concerts 2012
le mercredi 13 juin 2012 - 21h00
Angélique Ionatos guitare & voix
Katerina Fotinaki guitare & voix
Gaspar Claus violoncelle
« ET LES RÊVES PRENDRONT LEUR REVANCHE » (Odyseas Elytis)
On le sait, « la poésie est une arme chargée de futur ». Aussi Angélique Ionatos convoque-t-elle les poètes, ses poètes grecs favoris, Odyseas Elytis, Yannis Ritsos, Kostis Palamas… et les autres, Nazim Hikmet, Pablo Neruda… « La parole poétique est une parole politique et prophétique », affirme la chanteuse. Mikis Théodorakis, Manos Hadjidakis, Angélique… ont déposé des notes sur ce répertoire. Escortée par deux musiciens, la voix chante en grec et dit en français, pour ne pas céder à la morosité et attiser l’espoir, afin que les rêves prennent leur revanche. Jacques Erwan
ANGÉLIQUE IONATOS
Angélique Ionatos est née à Athènes. Depuis 1982, elle vit entre la France et la Grèce. Associée au Théâtre de Sartrouville pendant 15 ans, la plupart de ses créations ont été présentées en première au Théâtre de la Ville. Elle a enregistré 18 albums, composant sur les textes des plus grands poètes grecs (1984, Marie des brumes d’Elytis ; 1992, Sappho de Mytilène, prix Charles Cros). En 1995, Mikis Theodorakis lui confie l’interprétation de son oeuvre Mia Thalassa, inédite jusqu’alors. En 2006, elle crée en espagnol Eros y muerte, sur des poèmes de Pablo Neruda. Katerina Fotinaki l’accompagne dans son dernier album Comme un jardin la nuit (2007).
Théâtre de la Ville 2 place du Châtelet Paris 4
ANGELIQUE IONATOS : EROS Y MUERTE
« Lorsque j’ai pris la décision de mélanger des chansons en trois différentes langues dans cet album, je savais que je prenais le risque que celui-ci ne paraisse hétéroclite. Mais, au fur et à mesure que j’avançais dans le travail de composition, je m’apercevais qu’un dialogue secret se mettait à exister entre les auteurs : c’est comme si Pablo Neruda arrivait à consoler le profond chagrin de Kostis Palamas grâce à ses lumineux sonnets d’amour et qu’Anna de Noailles, en s’appuyant si bien et si fort à la vie, réussissait enfin à laisser l’empreinte de son cœur innombrable sur cette noire « Journée d’Avril » de Kostas Karyotakis. Que quand l’un parlait d’amour, la mort se devinait en filigrane derrière sa passion, de la même manière que sous le lamento de Palamas pour son enfant mort, la vie reprenait ses droits en jetant au loin ses habits de deuil. Amour et mort. Le « miracle des voyelles » dont parle J.R. Caussimon dans la magnifique chanson mise en musique par Léo Ferré « La mort » : il semble que la mort est la sœur de l’amour.
Ces trois langues sont en réalité les trois strates de ma culture : le grec en tant que langue maternelle, le français en tant que langue d’adoption et quant à l’espagnol, elle est la première langue qui a fasciné l’enfant que j’étais. Je la chantais sans la comprendre pour imiter les chanteuses que j’écoutais sur les 33T que mon père marin ramenait de ses voyages en Amérique du Sud. C’était la langue du rêve ; sa musique ressemblait à celle du grec, mais comme je ne la comprenais pas je pouvais l’investir d’un sens imaginaire et totalement fantaisiste. Elle m’offrait la liberté. Le souvenir de cette liberté d’enfant m’a décidé d’être irrespectueuse. J’ai donc mélangé joyeusement les chansons sans tenir compte d’une éventuelle « cohérence linguistique ».
« SABRAS que no te amo y que te amo » ouvre l’album. Les cinq chansons en espagnol sont toutes composées sur les poèmes de P. Neruda extraits du recueil « Cien sonetos de amor » (La centaine amoureuse), tous dédiés à sa femme Mathilde. J’avais commencé à les composer il y a trois ans à l’occasion du spectacle (suivi du CD) « Alas pa’volar » et j’ai continué pour un hommage à Pablo Neruda en Mai 2004 créé à Montpellier.
Les chansons « ISSIHA KE SIGALA » (Doucement, tranquillement), « O MAVROS KAVALARIS » (Le Chevalier Noir) et « TO STERNO NANOURISMA » (La dernière berceuse), je les ai composées sur les poèmes de Kostis Palamas (notre Victor Hugo grec). Elles parlent de la mort de son jeune enfant. Les deux premières forment une suite musicale.
La chanson « MERA T’APRILI » (Jour d’Avril) parle de l’exécution d’un résistant grec Athanassios Diakos.
C’est à nouveau Kostis Palamas qui est l’auteur du texte « T’AGIOKLIMA » (Le Chèvrefeuille). C’est un poème d’amour d’une magnifique tendresse, mais aussi d’un érotisme caché (à peine…) où le poète voudrait être le chèvrefeuille qui grimpe et fleurit sous la fenêtre de sa bien aimée. K.Palamas écrivait en rimes et j’avoue ma grande frustration de ne pouvoir faire de même pour la traduction française, ce qui enlève une grande partie de la musicalité du texte original.
Anna de Noailles, et l’incandescence de son « EMPREINTE » m’ont offert un magnifique épilogue. Son arrogance, « le cri strident » de son désir de vivre, avaient beaucoup ému l’adolescente que j’étais lorsque j’ai lu pour la première fois ce poème. Il a vécu tout ce temps en moi, et a fini par trouver sa musique dans ma tête mais surtout dans mon cœur. Angélique Ionatos
infos :
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ANGELIQUE IONATOS
(LE TRITON - 93260, au prix de 24,20 €)
ANGELIQUE IONATOS
(CAFE DE LA DANSE - 75011, au prix de 24,00 €)






















