Spectacles et musiques du monde

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Samy Elmaghribi

Trésors de la Chanson Judéo-Arabe / Buda Musiques 2012
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Festival Arabesques 2012 Presentation video

Habib Dechraoui, directeur du FESTIVAL ARABESQUE, à Montpellier présente la 7ém édition de ce festival , unique en son genre. Concerts, contes, débats , expositions, cinema et gastronomie orientale. au programme cette année : Zebda , Abdelkader Chaou ,Magyd Cherfi,LES AISSAWA DE MEKNÈS, Naseer Shamma , RKK,KAMILYA JUBRAN.....
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MONTANARO

en concert en Mai 2012

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Gari Grèu

12/05/12 à St Hilaire de Loulay (85)

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PAUL PERSONNE

vendredi 11 mai 2012 Les Docks - Lausanne Suisse

samedi 12 mai 2012 Eurofestival Harley Davidson - St Tropez

mercredi 16 mai 2012 Juvigny - Les Moissons Rock


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GNAWA DIFFUSION

LE 25 MAI à Moulins de Brainans - Poligny
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ZEBDA

SECOND TOUR / 2012 /BARCLAY-UNIVERSAL

dans le dernier album du groupe ZEBDA "second tour" , les troubadours Toulousains reprennent le micro et s’invitent dans le débat citoyen : "Regarde ! Mon micro se prend pour une épée..."

une sélection "coup de cœur musiquesdumonde"


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HK & les Saltimbanks

le 16 Mai 2012 Festival Alors Chante Montauban,
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MORY KANTE A PARIS

BONGA Prix Babel Med Music 2012

GRAND CORPS MALADE

ANIS

Concerts 2009


TARATATA N°183 (Tour. 21/04/06 - Dif. 11/05/06)


BIOGRAPHIE

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LE fameux second album… Avec un sévère handicap, son premier album – « La Chance … » - étant champion dans sa catégorie (aujourd’hui écoulé à 130 000 exemplaires) ! 2008 : RODÉO BOULEVARD n’a pas à rougir pas de cette fratrie. Et même, il pousse l’effronterie jusqu’à vouloir reléguer son aîné au rang de cadet. C’est qu’il a les épaules pour faire sa loi. Alors, retenez vos places, car l’artiste continue d’assurer le spectacle.

Rappelez-vous le premier single « Cergy » : il résonne encore à nos oreilles. Un truc terriblement accrocheur et fort bien écrit, dispensant sur un air sépia et bluesy les souvenirs fichtrement contemporains d’un p’tit gars de banlieue. Un vrai bon titre écrit comme on marque un panier, qui sentait le vrai et le talent, en reflétant l’esprit original et métissé de notre époque. Un frais méli-mélo d’influences musicales, une interprétation pleine de tendresse, la crédibilité d’un vécu et… Un chant. Quant à l’album entier ? Un sacré paquet cadeau qui, loin d’avoir déballé son discours avec ce seul single, confirmait notre envie de l’écouter tout du long (réécoutez « Le sommeil », « Louise et Thelma », « Pensées amères », « Avec le vent »…) ! C’était en 2005. Anis débarquait en force dans l’arène balisée des tubes formatés, sans être, même de loin, inféodé au système. Parce qu’il était en bourlingue depuis déjà un bail. « J’avais 21 ans, vers 1998. Je créchais dans un petit appartement, et cumulais les jobs, en démerdard. C’était aussi le moment où je faisais de moins en moins de musique. C’est le chanteur Frédo (Les Ogres de Barback) qui m’a dit « !va chanter dans le métro ! ». Ce que j’ai fait. Et la première fois que j’y ai chanté, je me suis fait 300 francs en une heure !!! ». Une fois les bons spots repérés, dont la ligne 6 (Paris), il rentre le soir, de la mitraille plein les poches. « Je chantais 7 heures par jour, sans me ménager ni chauffer ma voix auparavant. Très souvent, je terminais aphone, mais je m’en moquais, je continuais à parler toute la soirée. J’étais trop content… ! ». Ne cherchez pas ailleurs le façonnage de son grain désormais outrageusement voilé. Anis, qui chante depuis ses 10 ans, a fait surgir, par la force de son enthousiasme, SA voix… À l’époque, parmi ses reprises fétiches, on compte Bob Marley, Finley Quaye, Bob Dylan… Jusqu’à ce qu’un passant lui réclame une chanson en français. Anis s’aperçoit vite que ça lui prend moins de temps d’en écrire une que de repiquer un titre existant.

Le chanteur est issu des classes moyennes. À la maison, c’est sa mère qui collectionne les vinyles : « des centaines de disques du folklorique mondial et bien sur les Beatles, les Stones, Joan Baez… Et les classiques français ! ». Une ambiance pas si tranquille, car un divorce pointe : « l’ambiance était tendue, mes parents se s’engueulaient tout le temps ! ». À 14 ans, quand il découvre le Suprême N.T.M. (« Le Monde de Demain »), ça fait blam dans sa tête : « et je me fais virer de l’école ! ». Puis arrive « Le blues des racailles » de Tonton David qu’il écoute entre Tom Waits et Rickie Lee Jones. Sans oublier Colette Many ou le hard rock FM 80’s. C’est dit, le p’tit gars a le cul entre deux chaises. Il épouse alors avec conviction les accidents colorés de la rue, et sa guerre des boutons. Punks, rude boys, zulu, psychobillys, rockabillys, il n’arrive pas à faire son marché : « !je me souviens de l’époque où je traînais avec mes potes Skas de Cergy en écoutant N.T.M. Les gars me donnaient du « !traître ! » à tout va ! ». La seule chose en dur : il chante. Ou plutôt, il taoste, en petit prince du fast style, façon General Levy. La compilation « Baggariddim » de UB40 reste encore une de ses références… Anis a d’ailleurs officié un temps dans K2R Riddim. Bien avant ça, il fréquenta les scènes ouvertes de Cergy (à la maison de quartier de St Christophe) où « la première fois que j’ai pris le micro en public, c’est moi qui suis aller le chercher, on ne me l’a pas tendu ! ». Là-bas sont déjà en place des crews comme TSA (Tout Simplement authentique), BBS, ABS, Système D (cf. La Brigade)… Un fait d’arme qui ne s’oublie pas.

Anis a donc déjà le potentiel d’un bon chanteur. Mais sa culture est définitivement ancrée dans la rue. Son odeur l’entête : « ado, j’aurais aimé vivre dans la cité d’à côté, je voulais être un Sévère, j’étais persuadé que ça donnait du style, et plus de caractère. J’avais une fascination pour la misère, l’argent facile, les voyous et la culture qui va avec, dont le rap. Mais je n’étais qu’un métis russe marocain, pas ghetto pour une thune ! ». Pas grave, il le tente, un temps certain, au risque de brouiller sa pioche. Être rappeur ou raggaman, telle est son éternelle question. « Ça commençait à me gaver d’essayer d’être... C’est comme ça que j’ai vu que la chanson m’allait mieux. À 25 ans, alors que je chantais des chansons reggae, j’étais plus en phase avec ce que j’étais qu’avec ce que je voulais être ! ». Car Anis a aussi écouté de la pop (…) ! Il n’aura pas l’aveuglement de brûler ce qui l’a adoré : le voilà donc qui assume… Tout. Fondamental, donc productif : alors peut sortir l’autoproduit GADJO DÉCALÉ (le 25 septembre 2003) où l’on trouve déjà « Reggaeblues » ou « Avec le vent », puis l’album de la découverte LA CHANCE, deux ans plus tard. Avec cet opus, Anis a frotté la lampe d’Aladin, il goûte définitivement au hachisch de la création. « C’est quoi l’arrêt pour devenir chanteur populaire !?! » chantait-il dans « Mon métro ». C’est dit, il a trouvé la station.

2007 : après sa tournée de 170 dates, dans une tripotée de salles combles, Anis était à sec, épuisé. Une rencontre magnifique l’a remis sur pied : Lisbonne, où il retrouve le peps de l’écriture. La ville lui parle : ses vibes cosmopolites, ses tarifs abordables, son climat chaleureux, la beauté relaxante de la mer, son esprit encore alterno … La grosse séduction. Il lui fallait juste un QG quotidien où composer un nouveau bastringue. Ce sera juste en bas de chez lui : un bar tenu par des Capverdiens où viennent trinquer du ghetto et street people. Il est chez lui, et ça repart. Un vrai coup de rebooste. Une fois rentré à Paris, le chanteur signe son « album des premières fois ». Il habille certaines chansons de choeurs (« un exercice qui peut être périlleux !!! », initie un duo (avec Oxmo Puccino). Il s’investit pour la première fois en studio, dans l‘enregistrement, et découvre la magie de l’arrière-salle, devant la console. Il recourt à Jean-Pierre Sluys (réalisation et mixage), aux cuivres de Mardi Gras Brass Band (fanfare soul allemande) et de Julien Chirol (trombone), aux guitares de Philippe Almosnino (Wampas), Petit Louis (Jim Murple Mémorial), Thibault Willigens et Olivier Riquet (également aux claviers & cavacino). Cyril Tronchet (batterie, marimba, percussions) et Jean-Daniel Jouannic (bassiste, contrebassiste) assurent la section rythmique, tandis que le directeur artistique du projet Jean-Claude Ghrénassia vient aussi vibrer en studio (basse, batterie). Sans oublier la très belle addition de cordes (violons de H Cavellier, violoncelles de JP Audin), l’ensemble arrangé par Bernard Arcadio... Une troupe comme une traîne de mariée, concourant à la beauté de l’événement.

Si toutes ses nouvelles chansons partent d’un simple guitare/voix, l’amateur de voix de crooners (Cab Calloway, Nat King Cole) et du bluesman Otis Spann a étoffé ses mélodies, sans sombrer dans une sophistication trop lisse. Malin, d’ailleurs, d’ouvrir avec « José », dont le chaloupé jette judicieusement un pont entre cet album et le précédent… Plus aéré, mais aussi plus riche dans l’approche et les arrangements, l’album reste un bel abrégé de la culture musicale éclatée de son créateur. Reggae, blues, chanson, soul, rock… Avec en proue un premier single « Rodéo Bld » qui dit beaucoup sur notre société, sans diatribe. Ce qu’on a aimé de l’instinct musical d’Anis reste brut, même si la voix s’y éploie incroyablement. Et c’est peut-être là qu’Anis a le plus aimé évoluer. Ainsi, « La trentaine » où « Dieu Protège nos os » lui offrent un inédit terrain de jeu vocal. Le chanteur pousse l’audace jusqu’à s’extirper de l’autobiographie qu’on lui connaît (et qui lui réussit si bien) pour tenter dans « Ô mon amour » des lyrics autofictionnels : on y découvre un Anis sweet lover ! Hier bavards à l’extrême, ses textes lâchent du lest, et trouvent la sacro-sainte simplicité pourchassée par tous les paroliers. « Dans tes yeux » conjugue la belle mélancolie de l’artiste et cette légèreté textuelle toute fraîche. On se laissera facilement entraîner par l’enthousiasme de l’aromatique « Lisboa » ou encore par l’intrépide « À la ramasse ». Et l’on terminera la route en beauté avec « Tout ira bien », le blues détendu et rocailleux interprété avec Oxmo...

Cette fin de course nous laisse indubitablement le sentiment d’un album généreux, ouvert, populaire, mais non soluble à l’eau de vaisselle : un petit exploit. Anis avance, en explorant un peu plus qui il est. Avec en corollaire, ce même caractère fleur de béton que lui ont forgé ses années de traînard. Et ce qu’il a à dire continue de nous intéresser. Le labeur du second album est devenu, sous la pression de l’opiniâtreté de son créateur, une appréciable étape de vie. Un petit muret de chansons sur lequel on est invité à se poser, confortablement.

Anne & Julien


L’ALBUM CHANSON PAR CHANSON

José « Fini les pauses spliff Rua Da Silva Les dominas au café de Samba Les après-midi à chiller Le train fantôme est passé Ce grand jour curieusement a débuté Par un matin ordinaire Dans ce caniveau sans lune Dans ta cadillac de fortune »

Ce n’est plus un scoop, Anis aime l’odeur du bitume et le baroque de la faune qui s’y accroche. On n’y est jamais à l’abri de son charme éphémère. Sur un rock steady charnu à l’ancienne, et qui balance des cuivres en formation serrée, il rend hommage à une de ses belles rencontres de fortune, celle d’un loser d’élite : « José est un mec rencontré à Lisbonne. Il venait du Mozambique. Il avait la peau très foncée, un « bleu » comme on dit chez les Africains. Et il avait une voix à la Shabba Ranks ou John Lee Hooker. Un loser tranquille en dreadlocks qui te faisait partager direct tous ses plans. J’ai appris qu’il était mort depuis. On l’a retrouvé sur son lit, les yeux ouverts et le visage paisible. Un coup de chance, vu sa poisse ».

Rodéo Boulevard « Y’a des hauts, des bas, des bas et des hauts De drôles de débats et de la démago Des coups de pression des coups dans le dos Des coups de bluff et des rodéos Y’a des rodéos »

Un titre comme un hymne, dont l’évidence fonctionne dès à la première écoute et qui jette un regard amusé mais lucide sur la société de masse, ses cruelles fractures et sa belle diversité, sa politique et son conformisme. Philippe Almosnino (le guitariste des Wampas) lui insuffle une belle couleur western rock’n roll tandis qu‘un jeu de choeurs l’accroche au cactus. Une ambiance très rodéo yéyé ! « J’avais croisé Philippe au concert d’Amy Winehouse au Zénith en octobre dernier, c’est là que je l’ai invité à venir sur l’album ».

La trentaine « Qu’est-ce que j’ai fait de toutes ces années Y’a celles que j’ai bu celles que j’ai fumées Mais j’crie pas j’parle avec passion C’est pas des larmes juste de l’eau salée Qui piquote les yeux et donne l’air de pleurnicher Je suis qu’un con cerné mais J’suis pas fatigué, je veux respirer …respirer J’suis pas fatigué, et je veux danser …Danser ! »

Le temps qui passe, Anis le traite comme il est, avec un enthousiasme franchement troisième degré et un recul propre à une sagesse toute fraîche. Pas en panique, juste en rigolant : « c’était histoire d’évoquer la calvitie en rigolant. À 30 ans, dès que tu arrêtes de faire des abdos, tu as du ventre direct. À 20 ans, c’était facile, on arrêtait tout pour faire une semaine de natation et on redevenait comme des pneus de vélo ! Maintenant, les périodes où je mange bien sont bien plus fréquentes, et forcément plus longues ». Un air soul « boom bam », avec des riffs d’harmonica et des choeurs, où Anis étire son chant. Il paraît qu’on peut dessus et par moment chanter le thème de « I want you back » des Jackson Five !

Dieu protège nos os « L’avenir est incertain Monsieur hasard Si je reviens, ça ne sera pas de sa part Encore un jour au paradis Là où la vie ne fait pas de cadeau Je prends ce qui m’appartient Je ne suis ni voleur ni vaurien Gardez votre morale et vos sousentendus Gardez l’essentiel, je vous allège du superflu »

La chasse aux sans papiers est ouverte, jusque dans les écoles où l’on arrache aux enfants leurs seuls espoirs de vie meilleure. Un scandale des temps modernes auquel Anis répond avec les armes de son imagination. « Imagine un mec des pays de l’Est. Petit, il s’est fait renvoyer dans son bled. On est 20 ans plus tard. Comme on lui a volé la vie tranquille à laquelle il aspirait, il a viré au cliché maffieux. Tant pis pour nous, il revient en douce chez nous, méchant de chez méchant. Je ne voulais pas tomber dans un texte trop frontal. J’ai donc inventé cette histoire pour en parler ». Un reggae up tempo où le chant s’installe dans ses grandes largeurs.

Dans tes yeux « Il y a dans tes yeux comme un air curieux Il y a dans tes yeux Qui parfois sont vitreux La force vive de celles et ceux Qui en ont bavé plus que pour deux Il y a tout ça dans tes yeux… »

La première chanson écrite pour cet album, élaborée face à l’océan, l’esprit serein, un brin nostalgique. Anis songe aux regards mystérieux qu’ont souvent les gens photographiés en portrait. Une chanson à l’empreinte mélancolique, qui chaloupe et vous regarde bien en face, dans les yeux : « À Lisbonne, je l’ai testé dans ce fameux bar en bas de chez moi. Y aller avec une guitare, c’était forcément taper le boeuf. Je l’ai balancé guitare/voix et tous les gars présents ont sorti leurs couteaux pour m’accompagner. Tchik-tchik- tchik… J’ai su que c’était bon, elle fonctionnait bien. À l’enregistrement, on a ajouté les violons de Bernard Arcadio. Je retrouve la couleur des violons de l’introduction d’une des versions de « You’re my Thrill » chanté par Billie Holiday. Un vrai cadeau ».

Hagard du Nord « Taxi … dermie Emmenez moi loin s’il vous plaît Ici j’vais m’faire empailler Les poulaga vont s’radiner Ca colle comme dans un pot d’glue après Une mélasse bien tenace couleur bleu fonçdée ! Des merveilles rouges vermeil Le plein de pepettes et l’soleil C’est pas la récré, j’ai pas mordu Pas aboyer, payer l’loyer Comme un doggo discipliné Comme un Droopy aux yeux cernés »

Un hymne mélancolique et sublimé de traînard pris au piège, coffré par une basse bien lourde et emballé par une salve de choeurs intensifiant à merveille son climat. La face noire du chanteur : « Je n’allais pas bien, je buvais trop. J’avais l’alcool dépressif. Je m’aperçois maintenant qu’énormément de gens boivent. Et à la trentaine, quand ils se retournent sur eux-mêmes, ils découvrent qu’ils sont bien dedans, et depuis une paye. Là, on perd vite de sa fraîcheur ! L’alcool altère vraiment la pensée et le comportement. C’est un gros vice ».

L’Eau « Le « e » de mon équilibre est tombé dans l’eau Et cette pluie diluvienne est un vrai cadeau Tout droit tombé du ciel Sur le toit du merco Il faisait trop chaud Clap Hands et clapotis sur le capot M’ont fait frissonner Comme des ondes martenot J’suis pas comme E.T Je veux rester ici Les pensées désaltérées par la pluie »

La réponse à « Hagard Du Nord ». L’eau ? Un antidote. Parce qu’elle fait toujours du bien. « Elle te fait tenir des nuits de fête sans problème et jusqu’au matin. C’est toute la symbolique de l’eau que j’avais envie de traiter, en évitant le côté mystique « l’eau source de vie sacrée ! », ou le côté infantile de « notre corps est à 90% fait d’eau… ». Sollicité pour les violons, Bernard Arcadio les a entendu dès la première écoute. Un titre très mélodique, pour provoquer un bien-être aux clapotis relaxants.

Ô Mon amour ! « Ma trapéziste adorée J’aime ta danse dans les airs sans filet Mille envies, tes façons de m’enfiévrer Je suis ces quelques ronds de fumée qui s’échouent sur tes dessous parfumés Tâches de douceur graines de beauté Voici d’authentiques hypothétiques baisers Au plaisir de t’attraper »

Quand on ne l’a pas dans sa poche, on le fantasme. L’amour toujours, c’est l’oiseau rare. Anis ne sait pas trop quel goût il a vraiment, abonné qu’il est à l’occasionnel. Une occasion en or pour donner dans la chanson d’amour un peu naïve, en droite lignée de « Reggablues » : « j’ai maintenant la trentaine. J’ai eu pas mal d’histoires amoureuses, mais quasiment jamais durablement. Alors, forcément, ça rend curieux envers les expériences durables ». Une ambiance sucrée, un titre fatalement soul back to the roots, badigeonné d’une production riche en cuivres.

Swing Javanaise « !Elle est rock, elle est steady boogie, woogie Elle doute de chaque lendemain De ces entrechats du destin Qu’elle affronte de ses escarpins Elle est swing en élégance en fluidité et septième sens Quand elle danse ! »

« Quand je vois quelqu’un qui danse bien, j’adore et je regarde ». Une ballade contemplative, qui fleure doux la langueur ondulatoire des îles, sweet & soft. Le triple soleil des Marimba de Cyril Tronchet (instrument traditionnel d’Afrique et des Caraïbes, croisement entre le balafon et l’orgue), du west indies et du reggae s’invite par la fenêtre. Il fallait qu’Anis écrive deux textes avant de boucler sa session studio. Cette belle javanaise en fait partie. Un titre qui pousse à la rêverie, au chaud sur une plage ou posté pas très loin du dancefloor, en observateur avisé.

Lisboa « Msee c’est ma co-pilote Le vent me chuchote des blue notes Personne n’aime les menottes Personne J’veux une valise en carton Et voir de nouveaux horizons Plein de nouvelles sensations Bordel c’est pas que j’m’ennuie Mais j’irais bien voir ailleurs »

Un hommage obligé à cette ville de renaissance. Une chanson autobiographique qui ouvre vers un futur qu’Anis espère proche. L’entrain y est vif et passionné, comme l’envie d’Anis d’habiter à Lisboa dans l’avenir, quand il ne travaillera pas. En bonus de la section rythmique habituelle du chanteur, Philippe Almosnino (le guitariste des Wampas) y a posé ses riffs : « je n’ai pas une grosse culture rock, mais j’ai l’impression que le titre sonne comme certains des années 90, entre ce que je connais des Pixies et le rock noise de l’époque, en plus calme ! Par contre, c’est franchement hip hop dans la production ». Un titre qui donne envie de voyager.

À la ramasse « On se complète, on se complexe On se complaît, on se déplaît On avait toute confiance, On avait toutes nos chances, On se complique l’existence, On se noie dans la distance On avait toute confiance, On avait toutes nos chances »

Un ska, produit à l’ancienne. Un beau swing vintage qu’un jeu de guitare vient teinter de nostalgie. Quant au texte, c’est toute une aventure : « j’étais arrivé à la fin de l’enregistrement et j’avais encore deux textes à écrire. Je suis alors parti chez mon père. Sur l’autoroute, je me suis arrêté pour faire le plein. Comme je pensais à autre chose, je me suis trompé d’essence. Sur la bande d’urgence, j’ai attendu la dépanneuse qui m’a déposé à Herblay : une ville trop bizarre ! Les gens vraiment riches côtoient des white trash franchement extrêmes. J’ai atterri chez des gitans, façon forains. La femme ressemblait à une Sue Helen blonde choucroutée, genre gros trait bleu sous les yeux. Son mari était en bleu de travail crado avec la moustache et des chiens partout. Il y avait comme un vieil air hostile ! L’employé qui m’avait remorqué était le seul qui avait l’air gentil, et il s’est cassé vite fait. White trash / ramasse : ça allait bien ensemble. Ça m’a évoqué des images de casses, de Texas et compagnie… »

Tout ira bien « J’aime bien l’hiver, L’automne aussi L’été, c’est bien … bien Le printemps, je préfère Il peut bien pleuvoir ce matin Ca changera rien Tout ira bien Tout ira bien »

Le seul duo de l’album et le premier d’Anis. Une idée au générique passionnant. D’abord le choix de l’acolyte : ce sera Oxmo Puccino, dont la plume hip hop ne trouve actuellement pas de concurrence à la hauteur. Ensuite, le ton : un blues des origines, aux cuivres enregistrés en Allemagne par les diables de M.G.B.B. « J’étais trop content qu’Oxmo veuille bien venir poser à mes côtés. Il ne lui a fallu que vingt minutes pour faire quatre versions. Pour moi, c’est le Number One du hip hop français. Sa réputation va bien au-delà des sphères spécialisées. On a passé une très belle après-midi ensemble, à manger du gâteau au chocolat, à échanger… Un truc ultra relax ». L’effet reste brut et live, comme le grain si reconnaissable des interprètes.

sources :

http://www.anis-music.com


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