Spectacles et musiques du monde

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Gochag Askarov & Pierre de Trégomain en concert pour la sortie de leur album : "Mugham Souls" le 24 Novembre 2017 à Musiques au Comptoir, à Fontenay-sous-Bois - Entrée libre

Ruben Molina - Nuit Flamenco Acte II

Nouveau spectacle de la compagnie Rubén Molina : Nuit Flamenco Acte II du 20 au 31 décembre 2017 à 20h30 au Café De la Danse à Paris

Mehdi Nassouli

En concert en Novembre 2017

Robert Guédiguian

Sortie du Film "La Villa " avec Jean-Pierre Darroussin, Ariane Ascaride, Gérard Meylan .. le 29 novembre 2017

Costa-Gavras

Parrain du Festival du film franco-arabe de Noisy-le-Sec 2017

TINARIWEN

en concert le Vendredi 24 Novembre 2017 à 21h à Elancourt (78) Le Prisme

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Lundi 20 novembre 2017 à la Cigale à Paris

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SOUAD MASSI

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AMADOU ET MARIAM

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CALYPSO ROSE

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Moh Kouyaté

En concert le vendredi 24 Novembre 2017 au New Morning à Paris pour la sortie de son nouvel album : "Fé Toki"

Bollywood Masala Orchestra

En concert en Novembre 2017

AIT MENGUELLET

concerts

2017

Le 14 Octobre 2017 à 21h à AULNAY-SOUS-BOIS (93) dans le cadre de la Semaine franco-berbère

Théâtre et cinéma Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois
134, avenue Anatole France 93600 Aulnay-sous-Bois
Réservations : au 01 58 03 92 75
www.tcprevert.fr



Vendredi 27 Octobre 2017 à Aubervilliers (93) Dans le cadre du festival VILLES DES MUSIQUES DU MONDE


2018

le 11 Janvier 2018 à La Filature, Scène nationale - Mulhouse

Samedi 10 Février 2018 à Trappes (78) La Merise


BIOGRAPHIE

LOUNIS AïT MENGUELLET (Chanteur poète)

Le ciseleur de vers

Il est plus enraciné que jamais dans les tréfonds de son pays. Le chanteur et poète Lounis Aït Menguellet est différent des autres artistes, nombreux, qui sont complètement déracinés et dont certains marchandent même leur personnalité et l’image du pays uniquement pour se faire offrir un titre de séjour dans l’Hexagone. Aït Menguellet reste l’inamovible interprète des rêves et le traducteur fidèle des réalités et du vécu de ses auditeurs.

L’ailleurs pour lui, c’est ici ; ce sont sa culture, sa langue, sa personnalité identitaire, et sa terre. Lors d’une tournée en France, raconte-t-il, une journaliste du Monde venue l’interviewer lui demande pourquoi il ne chantait pas en français. « J’ai ma propre langue madame ! », lui répond-il. « Pourquoi êtes-vous en France alors ? », questionna-t-elle, encore. Lounis, solidement attaché à son pays et à sa
culture, lui répond : « En France, j’ai un important public, et c’est pour lui que je suis là. Autrement, j’aurais visité la tour Eiffel et je serais rentré dans mon pays. » Les répliques étaient telles que la journaliste n’a pas publié l’interview, témoigne-t-il encore.

Après 37 ans de carrière, plus de 200 chansons produites et une notoriété bien établie, Lounis est toujours resté ce campagnard fier, ce montagnard au fort caractère, coulant des jours paisibles dans son village, Ighil Bouamas (Tizi Ouzou). « La vie au village n’est pas aussi ennuyeuse qu’on le pense. Le village où l’on est né
présente des attraits que d’autres personnes ne peuvent pas voir. Le fait de me réveiller le matin et de voir la même montagne depuis que je suis né m’apporte toujours quelque chose. » De l’inspiration, de la réflexion, de la méditation, certainement. Et du recul par rapport à une actualité pressante, harcelante. La fin des années 1990 et le début de ce millénaire, il les a vécus dans la douleur.

Des articles de presse enflammés contre sa personne, une regrettable diatribe avec le regretté chanteur Matoub Lounès, une invitation à controverse à la campagne du président Bouteflika en septembre 1999 ont meublé ses jours, lui, qui défend sa liberté de « vivre en homme à part entière », de mener sa vie de poète, et de créateur à l’écoute des pulsions de sa société, loin des considérations temporelles et des alliances conjoncturelles. Lounis Aït Menguellet est tellement simple, entier et sans
calculs qu’il ne songe jamais qu’il y a des pièges tendus et des plans à déjouer. Il ne laisse pas indifférent tant il impose le respect et que sa parole porte toujours, car il est demeuré invariablement lié à son entourage, à sa société, à son pays. Son incarcération en 1985 pour une sordide histoire de « détention d’armes de guerre » a duré 6 mois. Durant les années 1991 et 1992, dans un élan humanitaire et social, il organise des galas pour collecter des fonds pour la construction de châteaux
d’eau à Ibarbachen (Barbacha), dans la région de Béjaïa. Généreuse initiative que nul artiste n’a songé à mettre en oeuvre. Mais, au visionnaire, il est reproché paradoxalement son « manque d’engagement ».

« Sensible aux sensibilités »

Pour Lounis Aït Menguellet, les manifestations publiques « sont devenues tendancieuses. Dans le royaume de l’étiquetage et du catalogage », il ne peut s’empêcher d’éviter les colleurs d’étiquettes. Il s’explique : « Je suis sensible aux problèmes des gens et du pays, je suis également sensible aux sensibilités, mais sans que l’on soit catalogué. Car il arrive toujours qu’on vous reproche votre présence dans une manifestation et non pas dans une autre, parce que tout simplement, c’est
tendancieux. » Le poète est libre de ses pensées, des dires. Ne s’empêche-t-il pas alors, tout en reconnaissant « les capacités extraordinaires » de son peuple, de débiter des vérités amères sur le même peuple. La chanson Ayaqbayli est une pièce de l’histoire moderne du pays, une critique des féodalités, une dénonciation de l’aliénation culturelle et des rivalités dévastatrices.

Beaucoup d’amertumes et de désillusions après un combat inachevé. Chaâlat agh tafath (éclairez-nous), s’était-il écrié, il y a plusieurs années. Le plus grand auteur algérien, Kateb Yacine, dans la préface à l’ouvrage Aït Menguellet chante de Tassadit Yacine, a écrit : « Incontestablement, Aït Menguellet est aujourd’hui notre plus grand poète. Lorsqu’il chante, que ce soit en Algérie ou dans l’émigration, c’est lui qui
rassemble le plus large public : des foules frémissantes, des foules qui font peur aux forces de répression, ce qui lui a valu les provocations policières, les brimades, la prison. Il va droit au coeur, il touche, il bouleverse, il fustige les indifférents. » Observateur averti, il énonce des réalités et dénonce des injustices. Tout en posant des questions sur l’avenir, il se remet en question et interpelle les consciences. Le visionnaire n’a pas été écouté et l’on ramasse aujourd’hui les morceaux d’un édifice
écroulé. L’illusoire union tant chantée s’est aujourd’hui effilochée. Dans une Kabylie hyper politisée, Lounis , malgré lui, et grâce à sa stature, est un élément nodal.

A travers lui seul, une lecture de son oeuvre, l’on peut avoir le déroulé de la scène politique dans la région de Kabylie des deux dernières décennies ; les avancées, les stagnations et les régressions. Il récolte, néanmoins, abondamment de reproches. « Il essaie de se mettre toujours au-dessus de la mêlée », dit-on. Il dérange. N’est-ce pas
sa raison d’être ? Aujourd’hui, le poète, n’a-t-il pas raison, au moment où « les agitateurs politiques » n’ont pas fait leur mea culpa. Pourtant, l’échec est patent. Il est loin le temps où il faisait sa formation en ébénisterie à Alger, une ville dans laquelle il était quasiment « honni » de s’exprimer en kabyle. Premières amères expériences d’un déni linguistique.

Retrait de la scène en 1991

C’était dans les années 1960. En 1991, après avoir atteint le firmament de la gloire, il songea carrément à se retirer de la scène. Dans un entretien publié en 1991 dans le n°1 de la revue Tinhinan (qui a cessé de paraître depuis), Aït Menguellet justifiait son intention d’arrêter de chanter : « Quand on commence à chanter, c’est parce qu’on a envie de s’exprimer. Par la suite, arrive un moment où cette envie devient un devoir. (...) La chanson s’est avérée une arme terrible, car elle a contribué à changer les choses. Je ne sais pas si je suis arrivé à apporter ma petite contribution mais je sais
pertinemment que je l’ai fait en toute sincérité. A un certain tournant de l’histoire, on est quand même parvenus à un résultat. Les choses ont changé. Je me suis dit que j’avais eu assez de leçons par le passé. Des gens avaient chanté avant moi, avaient été portés aux nues, adulés et puis d’un seul coup, ils ont été oubliés parce qu’ils n’ont pas su s’arrêter au bon moment. Je ne voudrais pas vivre le même cheminement. » L’ouverture démocratique du début des années 1990 a été indirectement un coup
d’assommoir à la chanson contestataire tous azimuts ; des chanteurs sont oubliés et d’autres se sont fait oublier. Mais Lounis Aït Menguellet n’est pas uniquement chanteur ; il est surtout poète. C’est pour cette raison qu’il est toujours là, plus de 10 ans après ces déclarations.

Toujours porteur d’espoir

Aujourd’hui, à 54 ans, autant certains de ses titres sont d’un pessimisme débordant, autant l’artiste est toujours porteur d’espoir. Les cinq ans d’absence de la scène (de 1999 à 2004) ne l’ont pas coupé de son public. Il a eu à le vérifier le mois de juin dernier lors de sa production à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Pour beaucoup de ses fans, c’était un virage difficile à prendre pour reprendre la ligne droite. Celle qu’il a tracée en commun avec son public. Les cinq
années de rupture sont longues et pouvaient semer le doute dans les esprits d’un public sevré de spectacles, meurtri par la répression policière puis avachi par des déchirements fratricides. Cinq galas, l’un après l’autre, tous semblables ; qualité de l’auditoire, prestations de l’artiste et sentiment de satisfaction renouvelé et partagé. Belaïd, gérant des éditions musicales Izem, qui a apporté sa touche aux spectacles de Lounis Aït Menguellet, s’exclame : « Ce qui fait énormément plaisir, c’est la
présence de jeunes de moins de 20 ans dans la salle. Cela prouve que la chanson à textes est toujours vivante. » Lounis Aït Menguellet, que nous avons suivi dans sa loge, est concentré, mais visiblement heureux. Il n’en demandait pas tant. Nous ne savions pas si l’on pouvait lui poser des questions au risque de le perturber. Celui que l’on présente comme un personnage austère et inaccessible est finalement très modeste et très courtois. La surprise a été agréable. Il livre ses sentiments sur son come-back. « C’est extraordinaire ! La réaction du public m’a aidé et il n’y a pas eu
réellement de perte de repères. C’est comme si mon dernier gala remonte à la semaine dernière. Il y a toujours de la constance dans le comportement du public. » Dans sa loge, des bouteilles d’eau sont déposées sur le sol, des thermos à café et des fruits sont posés dans un coin de la pièce. Le repas est toujours léger. Avant de monter sur scène, un chanteur amateur se produisait. Au bout de la troisième
chanson, Lounis se lève et se rapproche de la scène. Il demande toujours à ses accompagnateurs qui veillent « à sa récupération et à son repos » l’état de l’ambiance dans la salle. C’est un rituel. Histoire de prendre la température de cette atmosphère joyeuse et festive. Il est crispé ; il a toujours le trac avant d’entrer sur scène, avoue-t-il. Le répertoire qu’il a proposé à ses spectateurs est tout un programme. Expression plutôt de ses perceptions des choses, ses appréhensions, ses espoirs et sa
détermination à refléter les aspirations des siens. Sur scène, des décors nouveaux sont plantés ; des banderoles portant des extraits de ses chansons sont accrochées. Ahkim ur nsaa ara ahkim (pouvoir sans contre-pouvoir), Idul sanga anruh, (le chemin est long) Nekni swarach n ldzayer (nous, les enfants d’Algérie). Aït Menguellet a délibérément choisi de chanter ces poèmes, plus longs et plus composés, comme une invite au public à une lecture et au sens. Aigri par la situation sociale et
politique du pays, Lounis puise de moins en moins dans son répertoire de chansons sentimentales qui ont caractérisé ses débuts. Chanteur à textes, Lounis Aït Menguellet n’en n’a pas moins introduit une recherche musicale depuis que son fils Djaâffar, musicien, fait partie de son orchestre qui ne dépasse pas quatre membres (deux percussionnistes, un guitariste et son fils qui joue au synthétiseur et à la
flûte). Si Lounis écrit des vers et compose des airs, il parle peu. Son public l’admire. Il a besoin d’artistes comme lui, tout comme le ciel a besoin des étoiles. Aït Menguellet l’a si bien chanté.

Parcours

Lounis Aït Menguellet est né le 17 janvier 1954 à Ighil Bouammas où il vit toujours. Il est père de six enfants. Il a fait ses études en ébénisterie à Alger dans les années 1960. Ses premiers pas dans la chanson, il les fit à l’âge de 17 ans dans l’émission « Ighanayen ouzekka » (chanteurs de demain), une émission radiophonique (Chaîne II) animée par l’artiste Chérif Kheddam. Ce n’est qu’en 1973, après son service militaire qu’il effectua à Blida et à Constantine, qu’il se consacra profondément à la
chanson. Lounis dit qu’il est incapable de donner le nombre exact de ses chansons, qui avoisinent les 200 titres. Lounis est son prénom de tous les jours (donné par sa grand-mère avant même sa naissance). A l’état civil, son oncle l’enregistre sous le prénom Abdennebi. En 1985, dans le sillage de la création de la Ligue des droits de l’homme et l’arrestation de ses éléments, il est également arrêté pour une histoire montée de détention d’armes à feu. Il était pourtant connu pour être un collectionneur d’anciennes armes ayant servi durant la guerre de Libération. Il fera quand même six
mois de prison. La carrière de Lounis Aït Menguellet peut être scindée en deux parties selon les thèmes traités : la première, sentimentale de ses débuts, où les chansons sont plus courtes et la seconde, politique et philosophique, caractérisée par des chansons plus longues et qui demandent une interprétation et une lecture des textes. De nombreux ouvrages et études ont été consacrés à son oeuvre.

sources : service presse / Jérémie Galerne/ 2008




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