Spectacles et musiques du monde

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SAMIRA BRAHMIA

le 20 décembre 2018 au Festival international Dimajazz à Constantine, Algérie

SAPHO

SAPHO Chante Barbara le Mercredi 12 Décembre 2018 au New Morning à Paris

RENE LACAILLE

RENE LACAILLE EK MARMAILLE / BONBON VODOU / SUISSA (DAVID) en concert le Vendredi 14 Décembre 2018 au Hasard Ludique Paris (75)

JUAN CARMONA

En concert en Décembre 2018

Debademba

le Vendredi 21 Décembre 2018 à 21h au Studio de l’Ermitage à Paris

Soeur Marie KEYROUZ

Le 15 Décembre 2018 en concert avec l’Ensemble de la paix à Aubenas, Église Saint Laurent

Khalil Chahine

le 12 décembre 2018 au Studio de l’Ermitage

Isabelle Georges

du 27 au 29 Décembre 2018 au BAL BLOMET (Paris 15ème)

BLICK BASSY

En concert en Décembre 2018

HASNA EL BECHARIA

En concert en Décembre 2018

HARPREET BANSAL

le Jeudi 20 Décembre au Sunset Sunside Jazz Club

ALUNE WADE

Le 10 Décembre 2018 à L’Européen à Paris

BEIHDJA RAHAL

Le Samedi 15 décembre 2018, à 19h30 , Auditorio Nacional de Madrid, Espagne

Elie Maalouf

15 Décembre 2018 en concert avec Soeur Marie Keyrouz et l’Ensemble de la paix à Paris

Ballet de l’Opéra National de Kiev

Le légendaire ballet « Casse-Noisette » sera du 23 décembre 2018 au 6 janvier 2019 au Théâtre des Champs-Elysées à Paris

Jacques VIDAL

le 10 décembre 2018 au PAN PIPER à Paris

Aziz Sahmaoui

le Vendredi 20 décembre 2018 à Paris au festival Africolor

AYWA

le 15 Décembre 2018 au Tissé Métisses Festival à Nantes

ALGERIE : MUSIQUES REBELLES / 1930-1962

une sélection "coup de cœur musiquesdumonde" pour cette compilation de blues de l’exil , de chants de résistance

Coffret de 4 albums pour le cinquantenaire de l’Indépendance ( Musiques Arabo-andalouse, du Bedoui au Rai, Chanson kabyles, Chaabi ) NDH MUSIC / ref 001017

Blues de l’exil et chants de résistance

Réaliser une compilation de musiques et chants semble facile ! avoir l’accord des artistes et ajouter bout à bout les chansons par ordre et le tour est joué. En fait c’est la réalisation la plus difficile, faire la sélection parmi des centaines d’�uvres à classer par période , par genre musicale, par thèmes , choisir un chant, une musique d’un artiste. pour cela il faut avoir la connaissance de la langue, du patois, de l’histoire de la chanson ( comment , dans quelles conditions cette chanson a été écrite et pourquoi. et comment elle a été véhiculée, écoutée ..) .Dominique Misslin a eu la bonne idée de demander la collaboration de Nidam Abdi ( Journaliste à libération, auteur, concepteur d’un moteur de recherches pour les professionnels de la musique...à suivre..).
Une compilation qui sort pour le cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie, non pas pour raviver les "tensions" ou ouvrir les blessures,
mais juste pour ne pas oublier, ces chants joués, chantés, dansés dans les bars, dans des tavernes de résistance, dans les chantiers, dans les foyers, dans les taudis des "marchands de sommeille, dans les bidonvilles... Une compilation de blues de l’exil , de chants de résistance .
Salah Mansouri

une sélection "coup de cœur musiquesdumonde" pour cette compilation de blues de l’exil , de chants de résistance


TRACKLISTING COFFRET ALGERIE

1 Musiques arabo-andalouses

1 Hymne national algérien : Kassaman 5:05

2 Dahmane Ben Achour Nabiyatou Elhosni 4:22

3 Dahmane Ben Achour Bohormat Elahdi 3:56

4 Tetma Ouine Ana Ouine Hbabi 3:03

5 Tetma Masaab Haml Elfraq 3:02

6 Fadhila Dziriya Fraq Elhayat 3:10

7 Abdelhamid Ababsa Hiziya 8:26

8 Cheikh M’Hamed El Kourd Boud E’Diar 6:00

9 Cheikh M’hamed El Kourd Haramet Bik Nouaassi 6:08

10 Hadj Mohamed Tahar el Fergani Salah Bey 11:02

11 Hadj Mohamed Tahar el Fergani Bellah Ya Hamami 8:55

12 Hassene El Annabi Salah Bey 7:08

2 Du Bédoui au Raï

1 Cheikh El Madani Ya aoudi wach bik 06:24

2 Cheikh Hamada Ya Mra Galbek Jafi 02:57

3 Cheikh El Khaldi Goul L’ Bakhta Goul 06:42

4 Blaoui El Houari Biya Daq El Mor 10:01

5 Cheikha Nedjma El Barrani 05:30

6 Cheikha El Ouachma Sid El Hakem 06:13

7 Ourrad Boumedienne et Noura Ya bensidi ou ya khouya 11:12

8 Ahmed Wahbi Wahran Wahran 09:07

9 Ahmed Saber El Khedma 07:00

10 Cheikha Rimitti Charak Gataa 03:40

3 Chansons Kabyle

1 Hymne Amazigh : Kker a mmis umazigh ! 3:50

2 Cheikh El Hasnaoui Maison Blanche 3:21

3 Slimane Azem Ya Rebbi Ya Lmudebbar 5:56

4 Slimane Azem Idhahred Wagur 5:56

5 Slimane Azem Eff’ey ay ajrad tamurt-iw 5:52

6 Cheikh El Hasnaoui Habib Kalbi N’karni 3:00

7 Hanifa et Kamal Hamadi Ydem yidem 5:48

8 Hanifa a zzehr iw anda tenz id 5:49

9 Akli Yahiaten Ya Moujarrab 9:54

10 Youcef Abdjaoui Enif Enif 3:36

11 Abchiche belaïd i guelil 3:48

12 Farid Ali A yemma azizen sber u rettru 9:50

4 Chaabi

1 Hsissen Attir El Kafss 5:32

2 Hsissen Ellahi Yelt Ha Ebhamou 14:46

3 Boudjemaa El Ankis Tchawrou Aaliya 5:16

4 Boudjemaa El Ankis Ahou Liya 5:43

5 Hadj M’RIZEK El Bla Fel Kholta 12:37

6 Hadj Mohamed El Anka Lahmam Lirabitou 10:59

7 El Hadj Menouar El Hourm Ya Rassoul Allah 10:50

8 Dahmane El Harrachi El Bahdja Bida 5:53


BIOGRAPHIES DES ARTISTES

Dahmane Ben Achour (11 mars 1912-15 septembre 1976) est une figure de proue de la musique
classique algérienne. De son vrai nom Achour Abderrahmane, Dahmane Ben Achour
est né à Ouled Yaïch (Blida).
Dès son jeune âge et accompagné par l�un de ses amis, Ali Mili issu des grandes écoles de
l�art classique, il se fait remarquer en 1931, par sa belle voix au sein de la société blidéenne de
musique El-Adabia. Dès 1946, il acquiert de solides bases musicales en musique arabo-andalouse
au sein de l�orchestre dirigé par Mohamed Fakhardji et devient un érudit du Hadra traditionnel.
Il chantait et jouait tous les instruments. Il fut également un pédagogue de renommée et fut un
pilier du renouveau et de la transmission de cette musique.

Cheikha Tetma née à Fatéma Tabet (1891-1962) est une interprète algérienne de musique
Hawzy et du genre Hawfi originaire de Tlemcen. Cheikha Tetma fait partie de ces musiciens
qui ont marqué la vie artistique algérienne dans la première moitié du XXe siècle. Elle a été la
première femme à chanter à Tlemcen.
De 1919 à 1925, l�artiste est contrainte de s�exiler à Fès au Maroc suite à suite à une cabale menée
par certains notables conservateurs colons de la ville. S�imposer comme un maître de ce style
musical lui a donné une image « féministe » qui lui vaut encore de nos jours en Algérie le surnom
de « Cheikha Tetma, la Diva rebelle du Hawzy ».

Fadhéla Dziriya, de son vrai nom Fadhela Madani (née le 25 juin 1917 à Alger, décédée le
6 octobre 1970) est une cantatrice algérienne spécialisée dans la chanson Hawzi et Aroubi.
Elle est l�une des figures de proue de cette musique à Alger. Découverte grâce à une émission de
Radio Alger, elle va, après son départ en France en 1935, chanter le « Asri » (moderne) dans les
lieux fréquentés par la communauté maghrébine et arabe. C�est en 1949 qu�elle optera définitivement
pour le genre musical traditionnel qui lui apportera la consécration. Mais cette carrière
artistique prometteuse ne l�empêcha pas de participer, avec sa soeur Goûté, à la guerre de Libération
nationale et d�être jetée en prison à Sekondi pour collecte de fonds au profit du FLN.

El Hadj Mohamed Tahar Fergani né le 9 mai 1928 à Constantine, est un chanteur, violoniste
et compositeur algérien surnommé Le rossignol de Constantine. Maître de Malouf qui est le
répertoire de la musique arabo-andalouse de l�école de Constantine. Figure de proue de ce style
musical, son chant est souvent décrit comme une harmonie exquise. Il parvient à réaliser une
synthèse équilibrée de la chanson traditionnelle dans ses différentes facettes. La puissance de sa
voix incarne un degré de qualité d�interprétation qui charme un grand nombre des mélomanes.
Il demeure l�un des rares chanteurs à interpréter ses compositions portant sur quatre octaves.

Cheikh M�Hamed El Kourd de son vrai nom Mohamed Benamara, est né dans la Vieille
Ville d�Annaba le 2 août 1895. Pendant la Première Guerre mondiale, il est mobilisé en
Allemagne où il continue à pratiquer son art.
Durant son périple à travers les pays d�Europe et d�Orient il fréquenta des grands maîtres de
la musique arabe de Syrie, d�Egypte, de Tunisie, de Turquie et notamment du Kurdistan
où il fit connaissance avec la musique Kurde et où il hérita par la même occasion du surnom
« d�El Kourd » (le Kurde) qui deviendra à jamais son pseudonyme d�artiste. C�est avec le
piano, instrument dont il devient un virtuose, qu�il acquiert la notoriété en l�intégrant pour la
première fois dans un orchestre de Malouf. L�oeuvre de Cheikh M�Hamed El Kourd démontre
remarquablement la contribution du maître à la musique algérienne. L�évocation de Cheikh
El Kourd aujourd�hui ne va pas sans rappeler le le contexte dans lequel surgissait la notoriété
le contexte dans lequel surgissait la notoriété de cet artiste hors pair : le colonialisme en Algérie
était alors à son apogée. On s�apprêtait même à en commémorer en grande pompe le centenaire (1830-1930). La quête d�émancipation ne faisant pas encore l�unanimité chez les « indigènes »,
l�aspiration nationaliste buttait alors fortement sur la politique d�assimilation des autorités
coloniales. Grâce à M�Hamed El Kourd, Annaba, l�ex Bône, soumise le jour, s�encanaillait
souvent, le soir venu, sur les airs du malouf.

Hacene El Annabi (Ahcène Aouchel est né en 1925 à El Kseur Béjaïa). Il avait six mois
quand sa famille vint s�installer à Annaba. Il commencera très vite à tâter à l�art dans sa
ville d�adoption, dans le quartier des Beni M�haffeur que les colons appelaient sarcastiquement à
Annaba les Beni Ramassis car considéré alors comme un fief nationaliste, un vrai bastion de
fedayin. A l�époque, le malouf à Annaba était un vivier de talents confirmés comme cheikh
M�Hamed El Kourd, Mostepha Ben Khammar, cheikh Samaï, cheikh Larbi, etc. Des noms
illustres qui ont su imposer au malouf local, aux origines sévillanes, un style et un cachet particuliers.
Son approche originale du malouf a consisté notamment à simplifier les morceaux, à
faire des recherches linguistiques pour donner un plus grand sens aux compositions. Aujourd�hui,
l�école de musique de Annaba porte son nom.

Abdelhamid Ababsa est né le 15 décembre 1918 à Barika (Batna), Pendant sa jeunesse,
il écoute chanter Oum Kaltoum, Mohamed Abdelwahab et Farid El Atrache. Par nationalisme
il suit des cours d�arabe. Le secret de la musique, il l�a pénétré en autodidacte et ses
premiers pas dans la chanson nationaliste, il les fit en mettant en musique un poème de son
père. C�est lui aussi qui composa la musique du chant patriotique Fidaou el Djazaïr de son
ami Moufdi Zakaria. Atteignant la plénitude dans l�interprétation des chants, celle des qaçaids
(poèmes populaires), Forgé au nationalisme et à la poésie populaire, il y chante le nachid Fidaou
el Djazaïr, ce qu�il lui vaut d�être proscrit de la ville. En 1945, il dénonce le massacre du 8 mai et
en 1946, lors d�un meeting à Paris il chante Fidaou el Djazaïr et se retrouve en prison, pour deux
ans, en compagnie de Cheikh El Hasnaoui. Durant la guerre d�Algérie, il organise en France des
galas privés pour la communauté émigrée et à la veille de l�indépendance, il se consacra aux
nachid et chansons patriotiques.

Cheikh El Madani (1988-1954) né à Sidi Bel Abbes, il grandit dans le quartier « Gambetta
 » quartier déshérité et foyer nationaliste. La chanson interprétée sur cette compilation « Ya
Âoudi Wach Bik » est son plus grand succès, c�est un classique du « Bédoui » et fait partie du
patrimoine algérien. Il fut aussi l�auteur avant-guerre d�une chanson engagée « Ya Abdelaziz ya
Abdelkader » qui lui valu les foudres du système colonial qui le jeta en prison.

Cheikh Hamada est un chanteur algérien, natif de Bad Touaria, près de Mostaganem, né
en 1889 et mort le 9 avril 1968. Cheikh Hamada est le chantre éternel du chant bédouin.
Il a fait partie du bouillonnement musical de l�entre-deux-guerres. Ce chanteur hors pair a enclenché
la citadinisation du Bédouin traditionnel. Phénomène majeur dans la musique maghrébine.
Il a fait son premier enregistrement en 1920 et par la suite, il a continué à faire des disques en
Algérie, à Paris et Berlin, jusqu�à sa mort. ce chanteur est le père de deux fils résistants à l�ordre
colonial tués durant la guerre de libération nationale de l�Algérie 1954-1962.

Abdelkader El Khaldi né à Mascara en 1896, est l�un des plus grands poètes algériens de
Melhoun. Mort en 1964, il est enterré à Oran. Abdelkader El Khaldi s�imprègne des plus
grands poètes du Melhoun du terroir oranien. Poète fécond, il se signale par ses textes de poésie
courtoise teintée d�érotisme, dans lesquels il célèbres ses nombreuses conquêtes. Et notamment
comme dans le titre de la présente compilation, Bakhta, la plus célèbre, a laquelle il consacre plus
de cinquante poèmes. En tant que parolier et interprète, il a contribué d�une manière décisive à
l�avènement de la chanson oranaise moderne. Khaled reprendra d�ailleurs « Bakhta » dans son
album N�ssi N�ssi.

Blaoui El Houari né le 23 janvier 1926 à Sidi El Hasni un quartier d�Oran. C�est avant
la deuxième guerre que Blaoui El Houari remporte un premier prix de radio-crochet. Ce
succès le décidera dans une voie de modernisateur du genre populaire oranais le : Bédoui auquel
il restera attaché. Il enregistre son premier disque en 1955 chez Pathé. Son répertoire s�enrichira
de près de 500 chansons qui influenceront nombre de chanteurs des années 80 dont Cheb Mami et
Houari Benchenet. Blaoui El Houari reste celui qui a le plus adapté les grands poème populaires
du Melhoun comme ici celui du Cheikh Hachemi Bensmir dit « Taïr Labiahh » (l�Oiseau Blanc).
Il passera également par le scoutisme algérien qui est aussi l�une des principales écoles de
formation politique nationaliste par lesquels beaucoup d�artistes comme Ahmed Wahby sont
passés, creuset de chants modernes, inspirés par la musique du Caire et marqués par un fort
contenu arabo-nationaliste

Cheikha El Ouachma (La tatouée) né en 1922, fut l�une des premières Cheikhates a
enregistrer dans différentes maisons de disques. Connue pour un titre sulfureux : « Gatlak
Zizia » (Zizia te dit ce soir on couchera chez moi). Elle reste surtout comme l�interprète de
« Smahni ya el commandar » (Excusez moi ô commandant) et le titre présent sur cette compilation :
« Sid El Hakem » (Monsieur le juge) deux chansons qui évoquent le quotidien de la guerre et
le vécu du petit peuple sous la répression militaire. Cette chanson est devenue un classique du
Raï et sera reprise par un grand nombre de chanteurs et chanteuses du Raï moderne.

Ourrad Boumedienne est né à Oujda au Maroc en 1931, il fait partie d�une. d�une nouvelle
génération de chanteurs adulés des nouvelles populations citadines. Musicien virtuose et
nationaliste convaincu, il dirigera à l�indépendance l�orchestre de la RTA naissante, malheureusement
pour une courte durée puisqu�il décèdera dans un accident de voiture en 1963.

Noura, dont le nom complet est Fatima Zohra Badji, est une chanteuse née à Cherchell en
1942. Elle est la première chanteuse algérienne a accéder au statut de star.

Ahmed Wahby de son vrai nom Ahmed Driche Tedjini est né à Marseille en 1921 et
mort à Alger en 1993. Ahmed Wahby va trouver sa vocation de chanteur à travers le réseau
du scoutisme et notamment avec la création en 1937 du groupe de scouts musulmans d�Oran - En-
Najah. Il crée un genre musical nouveau El Asri qui incorpore au rythme et au langage poétique
typiquement oranais une forte influence égyptienne venue des grands maîtres : Mohamed
Abdelwahab et Faris El Atrache. Ahmed Wahby fut aussi un militant nationaliste durant la guerre
de libération nationale (1954-1962), lorsqu�il rejoint en août 1957, la base frontalière de l�Est,
Ghardiamaou, pour renforcer la troupe artistique du FLN et participer à des tournées de galas dans
les pays amis d�Europe, d�Asie et du Moyen Orient, pour représenter l�Algérie et son peuple en
lutte pour sa liberté. En 1950, il enregistre chez Pathé-Marconi sa chanson phare sur le thème de
l�exil qui le consacre dans la tradition algérienne : Wahran Wahran. Chanson où il évoque son père
Dader. Ce grand titre sera repris par Khaled sur son album « Sahra »

Cheikha Rimitti, née à Tessala, village situé près de Sidi Bel-Abbès, le 8 mai 1923, la jeune
Saïda, qui cachait son véritable nom est l�icône du Raï. Orpheline, élevée par des « patrons »
qu�elle a quittés à l�adolescence pour suivre une troupe de musiciens nomades : les Hamdachis,
la jeune Saida connait la misère avant de se lancer dans la chanson dans les années 40, à
Relizane, Oran et Alger. Son nom lui vient d�après l�anecdote du fait que rentrant dans un café,
elle est reconnue par le public qui l�acclame, voulant les remercier en payant une tournée, mais
parlant mal le français, elle dit : « Remettez, madame, remettez ». Elle connaît son premier succès
avec l�enregistrement en 1954 du titre Charak Gataa, (Déchire, lacère, et Rimitti raccommodera).
Véritable manifeste du Raï.

Cheikh El Hasnaoui, de son vrai nom, Mohamed Khelouat, nait le 23 juillet 1910 au hameau
de Taâzibt, au sud de la ville de Tizi Ouzou, Il meurt à l�Ile de la Réunion le 6 juillet 2002.
Il commence à chanter très jeune et il compose toutes ses chansons pour sa dulcinée Fatma.
À 17 ans il demande sa main, qui lui est refusé car elle est promise.
Il s�installe alors à Alger, où il compose sa première chanson professionnelle, en hommage à
sa défunte mère, ayant pour titre « Ayema Yema ».
En 1937, après 6 années passées à Alger, il décide de s�exiler en France, dans le XVe arrondissement
de Paris. En 1946, il enregistre chez Odéon 13 chansons, toutes des succès. Trois ans plus
tard, il récidive avec 11 succès. Durant la guerre de Libération nationale, Cheikh El Hasnaoui avait
cessé toute activité en signe de solidarité. Cheikh El Hasnaoui souvent associé au titre majeur
« La Maison Blanche « s�illustre dès les années 30 en créant un style propre à lui et reconnaissable
à sa cascade de voix grave, aux sonorités lancinantes du banjo et à ses textes qui évoquent
la douleur sentimentale. Le thème de l�exil deviendra par ailleurs le leitmotiv d�une grande
partie de son oeuvre. De Lounès Matoub à Lounis Aït Minguelett, Kamel Messaoudi et bien
d�autres s�inspirent ou évoquent l�oeuvre musicale de Cheikh El Hasnaoui, pour sa musique ou sa
thématique récurrente de l�exil comme source d�inspiration.

Slimane Azem est né le 19 septembre 1918 à Agouni Gueghrane, un petit village situé sur
les contreforts des monts du Djurdjura en Kabylie. Ses chansons ont eu un tel impact sur
les consciences que certains vers sont devenus des adages dans la vie courante : « Comme disait
Slimane Azem� ». Sa carrière commence en France où il était émigré. Envoyé en Allemagne au
titre du STO, il est libéré en 1945. En 1947, alors que beaucoup de Kabyles quittent les villages
pour venir en France, lui rentre en Algérie. Il pratique le scoutisme, et s�engage dans la lutte
nationaliste à travers le MTLD. Bouleversé par les massacres de Sétif, il oriente ses compositions
vers l�éveil des consciences. Entre autres thèmes elles évoquent la privation de liberté imposée
au peuple, le malheur de devoir quitter son pays pour s�exiler. La guerre déclarée il compose la
chanson « Idhahred Wagur » (Le croissant de lune apparaît) titre n° 4 du CD chanson kabyle.
A travers ce titre, il évoque le drapeau algérien dans une douloureuse allégorie. Dans la même
période, il écrit et compose « Eff�ey ay ajrad tamurt-iw » (Criquets, quittez mon pays)
Titre on ne peut plus explicite. Cette chanson a fait date dans la chanson algérienne engagée.

Son oeuvre effleurée ici, est marquée par une fidélité indéfectible au caractère traditionnellement
contestataire de la poésie kabyle. Dans celle-ci il a fait le choix délibéré d�interpeller les siens
au moyen de chansons qui pouvaient être écoutées « en famille », c�est-à-dire en tous points
conformes aux règles de la bienséance. Aujourd�hui encore, la jeune garde artistique kabyle
perpétue sa mémoire à travers des reprises de ses chants les plus bouleversants (Rabah Asma,
Matoub Lounès�).

Hanifa (1924-1981) a ouvert la voix aux chanteuses kabyles. Pendant la guerre elle a
notamment composé une chanson « Amjahed » (Le combattant) où elle dénonce les traîtres
(Harkis). Le refrain de sa chanson commence par « Nous sommes déroutés par les harkis, ils
ne veulent pas comprendre, vers le parti de la France ils commencent à se tourner. »

Kamel Hamadi, pseudonyme de Larbi Zeggane est né le 22 décembre 1936 à Ath Daoud,
dans la Wilaya de Tizi-Ouzou).
Artiste incontournable du patrimoine kabyle et algérien, il a joué un rôle prépondérant dans
l�émergence de plusieurs artistes de son pays. Dans la vie artistique algéroise des années 50-60,
influencée par une tradition musicale d�expression arabophone malgré la présence d�une communauté
kabyle dominante - le jeune homme, fier de son identité berbère, a su faire entendre sa
langue maternelle, composant en kabyle pour les grands maîtres de la chanson algéroise. De Idir,
à Lounis Aït Minguelett en passant par Djamel Allam et la génération rai (notamment Mami et
Khaled), tous, ont croisé la route du maître bénéficiant de son influence et de son prestige pour les
uns, de son génie créatif pour les autres. Mais malgré une carrière exemplaire et prolifique, Kamal
Hamadi demeure une figure méconnue de la jeune génération et son oeuvre mérite davantage d�être
connue dans toute sa dimension. Dès le déclenchement de la guerre, il compose des chansons
qui ont trait au conflit, comme en 1956, cette chanson « L�Algérie porte un nom très aimé » dont
l�armée française demande tout de suite l�interdiction. Après la mort du colonel Amirouche,
Kamel Hamadi écrit une chanson où il évoque d�autres combattants tués, tels, Ben Boulaïd,
Didouche Mourad, Zighout Youcef, Abane Ramdane, Ben M�Hidi, Ali La Pointe, Abderrahmane Taleb

Akli Yahiaten né en 1933, fréquente jeune le scoutisme musulman et se familiarise avec
les chants patriotiques, « Nnacidat ». Son parcours de jeunesse, qui lui voit exercer 1953. Il vit en jouant dans les cafés. Pareillement, il s�engage dans les réseaux du FLN où il occupe
des responsabilités. Arrêté à Paris en 1957, détenu à la prison de Fresnes, il est mis six mois
en isolement total. Pendant cet isolement, il compose nombre de poèmes qui deviendront des
chansons (dont le titre présent dans cet opus : « Ya Moujarrab »). La particularité, c�est que
ne sachant ni lire, ni écrire, il composait ses poèmes oralement et les apprenait par coeur. Ses
chansons de prison connurent toutes un grand succès. En prison, il chantait depuis sa cellule, à la
longue ses « frères » commençaient à connaître ses chansons et les reprenaient. Les surveillants
interdirent aux détenus de les chanter, et qui était surpris à le faire était puni de huit jours de « mitard
 ». Aux grands désagréments des « matons » le « mitard » fut vite plein, et au lieu d�avoir affaire à des
chanteurs isolés, ils durent faire face à des choeurs entiers chantant « Esber, Esber » (Résiste, résiste).

Youcef Abdjaoui né en 1932 à Aït Allouane (Akfadou) ; il meurt en 1996 à Paris. Par la suite,
l�auteur de « Tit de wul », (l�oeil et le coeur) décide de partir en France où il compose la
majorité de ses oeuvres. Youcef a chanté l�espoir, l�amour, la patrie et la terre natale, la trahison,
la fraternité, les problèmes sociaux� Durant la Guerre de Libération nationale, le chanteur
rejoint à Tunis la troupe musicale du F.L.N pour combattre « avec sa guitare ». Son répertoire
dénonce l�injustice coloniale et pendant la guerre des chants explicites comme (titre français
 : « Combattant tu chemines vers la lumière »). Il était très populaire parmi les travailleurs émigrés
de la région parisienne.

Abchiche Belaïd né en 1935, s�est lancé dans l�interprétation de certaines chansons patriotiques
appartenant à d�autres artistes très connus, qu�il a chantées dans des bistrots, en présence
de la communauté, au moment où la guerre faisait ravage au pays.

Farid Ali Né en 1910, son vrai nom est Ali Khélifi. En 1930 il émigre en France, puis s�engage
et milite au sein des Brigades Internationales en Espagne. Revenu en France, il milita très
tôt au sein du PPA-MTLD. En 1951, il est expulsé de France, accusé d�avoir participé à un attentat
contre un responsable de l�ORTF. Militant actif de la Fédération de France, il était recherché ce
qui l�obligeait à se déplacer sans arrêt. A la fin de l�année 1957, on le retrouve comme membre de
la troupe du FLN en tant qu�interprète. C�est de cette époque que date sa fameuse chanson Ayema
Aziezen enregistrée à Tunis et reprise par les Djounouds dans les maquis


Hsissen,
pseudonyme de Ahcène Larbi Benameur, né le 8 décembre 1920 dans la Casbah
d�Alger au sein d�une famille originaire de Maâtkas (Tizi-Ouzou). Comme tous les
musiciens algériens, il apprit a jouer par lui-même, d�abord de la mandoline, ensuite de la guitare
et du mandole, pour égayer les soirée des jeunes de son quartier. Son talent lui permit très vite de
se joindre aux orchestres des plus grands maîtres, Auprès d�eux il se familiarisera avec les modes
classiques en usage dans le Chaabi, si bien que très vite, ayant appris à leur contact une multitude
de poèmes, il se mit a composer lui-même. Quelques années avant la Révolution de 1954, il
dirigeait son propre orchestre et sa popularité s�étendait déjà au-delà de la ville d�Alger. Ses
activités artistiques se doublaient d�activités politiques ; chantre du MTLD qui menait une activité
de propagande sur toute l�étendue du territoire algérien, il milita activement jusqu�à la « Bataille
d�Alger » ou, se sentant menacé il prit la décision de s�exiler. Il « monta » d�abord a Paris ou il
retrouva une grande partie de ses amis, réfugiés comme lui ; c�est a cette époque que sa collaboration
avec Missoum lui permit de renouveler le genre. Il réalisa chez Pacific l�unique enregistrement
commercial de sa carrière. C�est a cette époque aussi que, revenant aux sources, il composa,
toujours dans le style « Chaabi », quelques oeuvres en kabyle. De Paris, il se rendit à Tunis. Il fut
incorporé dans la troupe artistique du FLN et participa aux différentes tournées dans les pays amis.
Son état de santé déclina très vite et il mourut le 29 septembre 1959 à l�hôpital Saddikia de Tunis,
des suites d�une maladie pulmonaire. Malgré la brièveté de sa vie, et le peu d�oeuvres produites
ses chansons sont restées au coeur des algériens

Boudjemaa El Ankis, de son vrai nom Boudjemâa Mohammed, est né en 1927 à la Casbah
d�Alger. C�est à 12 ans qu�il débute la musique, en imitant le grand maitre El Anka, ce qui lui
valut son pseudonyme. De ses débuts jusqu�au début de la guerre de libération nationale, il mène
une carrière en dents de scie. La guerre de libération ne l�épargna pas. Il sera arrêté et torturé, à
deux reprises par les services spécialisés de l�armée coloniale, en 1957 et en 1960. Dès sa sortie
de prison, il renoue avec ses activités artistiques. Auteur-compositeur de Djana El Intissar, hymne
à l�Indépendance, il y évoque les manifestations du 11 décembre 1961. C�est après l�indépendance
qu�il connut vraiment le succès

Hadj M�rizek est le nom de scène d� Arezki Chaïeb, né lui aussi dans la Casbah d�Alger en
1912. C�est par son demi-frère, organisateur de spectacles, qu�il vient à la musique. Il suit
les représentations des vedettes de l�époque comme Cheikh Nador.
M�rizek fait un apprentissage musical classique (Tar, Darbouka) avant de faire du Mandole son
instrument de prédilection. On s�accordait à lui reconnaitre « des qualités artistiques que sont la
clarté de l�expression verbale et son sens inné du rythme ». Il devient la star de la casbah en 1929
et participe à des fêtes à Blida, Cherchell et dans le M�zab. C�est le premier artiste qui réussit à
faire émerger le Chaabi de la Casbah d�Alger. Sa renommée arrive en métropole où il enregistre
plusieurs 78 tours, dont en 1951 El Mouloudia, son plus gros succès

Hadj Mohamed El Anka naquit à Alger en 1907, Petite anecdote à propos du quiproquo
autour de son nom : Aït Ouarab Mohamed Idir Halo : Son père Mohamed Ben Hadj Saïd,
souffrant le jour de sa naissance, dut être suppléé par un parent maternel pour la déclaration à
l�état civil. C�est son oncle maternel qui se présente en tant que tel et dit en arabe « Ana Khalo »
(Je suis son oncle) et c�est de cette manière que le préposé inscrivit « Halo ». Il devient alors Halo
Mohamed Idir. Mohamed El Anka n�était encore qu�un gamin quand cheikh Nador l�engagea
dans son orchestre en tant que joueur de Tar (tambourin). A la mort de ce dernier en 1926, El Anka
âgé de 19 ans à peine réussit malgré tout à prendre le relais de son maître dans l�animation des fêtes
familiales. Aidé en cela par des musiciens chevronnés. El Anka a incontestablement donné une
nouvelle impulsion au Medh. Son interprétation était percutante et sa diction atypique, même son
jeu de Mandole était captivant ; c�est d�ailleurs à lui que l�on doit l�apparition dans les orchestres
du Medh du mandole typiquement algérien que nous connaissons aujourd�hui. À ses débuts, il se
produisait dans les fumeries où les jeunes de sa génération venaient apprécier son art. Son nom
de scène était « M�hamed El Meddah » mais les maîtres de l�Arabo-Andalou l�appelaient cheikh
El Harras (le casseur) car il avait une manière inhabituelle d�interpréter l�istikhbar ou l�insiraf.
1928 est une année charnière dans sa carrière, il enregistre 27 disques 78 tours chez Columbia,
son premier éditeur et prit part aussi à l�inauguration de la Radio PTT Alger. Grâce aux moyens
modernes du phonographe et de la radio El Anka était désormais devenu le promoteur du Medh.
Il reste jusqu�à aujourd�hui le grand maître du Chaabi.

El Hadj Menouar Egalement natif, en 1913, de la Casbah d�Alger, El Hadj Menouar gagna
le surnom de Prince du Tar. Privé d`instruction, ne sachant ni lire ni écrire, il était en revanche
doué dune mémoire phénoménale. Emmagasinant des centaines de Qacidas même les plus
longues, il devint rapidement une véritable encyclopédie. Passionné très jeune par la musique, il
fut encouragé par K�hioudji. Hadj Menouar se spécialisa dans les oeuvres religieuses. Sa célébrité
s�étendait de jour en jour, il anima de nombreuses fêtes familiales ou publiques, recevant toujours
le meilleur accueil auprès de la population qui aimait sa voix forte et mélodieuse. Hadj Menouar
est le maître incontesté du « Kheloui », là où l�improvisation et le passage subtil d�un mode musical
à un autre jouent un grand rôle.

Dahmane El Harrachi de son vrai nom Abderrahmane Amrani, est né le 7 juillet 1926 à El
Biar (Quartier d�Alger). Il habite avec sa famille le quartier d�El Harrach, d�où l�origine
de son surnom. Il s�initie très tôt au banjo, influencé par le chanteur Chaabi Khélifa Belkacem
(décédé en 1951). À 16 ans, il en interprétait déjà les chansons.
En 1949, il se rend en France et s�installe à Lille, puis à Marseille et enfin Paris. C�est ainsi qu�il
se fait connaître. Il enregistre son premier disque chez Pathé Marconi en 1956. Sa chanson behdja
bidha ma t�houl (traduction : Alger la blanche ne perdra jamais de son éclat) figure sur cet opus. Il
compose aussi kifech nennsa biled el khir (Comment pourrais-je oublier le pays de l�abondance)
pendant la guerre de libération.
Il est l�auteur d�environ 500 chansons. Ses paroles incisives et ses mélodies le font apprécier du
grand public. Pour donner plus de consistance à ses textes lyriques, il fait très souvent appel au
procédé métaphorique. Sa voix rocailleuse se prête très bien à son répertoire brossant les thèmes
de la nostalgie du pays, les souffrances de l�exil, la passion pour sa ville natale, l�amitié, la famille,
les chagrins d�amour, les vicissitudes de la vie, la droiture, la rigueur morale tout en fustigeant la
malhonnêteté, l�hypocrisie, l�ingratitude et la mauvaise foi. El Harrachi chantait l�air du temps et
n�a jamais prétendu puiser dans le répertoire des anciens poètes maghrébins du Melhoun. C�est un
artiste original qui a modernisé le Chaabi.
Une de ses chansons les plus célèbres Ya Raya (Le Voyageur) a connu un grand succès en France
et en Algérie grâce à la reprise qu�en a fait Rachid Taha, La chanson originale a fait le tour du
monde et a été traduite en plusieurs langues tout en gardant la même mélodie.


Notes de livret :

1962-2012 : Sortir du Colonialisme célèbre l�Indépendance de l�Algérie en mettant en sons et lumières l�art et la culture de ce peuple, ce qui, en ces temps obscurs de révisionnisme colonial rampant, nous semble être oeuvre de salubrité publique.

Déconstruire une mémoire officielle constellée de glorieux faits d�armes et autres missions civilisatrices, écrite en falsification de la vérité, reconnaître les souffrances toujours à vif des opprimés, dénoncer les horreurs de la colonisation, cette violence dominatrice et éradicatrice, négation économique, sociale, intellectuelle et psychologique des populations asservies.

Tel est le sens de ce coffret de 4 CD, accompagné de son livret d�une vingtaine de pages, véritable concentré d�histoire et de musicologie, fourmillant d�anecdotes savoureuses ou pathétiques, faisant revivre ce bouillonnement créatif que fut la musique algérienne. Le tout replacé dans le contexte de la lutte anticoloniale, des années 30 jusqu�en 1962, date à laquelle le peuple algérien regagnait enfin sa liberté au prix d�une lutte intransigeante.

Jamais l�Algérie, ne fut la « Terra Nullius »*qu� y voyaient les conquérants français. Un métissage des diverses cultures l�ayant traversée de façon plus ou moins pérenne l�imprégnait déjà.

Le premier peuplement berbère connut les comptoirs phéniciens, l�occupation romaine, le déferlement des Vandales puis la conquête Arabe, avant la domination Ottomane.

Quant à l�agression française, entamée en 1830, elle mit cinquante ans à soumettre entièrement le pays. Jamais l�Algérie n�avait été autant anéantie que sous la botte française, une occupation de peuplement violente, transformant les villes en villes françaises, expropriant et accaparant les terres les plus fertiles, réduisant les « natifs » au rang de citoyens de seconde zone.

Et c�est des influences plurielles de cette Histoire que s�est nourrie la musique algérienne : musiques berbères, musiques africaines subsahariennes, musiques chrétiennes d�Orient, musiques juives, musiques arabes (Bagdad) et perses dans un premier temps. Puis après « La Reconquista » et l�expulsion des Juifs sépharades et des Arabes de la Péninsule Ibérique, les apports massifs au Maghreb d�influences venues d�Espagne et du Portugal donnèrent naissance à un style musical dominant : l�Arabo-Andalou.

Vecteur de la prise de conscience politique nationale, la musique joua un rôle prédominant lorsque dans les années 30, la France s�apprêtait cyniquement et sans états d�âme à fêter le centenaire de la colonisation. L�humiliation et la stigmatisation favorisèrent alors l�esprit de révolte, et la revendication culturelle devint prégnante auprès des populations autochtones. Surtout après la 2ème guerre mondiale, la misère et l�exploitation dans lesquelles les Français tenaient le peuple firent grandir la colère : les conditions du déclenchement d� une guerre de libération nationale étaient réunies. On assista soudain à un brusque regain d�intérêt pour la musique Arabo-Andalouse, son écoute, sa transmission, sa pratique. De nombreuses associations musicales, ouvertes ou clandestines, se créèrent, parfois dissimulées dans le club sportif local, entre la section football et la section athlétisme. Le scoutisme algérien fut aussi un des lieux privilégiés de la création et de la diffusion de chansons.

Les nouvelles technologies d�enregistrement (phonogrammes) et le développement de la TSF, puis de la télévision devinrent rapidement un enjeu politique. Toute revendication culturelle était suspecte aux yeux et aux oreilles de l�occupant, les poèmes même les plus imagés devenaient des brûlots nationalistes. Les émissions de radio en langue arabe ou berbère faisaient l�objet d�une surveillance très serrée. La France mit ainsi en place un système de censure draconien auquel il fallait se soumettre pour enregistrer la musique.

Choix subjectif totalement assumé, cette compilation se veut un miroir de la période 1930-1962 à travers la musique et la chanson de la société algérienne.

Blues nostalgiques de l�exil, chansons explicites ou allusives, chansons de cabaret aux paroles irrévérencieuses, voix provocantes des femmes insolentes � la bande son d�un peuple en lutte pour sa vie, sa dignité, mais aussi un peuple qui pleure, rit, chante et danse.

Dominique Misslin avec Gisèle Felhendler



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