CONCERTS
BAB ZULA au babel med 2007 / entretien Salah Mansouri
Baba Zula
BABA ZULA à la FIESTA DES SUDS EN 2007


Fiesta Des Suds 19 Octobre 2007
reportage vidéo avec : Massilia sound system, BABA ZULA , origines controlées et techno roma project.. / entretien Salah Mansouri
BIOGRAPHIE
L’histoire commence à Istanbul, ville natale de nos héros. Et naître dans cette très ancienne cité, c’est recevoir dès l’enfance l’héritage d’un riche passé –– un passé irrigué par les apports incessants de l’immigration en provenance d’Anatolie, d’Asie centrale et de bien plus loin vers l’est encore. Leur temps retrouvé, celui que leur art nous fait partager, il est dans l’âme de leurs antiques demeures, dans les rues aujourd’hui disparues de leur jeunesse, dans le Bosphore d’avant la pollution où ils allaient se baigner avec les gamins de leur âge. L’art de Baba Zula justement, c’est cette musique qui ne pouvait naître qu’à Istanbul, qu’ils ont eux-mêmes reçue du passé de la ville, et qu’ils enrichissent à leur tour pour la transmettre aux générations futures. Une bonne décennie s’est écoulée depuis que les membres de Baba Zula se sont groupés pour concrétiser une idée commune : faire de la musique moderne en utilisant des instruments, une tradition et des techniques d’enregistrement à l’ancienne –– on dirait aujourd’hui, vintage. Fins connaisseurs de la musique savante, les interprètes de Baba Zula sont sans conteste des spécialistes reconnus à l’échelon national pour tout ce qui concerne l’histoire de leurs instruments. Si vous combinez cela avec le fait qu’ils sont également stanbouliotes dans l’âme, vous obtenez une musique à l’identité forte, en même temps qu’elle est ouverte à toutes les expériences nouvelles. Murat Ertel par exemple, qui joue de deux instruments symbolisant à eux seuls la culture turque, les cuillères en bois et le saz –– dont se servaient déjà, bien avant l’apparition de l’islam, les chamanes turkmènes d’Asie centrale –– , fait remarquer que le saz est le premier, et le seul, instrument turc à avoir été électrifié. Le groupe a également fait appel au producteur culte Mehmet Ates. Ce gourou old school du disque turc a su faire infuser pour la musique de Baba Zula les tisanes d’un pur rock’n roll analogique qui avait enchanté leur adolescence.

- BABA ZULA ROOTS
Ainsi, cet album est roots d’au moins deux façons. La première, c’est que le groupe renoue avec son envergure de départ, celle du trio. Bien sûr, au fil des années, à mesure qu’ils tentaient de nouvelles expériences, on avait vu d’autres artistes se joindre provisoirement au groupe comme guest stars ; mais ici, sur “Kökler” par exemple, on retrouve le petit noyau des débuts, avec la chanteuse Brenna MacCrimmon. La seconde, peut-être moins évidente, c’est le fait que Baba Zula s’est ouvert à de nouveaux horizons au printemps 2007, lors d’une tournée au Japon, décisive quant à la maturation de leur style actuel : “l’oriental dub”.
Assistés par un ingénieur du son japonais, avec lequel ils se sont liés d’amitié pendant ce voyage, nos musiciens intègrent désormais à leur palette des techniques extrême-orientales, tout en regardant également du côté du blues, du psychédélique, du nyabinghi jamaïcain et du dub.






















