreille, on finit forcément par croiser Cheick Tidiane Seck dans les nuits de Bamako, où il se produit souvent lorsqu’il ne peaufine pas son disque ou réalise ceux de ses collègues.

Son deuxième véritable album a longtemps mûri à Bamako, entre le studio Bogolan et celui de Oumar Diallo dit "Barou Bleny", le bassiste d’Afel Bocoum. D’Oumou Sangaré à Toumani Diabaté, d’Amadou & Mariam à Bassekou Kouyaté, de Kassé Mady Diabaté à Habib Koité, de Kaniba Woulé à Mangala Camara, de Djélimady Tounkara à Baba Salah et Petit Adama, entre autres, la plupart des grandes vedettes maliennes ont participé à ce nouvel opus, sans parler de ses amis Manu Dibango, Dee Dee Bridgewater, Guy Nsangué ou Paco Séry... Loin de peser sur le disque, ces featurings forment un ensemble redoutablement cohérent.

Cheick chante, joue de la guitare, du piano et de la calebasse sur Oh, Lord !, un titre qui évoque l’absurdité des guerres fratricides, notamment le conflit ivoirien. Il a écrit ce morceau à « Versailles », la maison d’Amadou & Mariam située non loin de l’aéroport de Bamako-Sénou, alors qu’il attendait un avion hypothétique pour se rendre à Abidjan, Cheick renoue avec la tradition folklorique de son enfance, qu’il passa à Sikasso, royaume sénoufo, lui, le natif de Ségou, capitale du pays bambara.

Sibalan Koné est un hommage à un grand chasseur bambara sur un rythme typique de Ségou. On entend ici les sonorités du bara, un grand tambour cérémoniel. Amadou Bagayoko et Habib Koité jouent chacun de la guitare, qui se marie parfaitement aux touches d’orgue de Cheick.

Le superbe Mougoutari est un autre hommage à un grand chasseur malinké, célèbre, craint et respecté des animaux. Ancré dans la tradition, ce titre illustre un mouvement moderne et syncopé dans le bon sens du terme. En roue libre, la kora de Toumani et la guitare de Djélimady accentuent sa beauté immédiate.

On entend toutes les couleurs du Nord du Mali sur Mali bero, un morceau songhaï qui signifie « Grand Mali », un titre qu’il jouait déjà en version instrumentale à l’époque du Rail Band. Afel Bocoum ajoute ici une mélodie nouvelle. Le morceau est plus réarrangé que modernisé.

Neben’ makoum a été écrit avant un déplacement au Togo où il était invité par Souleymane Koly à diriger la partie musicale d’un spectacle pour la paix entre les ethnies, qui retraçait l’histoire du pays, avec trois cents musiciens ! « J’ai juste pris ma guitare et j’ai commencé à chanter le titre en compagnie de Awa Sangho » glisse-t-il, modestement. Cette chanson lui ressemble, pleine d’âme et exubérante.

Porté par des chœurs sensuels et une incursion ragga, Bakoromba évoque l’enfance. Il s’agit d’une cérémonie spéciale pour les enfants, similaire à Halloween, où l’on se tatoue tout le corps avec de la craie et du charbon et où l’on fait du porte à porte, en quête de friandises, en chantant cette mélodie. Titre le plus émouvant de l’album, Toungaranké signifie « Les immigrés ».

Cheick a composé le titre à New York en hommage à son percussionniste Daniel Moreno, avec un clin d’œil à la détresse des jeunes immigrés africains à Ceuta et Melilia. Le morceau est dédié aux immigrés de tout pays, qui n’acceptent pas d’être mal traités. Le texte est sublimé par les grandes voix mandingues, Kaniba Woulé, Fantani Touré, Mariatou Diabaté, Mangala Camara.

Sabaly est un titre composé dans la période des Asselars, qui appelle à la tolérance et au pardon. On y retrouve toute la nouvelle garde des musiciens maliens. Le kamelengoni de Benogo Diakité et Yoro Diallo illuminent le morceau de leur présence, ainsi que Petit Adama, la jeune vedette malienne du djembé. Le chant d’Oumou est limpide, souligné par des touches délicates de Fender Rhodes. Chanté par le grand griot national Kassé Mady Diabaté, Kobenatuma est peut-être l’un des titres les plus personnels de Cheick.

Il définit à merveille son univers musical, ses rencontres et ses voyages. Ainsi que son écriture particulière pour les rythmes dumdumba.

Morceau dédié à l’Afrique, Bisso (na bisso) signifie « tous frères » en lingala, la langue véhiculaire congolaise. Il s’agit d’un titre de Manu Dibango composé en I967, sur lequel Cheick a fait ses premières armes et qu’il a réarrangé en hommage à l’aîné.

Le chant de Dee Dee Bridgewater et les choeurs de Fafa Ruffino et Myriam Béti, en fait le titre le plus cosmopolite de l’album, avec Mao Otayeck et sa wah wah funky. Paco Sery à la batterie et Guy Nsangue à la basse, concoctent une rythmique langoureuse alors que Cheick s’en donne à cœur joie avec son orgue Hammond-B3, qui rappelle que Jimmy Smith fut sa première influence.

Nitara Bamako (« Quand tu vas à Bamako ») est un hymne à Bamako, composé dans l’esprit des années ayant suivi l’indépendance, dédié à Baba Bary, qui en est le chanteur et compositeur.

Deli magni (« habitude ») est un hommage à Batourou Sékou Kouyaté et Sidiki Diabaté, les deux grands maîtres de la kora moderne. « A l’époque du Rail Band, je jouais également avec L’Ensemble Instrumental. J’ai essayé de retrouver l’énergie de Sidiki Diabaté, le père de Toumani, dans mon jeu de piano.

Je voulais aussi avoir une basse acoustique et une calebasse. J’ai demandé à Mangala de chanter que la monotonie vient de l’accoutumance, avec les sentiments que cela peut apporter. Quand on devient très habitué à quelqu’un, la souffrance est grande ». Au départ, ce titre ne devait être qu’un duo avec le maître actuel de la kora, Toumani Diabaté.

Du Togo à New York, de la Côte d’Ivoire à Paris, avec comme ligne de mire la scène effervescente de Bamako, ce deuxième album de Cheick Tidiane Seck reflète une liberté musicale insolente. Il célèbre avec éloquence la grandeur de la musique malienne et la vision artistique de l’un de ses plus valeureux représentants.



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