Spectacles et musiques du monde

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Capitaine Alexandre

Capitaine Alexandre invité par Alain Mabanckou : "Slamer et poétiser le monde" le 25 juin 2017à 17h à La Fondation Louis Vuitton

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Dimanche 25 Juin 2017 à Paris à l’ Hippodrome de Longchamp, dans le cadre du festival SOLIDAYS

CALYPSO ROSE

en concert en Juin 2017

AIT MENGUELLET

le 24 Juin 2017 à Marseille (13) au Théâtre De La Sucriere dans le cadre du festival TAMAZGHA

ERIC BIBB

en concert en Juin 2017

Fatoumata Diawara

en concert en Juin 2017

Fred Wesley

en concert en Juin 2017

Malted Milk

en concert en Juin 2017

NINA ATTAL

en concert en Juin 2017

OUMOU SANGARE

en concert en Juin 2017

YVAN LE BOLLOC’H à Avignon

Du 7 au 29 Juillet 2017 au festival d’Avignon – théâtre le Paris

Kids United

le Vendredi 30 Juin à Forest - Belgique

Rocío Molina

Samedi 8 juillet 2017 à Aubagne , dans le cadre des Nuits flamenca d’Aubagne- Entrée Libre

Band of Gnawa

Le 29 Juin 2017 à Essaouira - Maroc

Rocio Marquez

le 22 Juin à Suma Flamenca - Madrid

HAÏDOUTI ORKESTAR

En concert en Juin 2017

BLICK BASSY

en concert en Juin 2017

Watermelon Slim

En concert le 1 er Juillet au Sunset à Paris

IBRAHIM MAALOUF

Vendredi 23 Juin 2017 Hommage à Maurice André à Paris au Théâtre des Champs Élysées à Paris (75)

TRIO JOUBRAN

En concert en Juin 2017

Anouar Brahem

Jazz

Concerts 2017

Samedi 20 Mai 2017 à 20h30 au Domaine d’O - Amphi d’O

dans le cadre du festival Arabesques

Pour recevoir des invitations pour ce concert , faire la demande à : contact(at)musiquesdumonde.fr avec toutes vos coordonnées


biographie officielle

Les débuts

Anouar Brahem naît le 20 octobre 1957 à Halfaouine dans la Médina de Tunis. Encouragé par son père, artisan-graveur et imprimeur, mais aussi amateur de musique, Brahem commence, à l’âge de 10 ans, son initiation à la musique, et au Oud, au Conservatoire National de Musique de Tunis, notamment avec le maître Ali Sriti. Dès l’âge de 15 ans, il se fait remarquer et est appelé à jouer dans divers orchestres. A l’âge de 18 ans, il décide de se consacrer à la musique et retourne alors vers Ali Sriti. Celui-ci le reçoit quotidiennement chez lui pendant quatre années consécutives et continue à lui transmettre l’art du Maqam, le système compliqué des modes de la musique savante arabe et du "Taqsim", par le biais du rapport maître à disciple, cher à la tradition.

Progressivement, il élargit son écoute à d’autres expressions musicales, autour de la Méditerranée, vers l’Iran et l’Inde... puis vers le jazz. Un Itinéraire personnel au cours duquel il confesse : "Je me suis plu au dépaysement et ai découvert les liens étroits existant entre toutes ces musiques".

Anouar Brahem se démarque de plus en plus d’un environnement musical largement dominé par la chanson de variété. Il refuse de sacrifier à l’habituel emploi de musicien dans les cérémonies de mariage ou dans les quelques formations pléthoriques existantes qu’il considère comme anachroniques et où le Oud n’est qu’un instrument d’accompagnement. Une exigence autre l’entraîne à redonner la primauté à cet instrument de prédilection de la musique arabe et à proposer pour le public tunisien, des concerts de musique instrumentale et de Oud en solo. Arrivent alors les premières compositions. Il entreprend une série de concerts en solo dans diverses maisons de la culture et enregistre sa première cassette à compte d’auteur avec le percussionniste Lassaad Hosni.

Petit à petit un public se constitue, et une presse enthousiaste se mobilise et le soutient. Commentant une de ses toutes premières apparitions, le critique Hatem Touil écrit : "Un jeune talent a réussi le tour de force d’émerveiller l’assistance mais aussi de donner ses lettres de noblesse à la musique non vocale en Tunisie tout en redorant, du même coup, le blason d’un instrument qui en avait grand besoin : le luth. Jamais luthiste n’a en effet tiré des sonorités aussi pures, n’a concrétisé avec autant de vigueur et de conviction l’universalisme de l’expression musicale".
Années 80

En 1981 le besoin de vivre des expériences nouvelles se fait de plus en plus pressant. Le départ vers Paris, ville cosmopolite par excellence, lui permet de rencontrer des musiciens venus d’horizons divers. Il y restera quatre années durant lesquelles il compose beaucoup, notamment pour le cinéma et le théâtre tunisien, collabore avec Maurice Béjart pour son ballet "Thalassa Mare Nostrum" et avec Gabriel Yared en tant que soliste pour la musique du film de Costa Gavras "Hanna K".

En 1985, un retour à Tunis et une invitation du festival de Carthage lui permettent de réunir dans "Liqua 85" des figures marquantes de la musique tunisienne, turque et du jazz français — notamment Abdelwaheb Berbech, les frères Erkose, François Jeanneau, Jean-Paul Celea, François Couturier... Avec ce projet Anouar Brahem signe son premier grand succès, et remporte, à seulement 28 ans, le Grand Prix National de la Musique. Il demeure à ce jour le plus jeune musicien et compositeur à avoir obtenu cette distinction.

En 1987, il se voit confié la direction de l’Ensemble Musical de la Ville de Tunis. Au lieu de conserver l’imposant orchestre qui existait, il l’utilise en formation à géométrie variable, et lui fait prendre de nouvelles orientations. Il diversifie ainsi son répertoire, alternant systématiquement une saison consacrée à la création d’œuvres contemporaines, et une autre tournée résolument vers la musique traditionnelle. Les deux créations "Leïlatou tayer" (1988) et "El hizam el dhahabi" (1990), s’inscrivent dans la continuité de ses premières compositions, et jalonnent ce qui peut être considéré comme l’axe principal de son travail. Dans ces œuvres, il ne quitte pas pour l’essentiel l’espace modal traditionnel, mais il en permute les repères et en bouleverse les hiérarchies. Grâce à une inspiration qui absorbe comme par une disposition naturelle à l’osmose, les héritages méditerranéens, africains et extrême-orientaux, il entre aussi de temps à autre en contact avec d’autres sensibilités : musiques européennes, jazz, et autres formes .

Avec "Rabeb" (1989) et "Andalousïat" (1990), Anouar Brahem revient à la musique traditionnelle savante. Malgré le riche héritage transmis par Ali Sriti et le fait que cette musique ait constitué l’essentiel de sa formation, il ne l’avait en fait jamais jouée en public. A travers ce retour aux sources de sa vocation, Anouar Brahem tire alors un signal d’alarme et apporte concrètement sa contribution à l’urgence de la réhabilitation d’une musique alors en perdition. Il constitue un ensemble réduit, un "takht" : cette forme originelle de l’orchestre traditionnel, ou chaque instrumentiste assume une place de soliste et d’improvisateur, est la seule apte selon lui, à restituer l’esprit, la subtilité des variations et l’intimité de cette musique de chambre. Il fait appel aux meilleurs musiciens tunisiens, tels Béchir Selmi et Taoufik Zghonda, et entreprend un véritable travail de recherche sur les partitions anciennes, avec le souci rigoureux des transparences, des nuances et des détails.

Avec "Ennaouara el achiqua" (1987), Brahem propose un concert de chant, né de sa rencontre avec le poète Ali Louati, révélant ainsi encore une fois le caractère éclectique et novateur de sa musique. Ses explorations dans le domaine de la chanson expriment un certain désir de renouer avec cette forme élaborée et savante du chant arabe, tel que le "Qassid", sur les traces d’un Khémais Tarnane, Saïed Derwich, Riadh Sombati et Mohamed Abdelwahab ou de la chanson dite populaire. Oeuvre marginale et à contre-courant, "Ennaouara el achiqua" eut néanmoins un impact considérable sur le public tunisien et fut très bien accueilli par la presse.

"Ennaouara el achiqua" ne sera pas son unique incursion dans le domaine de la chanson. Il y reviendra de temps à autre, à l’occasion d’une musique de film ou d’une rencontre avec un chanteur — et souvent avec la complicité de Ali Louati. Il collabore notamment avec Nabiha Karaouli qu’il révéla au public, Sonia M’barek, Saber Rebaï, Teresa De Sio, Franco Battiato, et Lotfi Bouchnak, interprète de "Ritek ma naaref ouïn", chanson composée dans l’esprit d’un folklore imaginaire qui connut un immense succès, et qui est devenue - ironie du sort ! - le tube incontournable de toute fête de mariage.

En 1988, c’est devant 10.000 spectateurs dans le théâtre romain qu’il ouvre le festival de Carthage avec "Leilatou tayer". A cette occasion le journal Tunis-Hebdo écrira : "Si nous devions élire le musicien des années 80, nous choisirions sans hésiter Anouar Brahem."
Années ECM

En 1990, Il décide de quitter l’EMVT et s’envole pour une tournée aux États-Unis et au Canada. C’est au retour de ce périple que survient sa rencontre avec Manfred Eicher, le producteur - fondateur du label discographique allemand ECM Records, de laquelle naîtra une riche collaboration qui marquera sans conteste une étape importante dans son travail. Depuis sont nés neuf albums qui tous ont reçu un accueil remarquable de la presse internationale et du public au moment de leur parution.

Pour inaugurer cette collaboration, Anouar décide cette même année d’enregistrer son premier disque "Barzakh" en s’entourant de deux musiciens tunisiens hors pair avec qui il se trouve déjà lié par une grande complicité artistique, Béchir Selmi et Lassaad Hosni. Accueilli par la revue allemande Stéréo comme "un événement majeur de l’édition musicale", ce disque permet non seulement à Anouar Brahem de toucher un plus large public international mais de confirme aussitôt sa stature de musicien et "d’improvisateur d’exception".

Dans "Conte de l’Incroyable Amour", enregistré en 1991, Anouar Brahem place clairement l’improvisation au centre du jeu et modifie sensiblement l’intonation de sa musique grâce notamment à la puissance expressive remarquable de la clarinette de Barbaros Erköse et au souffle soufi du Naï de Kudsi Erguner. Pour le quotidien français Le Monde, "l’album s’enroule autour du talent poétique du luth d’Anouar Brahem. On le suit délicieusement à travers le subtil ordonnancement de la mélodie, les silences du phrasé musical, à travers tous ces non-dit qui nous entraînent dans des chemins orientaux, dans une poésie de lumière et de battements délicats". Le même journal sélectionnera dans la foulée "Conte de l’Incroyable Amour", dans son palmarès des meilleurs disques de l’année 1992.

En 1992, Brahem est appelé à concevoir et à participer activement à la création du Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes au Palais du Baron d’Érlanger à Sidi Bou Saïd.

En novembre 1993, Anouar Bra hem réalise un rêve qui lui tenait à cœur depuis longtemps : rendre un juste hommage à son maître Ali Sriti, en le conviant sur scène, à ses côtés, trente ans après ses dernières prestations publiques. Il monte alors "Awdet Tarab", concert de musique traditionnelle instrumentale et chantée, au Palais d’Erlanger. Le public tunisien gardera sans doute un souvenir inaltérable de ces duos du maître et de son élève, accompagnés de la voix de Sonia M’barek.

En 1994, il enregistre "Madar" avec le saxophoniste norvégien Jan Garbarek, et avec le maître pakistanais des tablas, Shaukat Hussain. L’histoire de ce disque est simple : Jan Garbarek avait été impressionné par les deux premiers albums de Brahem et avait émis le souhait de travailler avec lui. Brahem de son côté, vouait déjà depuis plusieurs années une réelle admiration pour ce musicien et partageait le même désir. La rencontre se fit donc naturellement, quoique vivement encouragée par Manfred Eicher. Brahem et Garbarek se retrouvèrent aussitôt autour d’une même quête commune : celle d’une tradition universelle. "Madar" est le témoignage fort de cette "utopie en acte" et fait entendre de façon éclatante comment l’imbrication des civilisations peut se réaliser, sans nuire à l’essence de ce qui les distingue et rend plus fertile leur coexistence.

Parallèlement à ses œuvres personnelles Anouar Brahem multiplie dans le même temps les collaborations occasionnelles, composant notamment les musiques originales de nombreux films et pièces de théâtre, parmi lesquels "Sabots en or" et "Bezness" de Nouri Bouzid, "Halfaouine" de Férid Boughedir, "Les Silences du Palais" et "La saison des hommes" de Moufida Tlatli, ainsi que "Iachou Shakespeare" et "Wannas El Kloub" de Mohamed Driss, "El Amel", "Borj El Hammam" et "Bosten Jamalek" du Théâtre Phou.

Dans "Khomsa" (1995), son quatrième album pour ECM, Anouar Brahem reprend quelques-unes de ces musiques en leur offrant une interprétation libre, aérée, purement musicale, "libérées de leurs ceintures d’images" comme il le confie alors joliment. Il rassemble autour de lui une formation éclectique : Richard Galliano à l’accordéon, Palle Danielsson à la contrebasse, Jon Christensen à la batterie, François Couturier aux claviers, Jean-Marc Larché au saxophone, Béchir Selmi au violon. Mais ce sextet flamboyant réuni par le compositeur se voit sans cesse divisé en solos, duos, trios — "d’où une impression dominante et délicieuse de voyage immobile tout en passages secrets, en timbres inédits, en fins suspendues" dira Alex Dutilh sur France Musique. Le quotidien britannique The Guardian commentera de son côté le disque en ces termes : "Nous pouvons affirmer que "Khomsa" est l’un des meilleurs disques de l’année (...) Brahem est à l’avant garde du jazz car il est bien au delà."

Trois ans plus tard Anouar Brahem entre de nouveau en studio et reprend les choses où il les avait laissées avec "Madar" en poussant encore plus loin son exploration amoureuse de la formule orchestrale du trio, dans un contexte cette fois résolument ouvert à l’infinie variété des "mondes" du jazz. Entouré de deux immenses musiciens, piliers du label ECM depuis trente ans, le saxophoniste John Surman et le contrebassiste Dave Holland, hérauts de la free music britannique à la fin des années 60 et depuis lors engagés chacun dans l’élaboration d’univers singuliers d’une haute cohérence artistique, Anouar Brahem aventure avec une infinie délicatesse la poésie raffinée de son instrument au "risque" de conceptions de l’improvisation radicalement étrangères à son univers. Le résultat est à la mesure du défi : "Thimar" est une réussite exceptionnelle, une œuvre méditative et suprêmement musicale, emprunte d’une poésie intense, où chaque morceau se déroule dans un climat de recueillement et de concentration extrêmes, comme un rêve éveillé. Jamais Anouar Brahem, sans pour autant dévier de sa ligne esthétique personnelle, n’était allé jusqu’alors aussi loin que dans cet enregistrement dans l’exploration des "mystères du jazz ". "Thimar" recevra en Allemagne le Preises der Deutshen Shallplattenkritik et sera classé "Meilleur disque jazz de l’année" par la revue anglaise Jazz Wise.

Paru en septembre 2000, "Astakan Café", son sixième album en 10 ans pour la firme munichoise, peut paraître pour une oreille distraite, sinon comme une œuvre de transition, au moins comme une pause introspective dans la carrière d’Anouar Brahem. Ce serait mal entendre cette musique de maturité, où l’oudiste renoue certes avec les racines proprement orientales et méditerranéennes de son univers, mais indiscutablement enrichi des voyages imaginaires et esthétiques de ses disques précédents. Retrouvant pour l’occasion deux de ses plus fidèles complices, le clarinettiste d’origine rom Barbaros Erköse et le percussionniste tunisien Lassad Hosni, Brahem s’engage dans une magnifique dérive intimiste et éminemment personnelle, célébrant l’esprit syncrétique de la musique arabe, tout en enrichissant son approche de l’improvisation et du son collectif aux grands œuvres d’ouverture que sont "Madar" et "Thimar".

2002 marque incontestablement un tournant dans la carrière d’Anouar Brahem qui en signant avec "Le Pas du chat noir" un disque parfaitement atypique, extrêmement personnel et assurément ambitieux tant dans ses parti-pris esthétiques que dans son orchestration funambulesque, fait non seulement sensation mais renouvelle considérablement les composantes de son univers poétique.

En trio, encore, mais cette fois en compagnie de son vieux complice, le pianiste François Couturier, et, plus surprenant, de l’accordéoniste Jean-Louis Matinier, Anouar Brahem nous livre avec cette œuvre ultra raffinée une musique apaisée, d’une grande richesse de timbre mais surtout d’un équilibre formel miraculeux, renvoyant autant à l’impressionnisme élégiaque de la musique française du début du 20e siècle qu’aux traditions méditatives et sensualistes de la musique arabe. Se faisant le porte parole de l’enthousiasme général de la presse internationale, Adam Shatz dans le New York Times rendit compte du disque en ces mots : "Si l’on considère que chaque orchestre projette dans sa musique une façon singulière d’être au monde de façon collective, alors le trio d’Anouar Brahem, à la fois formation de jazz, orchestre de chambre et groupe traditionnel, évoque une sorte d’Andalousie du 21e siècle où sensibilités arabe et européenne auraient fusionné de façon si intime qu’il n’existerait désormais plus aucune frontière entre elles. Tout cela peut paraître un peu utopique, mais la beauté du projet est indéniable. " La parution du disque fut suivie par une longue tournée des deux côtés de l’Atlantique, au cours de laquelle le groupe gagna énormément en cohésion collective - Anouar laissant chaque soir plus de liberté à ses compagnons dans l’interprétation du répertoire.

En 2005, pour la première fois dans sa carrière, Anouar Brahem décide d’entrer de nouveau en studio à la tête de la même formation. Dans une esthétique similaire au "Pas du chat noir" mais poussant peut-être encore plus loin dans l’épure expressive en fondant l’essentiel du discours sur des nuances de timbres et de dynamique orchestrale toujours plus sophistiquées, "Le voyage de Sahar" diffuse sa poésie hypnotique de façon subliminale à travers un répertoire de nouvelles compositions pleines d’émotions, de lyrisme et de raffinement, mais aussi la reprise de trois pièces parmi les plus célèbres du compositeur — "Vague", "E la nave Va" et "Halfaouine" — totalement transfigurées. Cet album de la maturité obtiendra l’Edison Award en Hollande et offrira au groupe la matière d’une nouvelle tournée européenne triomphale.

Dans la foulée Anouar réalise et coproduit en 2006 son premier film documentaire "Mots d’après la guerre". Une œuvre forte et engagée qui se situe au Liban et articule son récit autour d’entretiens recueillis auprès d’artistes et d’intellectuels libanais au lendemain du cessez-le-feu intervenu lors de la guerre de l’été 2006 entre Israël et le Hezbollah. Sélectionné en 2007 au festival de cinéma de Locarno, le film obtient un beau succès d’estime. Cet engagement personnel toujours plus poussé dans l’univers du cinéma lui ouvrira les portes en 2010 du jury de la sélection des longs métrages du festival de cinéma de Carthage.

Cette même année, rompant avec l’esthétique “chambriste“ de ces deux précédents albums, Anouar Brahem signe avec "The Astounding Eyes of Rita" un disque proposant d’autres ponts et d’autres types d’équilibre entre modernité esthétique et tradition arabe en renouant dans ses tonalités avec quelques-unes des ses œuvres antérieures comme "Barzakh" et "Conte de l’incroyable amour". A la tête d’un nouveau groupe à l’instrumentation résolument hybride mêlant au tapis de percussions de Khaled Yassine la clarinette basse embrumée de l’Allemand Klaus Gesing et la basse électrique tout en souplesse du Suédois Björn Meyer, Anouar Brahem, comme en apesanteur, y invente à partir de son oud un univers onirique et cotonneux empruntant sa poésie raffinée et son sens de l’espace immensément dilaté autant au jazz nordique qu’aux traditions méditatives orientales. Dédié au grand écrivain palestinien Mahmoud Darwish (1941-2008), ce magnifique voyage intimiste au cœur du son marque une nouvelle étape dans les noces sans cesse recommencées entre musiques arabe et traditions occidentales auxquelles Brahem continue inlassablement de se consacrer. "The Astounding Eyes of Rita" recevra en 2010 le plus prestigieux des prix décernés en Allemagne, l’Echo Deutscher Musikpreis, récompensant chaque année les plus grands artistes nationaux et internationaux à la manière des Grammy américains.

Le 9 décembre 2009, suite au premier concert parisien de son nouveau quartet, Salle Pleyel, Anouar Brahem est nommé au grade de Chevalier des Arts et des Lettres par le ministre de la culture et de la communication française, Frédéric Mitterrand.

En 2012, au lendemain de la révolution tunisienne Anouar Brahem est nommé membre à vie de l’Académie Tunisienne des Sciences des Arts et des Lettres

Profondément imprégné de son héritage musical arabe mais aussi résolument moderne dans ses goûts et ses orientations esthétiques, Anouar Brahem est définitivement un artiste “de son temps“, c’est à dire tourné vers l’avenir et ouvert aux grandes mutations du monde. Sans doute est ce la raison pour laquelle le choc des cultures ne l’effraie pas. Mieux même : il s’est toujours plu à provoquer les rencontres avec des musiciens venus d’horizons divers : Jan Garbarek, Richard Galliano, Dave Holland et John Surman, bien sûr, mais aussi Manu Dibango, Manu Katché, Taralagati, Fareed Haque, Pierre Favre — tous un jour ont croisé le chemin de cet aventurier des musiques arabes, puisant dans chaque rencontre de quoi renouveler son univers tout en conservant son identité propre. Interrogé sur son inspiration, Anouar évoque volontiers l’image de "l’arbre qui, tout en s’élevant du sol et en élargissant son espace, continue à développer et à approfondir ses racines"… Une métaphore qui, de toute évidence, n’est pas sans évoquer Tunis, sa ville natale, à la fois enracinée dans sa culture arabo-musulmane, et nourrie des multiples influences africaines et méditerranéennes qui au fil des siècles se sont succédées — un espace solaire en quelque sorte, dont sa propre signature ne cessera de garder la trace. Il estime également qu’une tradition qui ne change pas et qui ne s’adapte pas est vouée à disparaître. C’est pourquoi il n’hésite pas à relever les défis et à ouvrir sa musique à de nouvelles formes d’expressions. "Il est si calme et souverain qu’il semble que l’homme de Tunisie est allé beaucoup plus loin que bien des musiciens de jazz affairés dans la quête de musiques nouvelles" a écrit le critique musical Wolfgang Sandner dans le Frankfurter Allegemeine Magazine. On ne saurait mieux dire…


Récompenses

Echo Jazz, Allemagne – 2010

Chevalier des Arts et des Lettres, France – 2009

Edison Award, Pays-Bas – 2006

Prix National de la Musique, Tunisie – 1985



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