en concert 2011
Sep 24 / 2011 Asa in MEAUX Muzik’Elles France


rencontre à la fiesta des suds le 27 octobre 2007 et le 28 MARS 2008au Babel Med avec ASA , entretien réalisé par Salah Mansouri, moyens techniques SYNAPS , extraits du concert....
Rencontre avec ASA à Babel Med Music 2008
rencontre avec ASA en 2007
bio
L’Afrique comme le creuset généreux des plus brillants courants musicaux d’aujourd’hui. L’Afrique comme un cri de révolte qui résonne aux oreilles.
L’Afrique comme une tâche indélébile sur toutes les télés du monde entier. L’Afrique comme…
ASA nait à Paris. Ouvrir les yeux dans la ville lumière, ne laissera que de vagues souvenirs –heureux- à la petite fille, car elle a à peine deux ans quand la famille repart s’installer au Nigéria. Paris n’est qu’une étape pour des parents courageux et ambitieux. Mais le destin a déjà posé ses marques : c’est à Paris qu’ASA reviendra, 20 ans plus tard, prendre son envol d’artiste.
ASA grandit donc à Lagos, ville surpeuplée, survoltée mais aussi profondément empreinte de spiritualité. L’islam y côtoie le christianisme dans un esprit de tolérance, la jeunesse y pastiche l’Amérique et la ville brûlante s’agite sans fin, dans un ballet infernal et pourtant harmonieux, où se croisent amour et haine, rire et violence, misère et richesse. « Lagos est la New-York du Nigéria. Si tu veux réussir dans la musique, c’est l’endroit qui t’offrira le plus d’opportunités mais aussi le plus de pièges. »
ASA est la seule fille et partage le peu de présence parentale avec ses 3 frères. Très tôt, elle s’occupe de la maison lors des fréquents déplacements de son père et sa mère. Alors ASA chante. L’envie est venue, et restée, vissée au corps. Alors ASA chante et chante encore ! Plutôt que de parler, elle improvise sans fin, jusqu’à ce que sa mère la fasse taire ! Son père a accumulé au cours des années une belle collection de vinyles réunissant des standards de la soul et de la musique nigériane. Marvin Gaye, Fela Kuti, Bob Marley, Aretha Franklin, Sunny Ade, Ebenezer Obey, Lagbaja... bercent puis inspirent la fillette. ASA est une enfant solitaire. La famille, la fratrie, l’Afrique… Et pourtant... Loin des clichés habituels, elle est souvent triste, mal à l’aise dans le costume de l’enfance, et plus encore dans celui de l’adolescence. Gamine atypique, la musique devient tout à la fois une échappatoire et un rêve éveillé. Parfois, ASA part au parc avec ses frères, chanter et danser, mais le plus souvent, c’est seule qu’elle se réfugie dans un univers imaginaire, bien à elle. Affublée d’une perruque empruntée aux trésors maternels, un tube de crème en guise de micro, libérée du regard des autres, elle reprend les standards de Michael Jackson et Bob Marley et salue une foule imaginaire…
« J’étais un garçon manqué et ado, je suis devenue très timide car on se moquait de moi…A ma manière, j’attirais déjà l’attention ! J’ai pris pour habitude de ne jamais rien faire comme tout le monde. Les gens ne comprenaient pas ma voix grave et profonde, les chorales me boudaient. Il fallait que j’arrive la première à l’église pour avoir une chance d’approcher le micro ! »
ASA se bat. Contre le rejet, contre les aléas de la vie où pour toucher ce qu’on appelle le bonheur, elle doit endosser tous les sacrifices. Elle a 12 ans quand sa mère l’envoie dans l’une des meilleures écoles du pays. Mais l’excellence a un goût amer : 5 années d’études et de privations où elle connaît le froid et la faim. A son retour, elle découvre Erika Badu, D’Angelo, Rafaël Saadiq, Lauryn Hill, Femi Kuti et Angélique Kidjo, dont elle rêve de suivre les traces. A 18 ans, ASA a accumulé beaucoup de frustrations. L’université en grève, les chorales qui la saquent, elle arrive quand même à se faire entendre à quelques radios crochets. Les premiers applaudissements sont d’une douceur incroyable. Elle s’inscrit alors en cachette à la Peter King’s School of Music et apprend la guitare en 6 mois.
La musique et l’indépendance. ASA est insatiable de vie, de rencontres, de musique.
ASA, de son propre avis, n’est ni un produit commercial, ni une poule sexy. Mais elle a un talent éblouissant et une volonté de fer. Elle pousse la porte du Centre Culturel Français de Lagos. Joël Bertrand, le directeur –son parrain de musique- n’aura de cesse de l’aider à déployer ses ailes. Il l’envoie même dans le Sud de la France où elle ouvre le bal pour Femi Kuti. Pendant cette période, ASA apprend beaucoup, rit souvent, et pleure aussi. Elle se réapproprie elle-même.
ASA sent désormais le vent du succès tourner en sa faveur. Ce vent aurait bien pu la balayer comme un papillon, mais ce serait vite oublier qu’ASA signifie le faucon, surnom qui lui fut donné après une fugue de gosse. On lui propose contrats, concerts, argent, mais ASA veut faire sa musique comme elle l’entend. En 2004, elle rencontre sa manageuse Janet. Celle-ci lui présente Cobhams qui devient son partenaire musical. Avec lui, ASA l’électron libre, trouve ses marques : des chansons en anglais et en yoruba, des musiques entre pop et soul, inspirées de son héritage musical, un soin tout particulier accordé aux mélodies et beaucoup d’âme. Ses textes racontent son pays, les choses de la vie, les choses de sa vie, le tout traité avec une fausse candeur et une vraie ironie.
« J’aime écrire ou réfléchir à mes textes dans le bus ou molué, comme on l’appelle chez nous. 49 places assises, 99 passagers debout, comme le racontait Fela. On se presse, on se serre, des micro-drames éclatent à tout instant et, à la fin de la journée, on arrive encore à en rire, c’est notre force… »
C’est à cette même époque qu’ASA retrouve enfin Paris. Elle y confronte son talent à la scène française : les Nubians, Manu Dibango, Doctor L, Tony Allen… Pendant ce temps, au Nigéria, Eyé Adaba, le premier single d’Asa, puis Jailer, commencent à tourner en radio. MTV la choisit comme ambassadrice du Sud de l’Afrique, sa popularité grandit et, à son retour, elle assure les premières parties d’Akon, John Legend, Beyoncé, Snoop Dogg…
Car ASA parle au peuple. Au milieu du chaos, sa musique apaise les c—urs et fait se relever les têtes. Une musique simple mais riche, et qui pénètre les coeurs.
« Je veux que ma musique touche les gens. En tant qu’africaine, je veux redonner espoir aux miens, mais aussi plaider en leur nom. Je veux montrer à la face du monde que quelque chose de beau et de positif peut venir du continent noir et inspirer les jeunes du monde entier. »
ASA signe bientôt chez naïve. Elle sait désormais que la France lui offrira toujours beaucoup d’amour et de liberté. Avec Cobhams, mais aussi la complicité nouvelle de Christophe Dupouy, elle réalise un album éponyme magnifique et surtout irrésistible : la grâce répond au tempo, l’humour n’est jamais loin de l’émotion, les mélodies sont imparables et la voix et l’énergie de la jeune chanteuse donne leur pleine mesure. Fire On The Mountain, premier extrait de l’album, en forme de pied de nez impertinent à ceux qui se moquent de savoir qu’on meurt à trois heures d’avion ou à cinq minutes de chez eux. Ils ne prêtent pas attention aux étincelles et n’ont d’autre choix que de courir quand l’incendie s’embrase. Le feu, ce sont les conflits qu’on ignore car il n’y a pas de pétrole en jeu, mais aussi les pédophiles, la violence domestique, la misère… Jailer, autre chanson-phare, réinterprète le vieil adage « on récolte ce que l’on sème ». So Beautiful est un hommage à la mère d’ASA, Subway et Bi’Banke abordent l’amour d’un point de vue original et sensible, 360, Eye Adaba, Peace, No One Knows sont, chacun à leur manière, autant de messages de sagesse et d’espoir. Très personnelle et totalement universelle, la musique d’ASA dépasse, à n’en pas douter, toutes les frontières, celles de la terre bien sûr, mais aussi celles du coeur et de l’esprit.
L’Afrique comme le pouls du monde. L’Afrique comme un empêcheur de tourner en rond. L’Afrique comme un cri d’espoir qui résonne aux oreilles.
L’Afrique comme ASA.
sources : naive
REPORTAGE PHOTOS LIVE , UN MOMENT DE DETENTE au festival de THAU AVEC ASA


photos : Salah Mansouri
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